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Taverne Tour Jour 2 : Zouz et Solipsisme aux Enfants du Rock, le vendredi 10 février 2023

Le week-end débutait de belle façon pour votre humble scribe. En effet, pour cette deuxième soirée du Taverne Tour, ce sont les formations Zouz et Solipsisme qui ont attiré mon attention parmi les nombreux artistes qui étaient à l’affiche de l’événement. Compte-rendu d’une excellente soirée de rock québécois qui se déroulait aux Enfants du Rock (ça ne s’invente pas!); un débit de boisson pleinement dédié à ce genre musical.

C’était ma première visite dans ce bar localisé sur l’avenue Mont-Royal, tout juste à côté du Pub West-Shefford qui, lui aussi, présente des spectacles dans le cadre du Taverne Tour. En ce vendredi soir légèrement enneigé, de voir un auditoire assez nombreux se déplacer pour assister à un concert de rock québécois, se déroulant dans un bar, m’a rassuré au plus haut point. Il y a un jeune public qui s’intéresse vraiment au rock « made in Québec ».

Solipsisme

Solipsisme est un quintette de rock psychédélique qui a lancé son premier EP l’année dernière. D’entrée de jeu, réglons une chose. Avec un public bien massé au-devant de la scène, il était bien difficile d’observer la formation qui performait directement sur le plancher des vaches. Rien de bien grave. Nos oreilles, elles, étaient attentives.

Après une longue intro aérienne, le groupe nous a présenté un concert qui n’avait absolument rien à envier à toutes ces grandes pointures du rock psychédélique international. Si à l’écoute de leur premier EP, j’étais plus ou moins convaincu par cette proposition « dans les vapes », eh bien, en concert, c’est une autre histoire !

De prime abord, l’influence de Solipsisme est manifeste et pleinement assumée : ces compétents musiciens tripent littéralement sur The Brian Jonestown Massacre… ce qui n’est pas pour me déplaire. Or, le groupe y ajoute un certain sens du groove qui remémore par moments la musique des Stone Roses. J’y ai même décelé certains ascendants de musique yéyé, un courant musical qui a connu son heure de gloire au début des années 60.

Même si la similitude avec la musique d’Anton Newcombe est évidente, je ne trouve aucun groupe ou artiste québécois qui revendique cet ascendant avec autant de crédibilité et de panache. Bref, Solipsisme est une formation que je suivrai avec grand intérêt au cours des prochaines années.

Zouz

Et c’est le trio Zouz qui avait le mandat de conclure cette soirée. Explorant de nombreux genres musicaux, le trio est parfois comparé à des formations comme Dirty Projectors, Talking Heads ou Karkwa. En 2021, la formation nous avait présenté un premier album titré Vertiges; un long format qui mélangeait habilement foisonnante virtuosité et accessibilité mélodique.

Le coup d’envoi a été donné de manière énergique avec J’ai demandé à personne, une excellente pièce tournoyante tirée de Vertiges. En moins de trente secondes, j’ai été conquis par la cohésion, la précision et l’interprétation plus musclée de cette chanson. En fait, le groupe présente un visage nettement plus hargneux en concert, et ce, sans égarer le penchant mélodique de ses chansons. Or, en plein milieu de la pièce, coup de tonnerre ! Un disjoncteur a rendu l’âme.

Après une courte pause, le trio, loin d’être décontenancé par cet incident, appuie sur l’accélérateur en nous proposant deux excellents nouveaux morceaux : le premier évoquait le stoner-rock de Fuudge et le deuxième plongeait dans une sorte d’électro-rock menaçant. Si ces deux pièces sont le présage d’une direction musicale renouvelée pour la formation, je serai preneur, soyez-en assuré !

Zouz a également fait plaisir à ses admirateurs en y allant d’une version plus furieuse de leur « succès », Monotone. Cette prestation s’est achevée avec une troisième nouvelle chanson, qui elle, évoquait la labyrinthique formation indie rock états-unienne, White Denim.

Si le trio était en mesure de transposer la puissance qu’il manifeste en concert sur un enregistrement, Zouz pourrait vraiment tout arracher sur son passage.

Même si le rock québécois — et le rock en général — n’a plus la cote de popularité qu’il a déjà eue jadis, il se porte quand même assez bien à mon humble avis, si on analyse l’état des lieux sous un angle plus artistique. Et pourquoi ? Parce que libérés des exigences commerciales imposées par « l’industrie », ces jeunes musiciens n’ont plus rien à perdre et peuvent miser d’abord et avant tout sur leur créativité. Et ça s’entend !

Une soirée qui a largement dépassé mes attentes.

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