Critiques

Bibi Club

Feu de garde

  • Secret City Records
  • 2024
  • 34 minutes
8,5
Le meilleur de lca

On peut dire que Bibi Club a une bonne moyenne au bâton depuis le début de sa carrière. Après que Le Bleu, premier projet d’Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque se soit transformé en Bibi Club, une vague a levé et le duo la surfe habilement depuis. Cela lui a permis d’être sacré Espoir 2023 au GAMIQ 2022 puis d’être nomination dans la catégorie révélation au gala de L’ADISQ 2023. De plus, Le soleil et la mer, premier album de la formation, était 37e dans notre top album 2022. Bref, les choses se passent pour le duo.

Sur Feu de garde, le duo s’est inspiré de thématique franchement différente du premier. La paire pose plusieurs réflexions sur la notion de communauté et Bibi Club a pris le passage d’Adèle Trottier-Rivard chez les guides comme point de départ de réflexion. Le feu, l’un des premiers extraits à être paru de ce deuxième album a les deux pieds dans la thématique alors que la voix douce de Trottier-Rivard glisse sur les riffs dynamiques de Basque pour nous transporter au moment du feu nocturne alors que le décor est plongé dans le noir et que la chaude lumière des flammes découvre ce qu’elles veulent bien éclairer. Le tout est fait adroitement et compte sur un excellent riff de basse simple, mais tellement groovy. Ça revient avec Les guides deux chansons plus tard alors qu’on arrive au matin. Après un début plutôt calme, il y a une sorte d’atmosphère shoegaze qui s’installe avec un beau hum de guitare franchement efficace.

Ce n’est pas la seule fois que la basse frappe dans Feu de garde. C’est le cas aussi pour L’île aux bleuets qui parlent de dépassement de soi sur une trame minimaliste au début qui se transforme en belle pièce power pop sous les salves de guitares de Basque. D’ailleurs, le petit : « woo » que lance Adèle Trottier-Rivard est tout à fait en phase avec ce qui anime la pièce. Et le moment où ça devient plus bizarre et que des sonorités inusitées de flûtes viennent semer le chaos est tout simplement parfait. Quelle bonne pièce d’indie rock.

Le rock minimaliste de Bibi Club devient de plus en plus efficace avec le temps et le travail de mélodiste d’Adèle Trottier-Rivard se raffine. Elle a toujours eu un talent pour la chose, mais il semble bien que comme le vin, elle se bonifie à travers les années grâce son esprit curieux. Sur La terre, ça donne de magnifiques moments, dont certains où Basque joint sa voix à la sienne. C’est tout à fait convaincant. C’est aussi vrai pour la délicieuse Rue du Repos qui frappe avec sa mélodie qui a un petit quelque chose de Jean Leloup circa La vallée des réputations. C’est encore une fois, une très belle proposition.

Un second album qui continue le sillon que s’est creusé le duo Bibi Club et qui l’emmène plus loin. Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque démontrent à quel point ce sont des musiciens avec une intelligence de la composition et de l’arrangement hors pair. À travers leur rock somme toute minimaliste, il y a un florilège de sonorités surprenantes qui nous assaillent en tout temps. Un petit coup de cha-cha par-ci, un petit carillon par là. Ces petits ajouts reflètent toute la magie qui se passe dans le trio instrumentation-texte-mélodie de la formation qui a tout coup, sur Feu de garde, fait mouche. Quel excellent record!

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