Critiques

Blink 182

California

  • BMG
  • 2016
  • 43 minutes
5,5

Blink-182Petite remise en contexte avant d’attaquer le vif du sujet.

Quand j’étais ado, au Lac-Saint-Jean, des shows punks, y’en avait pas souvent. Heureusement, que quelques vétérans locaux de genre 19-20 ans à l’époque se sont mis à développer leur sens des affaires en ouvrant un magasin de disques doublé d’un arcade, en plus d’une agence de booking qui communiquait avec des bands comme Propagandhi, Good Riddance, Satanic Surfers, NOFX et Cie. Moi, j’étais du type à lever le nez sur pas mal tout ce qui était populaire et à dépenser tout mon argent de poche sur des disques d’Exit-13, Dropdead et Crucifix. Quand ces gars-là ont réussi à faire jouer Blink à Alma, je n’y suis même pas allé. 14 ans, déjà snob. Ça allait bien mes affaires.

N’empêche que quand l’album avec le chat est sorti, Blink est devenu un incontournable de la culture pop-punk. Ils marchaient dans les souliers de Green Day avec un humour encore plus puéril et je ne voulais absolument rien savoir de m’attarder là-dessus. Par contre, et à mon grand désarroi, j’ai fini par rire de quelques-unes de leurs chansons les plus niaiseuses. Après, ils ont viré le taouin qui jouait du drum tout croche au profit de Travis Barker des Aquabats et ils sont devenus l’un des plus gros bands mainstream de punk californien. Pis je suis pas mal sûr que All The Small Things a joué à mon bal de secondaire 5.

On aime Blink comme on aime les films de Jack-Ass. On trouve que c’est vraiment cave mais à petite dose, ça peut être le fun selon le contexte. Mark Hoppus et Tom DeLonge sont les Lennon-McCartney de la culture «bro» et on s’attend toujours à les entendre partager les textes au sein d’une même chanson.

Sauf que là, DeLonge est parti et il a été remplacé par Matt Skiba du Alkaline Trio.

Fait que, finalement, Blink n’est plus vraiment Blink. Où plutôt Blink-182. Me suis jamais habitué au chiffre en annexe. Le projet ressemble de plus en plus à +44, le groupe que Barker et Hoppus ont fait sans Tom au début des années 2000.

Reste que Mark est encore capable d’écrire des riffs accrocheurs sur mesure pour les magasins de skate et que la présence de Skiba ravive un peu le désir de jouer vite chez les deux autres quarantenaires qui portent la calotte à l’envers. Ils s’étaient empâtés dans un album assez emo avec Neighbourhoods et cette époque est maintenant révolue. Même si les textes demeurent en majorité faussement profonds, on assiste réellement au retour du pop punk, de la ballade sauce Simple Plan et de la connerie assumée. Les meilleurs moments? L’absurdité vaguement homo-érotique Built This Pool et Brohemian Rhapsody, qui est mentionnée ici juste parce que c’est le meilleur titre de chanson de l’année. Ces deux pièces-là ensemble durent environ 50 secondes.

Fait que oui, malgré quelques bonnes idées et certains vers d’oreille, le temps peut parfois être long. Même à petite dose, même si c’est juste pour rire.

Ma note: 5,5/10

Blink-182
California
BMG
43 Minutes

http://www.blink182.com

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