Critiques

Bob Mould

Sunshine Rock

  • Merge Records
  • 2019
  • 37 minutes
7,5

Depuis 2009, avec la parution de l’excellent Life and Times, le père Mould nous gratifie de son habituelle création tous les deux ou trois ans. Autant sur le plan de la qualité que de la constance, le vétéran rocker fait le travail… comme un bon ouvrier qui poinçonne sa « carte de punch » sans rechigner, et ce, tous les matins. En 2012, le musicien âgé de 58 ans nous proposait le très réussi Silver Age. En 2014, il y allait avec le moins percutant Beauty & Ruin et, en 2016, il nous balançait l’explosif Patch the Sky; un très bon disque malgré le penchant geignard qui le caractérisait.

La semaine dernière, Bob Mould était de retour avec son 13e album en mode solo intitulé Sunshine Rock; un titre parfaitement cohérent avec la matière sonore suggérée. Achevées à San Francisco, la majorité des chansons ont d’abord été enregistrées à Berlin en format trio en compagnie de Jason Narducy (basse) et Jon Wurster (batteur). Quelques arrangements de cordes viennent bonifier certaines pièces plus « emo ».

Alors ? En premier lieu, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de Bob Mould. Depuis des lustres, la recette est la même pour le vieux routier. Mould fait du Mould… ou du Hüsker Dü… ou du Sugar, c’est selon. Fidèle à son habitude, le compositeur alterne entre les riffs rentre-dedans et les mélodies accrocheuses qui ont inspiré les grandes pointures du rock alternatif des années 90.

Sunshine Rock ne réinvente absolument rien, mais ce disque confirme hors de tout doute ce que l’on devrait tous savoir : Bob Mould, c’est le bon vieux pépé derrière tous les Nirvana et Pixies qui ont rempli nos oreilles au cours des 25 dernières années. Voilà qui en dit assez sur l’ascendant et l’indéniable talent qui habite le bonhomme.

Honnêtement, cette production n’a strictement rien à envier à un paquet de groupes et artistes qui sont faussement abrasifs ou fictivement captivants. En fait, Mould les dépasse tous d’une bonne tête, ce qui en dit assez long sur ses compétences chansonnières… ou encore sur le manque d’inspiration (ou d’énergie) d’une vaste majorité d’artistes dits « pop-rock ».

Ce Sunshine Rock regorge d’hymnes à chanter à tue-tête. What Do You Want Me to Do, Sunny Love Song, Thirty Dozen Roses, I Fought, Send Me a Postcard, Sin King et Western Sunset sont du Mould pur jus; des chansons qui ont du nerf et qui vous donnent envie d’affronter le monde dès la levée du jour. Et les pièces plus « sensibles » servent de baume à toute cette déflagration de rock palpitant. Les claviers dans The Final Years et Lost Faith sont judicieusement exploités et l’orchestration de cordes dans la conclusion de Western Sunset est totalement réussi.

Trêve de jacassage inutile, Sunshine Rock est tout simplement d’une efficacité redoutable.

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