Bibi Club
Amaro
- Secret City Records
- 2026
- 33 minutes
Il y a quelque chose de profondément sombre dans Amaro. Mais il y a aussi quelque chose qui brûle d’une lumière incandescente. Une lumière plus forte que tout. Bibi Club a connu deux ou trois années assez rocambolesques. Après avoir commencé à faire jaser d’eux avec Le soleil et la mer en 2023, la discussion est devenue plus bruyante avec la sortie de Feu de garde en 2024. Il faut dire que la paire d’Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque fait si bien les choses.
Should we stop here?
I want to love
I want to live
— A Different Light
Ces paroles ne sont même pas chantées par l’une ou l’autre des membres de Bibi Club. C’est plutôt une autre personne qui vient chanter ces paroles simples, mais éloquentes. Parce qu’on ne sait pas exactement de quel deuil il s’agit sur Amaro, les indices pointent vers le pire de deuil à faire. Washing Machine nous fait peu d’illusions sur la chose. Sur cette excellente pièce, Adèle Trottier-Rivard laisse tomber une bombe plus lourde qu’Hiroshima : « where do we go after the death of our child? ». Ça rentre dans le dash.
Si la mort habite Amaro et ne nous laisse pas l’oublier, il y a à travers celle-ci le plus fort des mouvements, celui de l’amour. Pas celui romantique des histoires fleur bleue, mais celui qui manifeste sa solidité dans les moments les plus difficiles. L’amour qui tient dans ses bras quand la réparation semble impossible. Celui qui accepte plutôt que tente de comprendre. Celui qu’Adèle Trottier-Rivard chante sur Le Château. Une pièce aux textures magnifiques.
Il y a un côté art-pop avec des touches de new wave sur Amaro qui valent le détour. C’est le cas sur les pièces plus dansantes de ce nouvel album : Les vagues et Nicolas Basque qui offre de beaux moments de guitare grinçante, la dansante chanson-titre et son riff ésotérique ainsi que l’entraînante Infinité. C’est aussi vrai pour l’hommage à George Sand et sa petite guitare nerveuse. Pas de doutes, Nicolas Basque est en pleine forme sur Amaro.
JE VEUX AIMER JE VEUX VIVRE
JE VEUX VIVRE JE VEUX AIMER— George Sand
Franchement, Bibi Club continue son chemin d’excellence avec Amaro qui est à la fois un album qu’on peut écouter facilement lorsqu’on se laisse seulement porter par les excellentes trames musicales et qui nous rentre direct dans le cœur quand on s’attarde aux textes.