Critiques

Destroyer

ken

  • Merge Records
  • 2017
  • 40 minutes
8
Le meilleur de lca

Depuis un peu plus de vingt ans, Dan Bejar fait paraître des albums sous le pseudonyme Destroyer. Le membre de The New Pornographers n’a pas fait beaucoup de faux pas dans ses sorties en solo. Si certaines sorties étaient plus obscures, comme Five Spanish Songs en 2013, ça reste qu’il lance peu, ou ainsi pas, de matériel quelconque. Ces deux derniers, Kaputt et Poison Season, avaient tous les deux reçu des fleurs du public et de la critique.

Dan Bejar n’a apparemment pas fini de nous épater. ken est un album qui coule tout seul dans la grisaille de l’automne. Bejar ramène plusieurs éléments qui avaient séduit sur Kaputt et sur Poison Season. Du premier, on retrouve les cuivres chauds et lancinants. Du deuxième, les rythmes qui donnent le goût de taper du pied. Il semble pour ainsi dire avoir pris le meilleur des deux albums pour nous construire un ken magnifique.

L’album s’ouvre sur la mélancolique Sky’s Grey avec son air efficace, ses effets électroniques qui se rapprochent du son d’un cœur qui bat à travers une machine ultrason, son piano délicat et sa guitare mélodieuse. Tinseltown Swimming in Blood est une autre pièce réussie d’un bout à l’autre. Sa ligne de basse assurée par une guitare est aussi répétitive que délicieuse. D’ailleurs, la répétition est une arme préférée de Bejar. Il l’utilise aussi dans ses paroles et le fait à la fin de celle-ci avant que les cuivres chauds débarquent pour rendre la pièce encore plus réussie.

I had no feeling, I had no past
I was the arctic, I was the vast
Spaces without reprieve

I was a dreamer
Watch me leave
Tinseltown Swimming in Blood

Ivory Coast propose des effets de claviers avec un peu de flanger pendant que Bejar chante sur une lente cadence. Rome opte plutôt pour une mélodie de guitare satisfaisante et un drum machine syncopé. Saw You at the Hospital commence en douceur simplicité avec une guitare acoustique et la voix de Bejar avant qu’un piano se mette de la partie et des chœurs de voix plaisant pour les tympans. Il termine l’album avec la formidable La Regle du Jeu chantée avec un accent anglo-canadien très séduisant. Mais c’est surtout son rythme efficace qui attrape l’oreille, ses synthétiseurs chatoyants et sa guitare électrique qui retient l’attention.

On peut dire mission accomplie pour Dan Bejar qui navigue très bien les eaux de la composition dans le cadre de sa carrière solo. ken est un album qui attrape l’oreille rapidement et qui refuse de l’abandonner. Rajoutez à ça une instrumentation intéressante et une poésie luxuriante. Ça donne un résultat final très convaincant.

Ma note: 8/10

Destroyer
ken
Merge Records
40 minutes

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