Concerts

The Smashing Pumpkins et Our Lady Peace au Centre Bell, le 26 octobre 2022

Our Lady Peace

C’est donc le groupe torontois Our Lady Peace qui remplaçait au pied levé Jane’s Addiction pour cette première partie du concert que les Smashing Pumpkins ont offert au Centre Bell hier soir. Un choix qui, tout de même, a semblé ravir la foule. Le groupe baigne dans un post-grunge révélateur de son époque. Grâce à la voix du chanteur Raine Maida, on distingue immédiatement que leurs influences ont bénéficié du son de Seattle. Après quelques interactions avec le public, le groupe s’est félicité de remplacer Jane’s Addiction, un groupe marquant pour Our Lady Peace. Par ailleurs, en hommage à ceux-ci, Our Lady Peace a eu l’idée de reprendre une chanson tirée de leur répertoire afin de satisfaire quelque peu les admirateurs de la bande à Perry Farrell. Le groupe a donc livré une bonne heure de matériel dans laquelle la foule semblait partiellement à l’écoute tout au long de la performance.

The Smashing Pumpkins

Voir les Smashing Pumpkins au mois d’octobre à quelques jours de l’Halloween est presque comme aller voir Michael Bublé un 24 décembre. L’atmosphère était funeste pour ce groupe mythique des années 90, mais de la bonne façon.

Le concert a débuté en force. Sur l’écran de projection, alors que les membres du groupe se présentaient sur scène, un énorme papillon animé s’est mis à voler. Quiet, de l’album Siamese Dreams, long format auquel le groupe reviendra à plusieurs reprises, a démarré le spectacle. Vêtu de noir, longue jupe et maquillage, Billy Corgan avait l’apparence d’un prêtre qui est sur le point de nous livrer le meilleur discours paroissial au monde. En effet, les projections multicolores, accompagnées d’une immense étoile lumineuse au-dessus de la tête des membres de la formation, prouvent que l’ambiance ne sera pas morne. Lorsque les premières lignes de guitare de Bullet With Butterfly Wings sont lancées par James Iha, une exclamation a envahi la salle.

Billy Corgan, qui semblait avoir quelques problèmes de voix, à le voir se cloisonner plus loin à quelques reprises pour prendre capelets et gorgées de je ne sais quoi, a donné une prestation totalement envoûtante. Le groupe a diffusé également quelques pincées de nostalgie. Des morceaux comme Today et We Only Come At Night qui proviennent d’albums plus populaires comme Mellon Collie and the Infinite Sadness ont été bien accueillies. Cependant, la formation a offert aussi des séquences plus denses et expérimentales. Notamment, une reprise de Once of a Lifetime des Talking Heads où le tempo a ralenti. La basse était écrasante et la voix de Corgan résonnait lourdement entre les murs du Centre Bell.

À quelques fois, Corgan a décidé aussi de s’aventurer devant la scène, seulement avec l’aide d’un micro. Entre autres sur Eye, une chanson fétiche de leur répertoire en ce qui me concerne. Il a réussi à prendre amplement possession de la scène, tout comme les musiciens Jimmy Chamberlin à la batterie et Jeff Schroender à la guitare, qui sont excellents à leur instrument. Toutefois, beaucoup des titres joués ont eu droit à des arrangements en présonorisation et malheureusement, leur choriste n’était pas présente. On se demande si ce n’est pas par souci de complexité technique ou simplement par paresse de ne pas pouvoir reproduire intégralement les chansons. Rien de bien grave.

Est arrivé un moment émouvant où Corgan et Iha – deux parmi les trois membres originaux présents sur scène – ont offert une version acoustique de Tonight, Tonight, une chanson qui est parmi les plus populaires de leur corpus chansonnier. On aurait pu être déçu de manquer les magnifiques arrangements orchestraux de cette chanson, mais grâce à la fragilité des deux musiciens et de la douceur qui planait dans le Centre Bell, on ne leur en voulait pas du tout de nous offrir cette version. Bien au contraire.

Bref, un spectacle impressionnant. Il est évident que les Smashing Pumpkins ont été habitués aux spectacles de grande envergure et des choses faites en grand. L’époque des festivals, comme Lollapalooza en 1994, a probablement déteint sur cette façon de performer et, personnellement, cela m’a fait grand plaisir de pouvoir y assister, encore en 2022.

Joyeux Halloween!