Critiques

K. Flay

Every Where Is Some Where

  • Interscope Records
  • 2017
  • 40 minutes
7,5

La rappeuse états-unienne Kristine Meredith Flaherty, alias K.Flay, compose du hip-hop depuis bientôt quinze ans en proposant des textes plus près du féminisme que de la chosification. Elle possède une voix assez chaude pour faire du jazz et des intonations raps qui met en évidence le défilement des syllabes. K.Flay a sorti plusieurs rubans mixés (mixtapes), EPs et simples depuis 2003 ainsi qu’un premier album intitulé Life as a Dog (2014). On y retrouvait évidemment du hip-hop, mais également une palette d’éléments électros et pop rock inspirés de la scène indépendante. Every Where is Some Where (2017), publié en avril dernier, fait suite à tout ça avec un savoir-faire évident et une expérience de composition qui rend celui-ci solide et équilibré.

Dreamers prend la forme d’une balade hip-hop, suspendue au duo kick/snare et à la voix particulièrement douce de Flaherty, qualité qui contraste avec le texte et certains passages denses mettant en valeur sa performance vocale. Giver augmente à peine le tempo et l’alourdit avec les clappements de mains et le kick; la voix toujours aussi délicate nous amène naturellement vers le refrain rock alternatif 90 s, en avant de tous les instruments bien saturés. Blood In The Cut accélère encore une fois le tempo avec la basse jouée à l’octave, Flaherty complète la rythmique superbement bien et le riff du refrain vient ensuite mettre le feu à la pièce, tout en faisant étonnement penser à My Sharona (The Knack, 1979), mais avec un groove plus sexy. Champagne revient au hip-hop et à un domino de syllabes enchaînées, ponctuée par des contretemps de clappements de mains et des échantillons de cuivres.

High Enough retourne au rock alternatif, voix angélique au-dessus d’une ligne de basse saturée, avec un refrain de chanson d’amour pour cœurs cicatrisés. La basse synthétique de Black Wave fait vibrer la pièce comme du techno, mais la forme reste autour du hip-hop 90 s, salie par les effets et la distorsion. Mean It marque une pause; chanson à texte, histoire de famille, avec une basse et une guitare post-rock qui rappelle The Cure. Hollywood Forever continue de façon acoustique jusqu’à ce que la batterie et les claviers élèvent l’intensité à un niveau d’hymne rock.

La basse en glissando ouvre The President Has A Sex Tape avec un rythme terriblement efficace sur lequel Flaherty chant/chuchote un texte bien écrit; dont l’excellente « Look at who’s having the fun, easy to smile when you’re pointing the gun » offerte sur un ton condescendant. It’s Just A Lot prend la forme post-rock et l’enveloppe dans une atmosphère nostalgique tout à fait 80s, la batterie fixe le rythme au plancher de danse pendant que la machine à fumée ennuage tout le monde. You Felt Right revient à la poésie hip-hop, bien plus lente et intime, avec un refrain monté un peu comme la première piste. Slow March conclut sur une basse synthétique et une structure pop rock très radiophonique, que l’on imagine réverbérée dans un stade.

L’histoire continue avec Every Where is Some Where, faisant suite à Life as a Dog avec le même niveau de qualité dans les textes et la mise en rythme des syllabes. La composition élargit quelque peu l’éventail d’inspirations musicales, mais c’est surtout la sitedemo.cauction qui se démarque du premier opus. Il y a une clarté dans le mixage qui accentue les changements entre les couplets, refrains et ponts; un souci du détail à la hauteur de l’univers créatif de K.Flay.

MA NOTE: 7,5/10

K.Flay
Every Where is Some Where
Interscope
40 minutes

http://www.kflay.com

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