Concerts

FRIMAT 2021 : Des surprises et du fun pour cette dernière soirée

Samedi soir, se poursuivait en direct de l’église Saint-Sauveur de La Cabane à Val-d’Or, le FRIMAT 2021. Pour cette dernière soirée, les organisateurs nous avaient préparé quelque chose de bien spécial.

Crédit photo: Maryse Boyce

C’était un secret de polichinelle qu’Hubert Lenoir serait sur scène pour cette deuxième soirée de concerts du FRIMAT. Mais avant que le « french-canadian nightmare » ne prenne la scène, c’était au groupe de Québec, Élégie de venir présenter ses compositions. Après une présentation encore une fois assurée par Fred Côté, la formation a pris la scène. En fait, ils ont opté d’abord pour une reprise de Hot N Cold de Katy Perry. Ça vous donne déjà une idée de l’humour du groupe. Le groupe a alterné entre de nouvelles chansons d’un album à venir et des pièces de leur EP Nuances de pourpre, paru en septembre 2019. Il y a un mélange d’influences intéressantes chez Élégie qui pige parfois dans le cold wave, le noise rock, mais toujours livré avec une attitude foncièrement rock. Ce sera bien intéressant de voir où ça va musicalement sur album et s’ils réussissent à rendre l’énergie contagieuse qui s’en dégage en spectacle.

Crédit photo: Maryse Boyce

Piano bar

C’est à la suite de cette ouverture énergique qu’Hubert Lenoir a pris la scène avec Gabriel Desjardins (La controverse) pour un concert en version piano-voix. C’est le seul concert de l’été de l’auteur-compositeur-interprète qui s’apprête à lancer son deuxième album en automne. Cette version alternative des pièces où les artifices sont mis de côté fait briller un fait : Hubert Lenoir sait écrire des tounes. Du début à la fin, il nous a livré ses compositions avec un aplomb enthousiaste. Même si c’était une proposition plus calme que les concerts endiablés auxquels il nous a habitués, le jeune homme avait de la peine à contenir son énergie débordante sur scène. Il a beau chanter Si on s’y mettait, il ne peut s’empêcher de grimper sur les speakers, de haranguer la foule et d’éveiller l’excitation chez les spectateurs.

Crédit photo: Maryse Boyce

Hubert Lenoir a joué des pièces de Darlène, mais a aussi interprété sa plus récente sortie : Secret. Ajoutez à ça deux reprises : My Funny Valentine de Richard Rodgers et Lorenz Hart et popularisé par Chet Baker ainsi que This Guy’s In Love With You de Burt Bucharach et Hal David, mais chantée par Herb Alpert. Avec le recul qui commence à s’installer entre la folie qui a suivi la sortie de Darlène, on se rend compte d’une chose en spectacle : Filles de personne II est une pièce qui a passé à l’histoire. Elle a maintenant le statut de pièce qui a marqué une génération comme Toune d’automne des Cowboys Fringants ou Hawaïenne des Trois Accords. Ça chantait fort en chœur dans l’église et mon poil était bien dressé sur mes bras. C’était un très beau moment de communion comme il s’en est fait peu dans la dernière année et demie.

Crédit photo: Maryse Boyce

Encore des surprises?

Les surprises n’arrêtaient pas là. Après Hubert Lenoir arrivait le groupe vitrine de la soirée : Excavation & poésie. Le groupe se réclame du « trad littéraire » et c’est une façon assez juste de le représenter. Leur musique traditionnelle dépoussiérée traite de sujets contemporains avec une plume sensible, intelligente et poétique. Par contre, c’est en spectacle que ça se passe! Et ça se passe sur un moyen-temps. Avant la fin de la deuxième pièce, il ne restait plus une âme assise sur son banc d’église. Fan de trad, comme ceux plus réticents ont dû s’incliner devant la livraison époustouflante du groupe. Charles Lapierre livre ses paroles à un rythme effarant, mais en aérant suffisamment pour qu’on saisisse bien le message. Le groupe est parfait musicalement parlant. Ce n’est pas des farces, ça ressemble à Gilles Vigneault comme qualité de livraison, mais comme si c’était la Danse à St-Dillon tout le temps. Le groupe veut s’éloigner de la mouvance du « folk sale » qui parle de boire constamment et réussi avec brio.

Crédit photo: Maryse Boyce

Le groupe a du ventre. Il n’a pas hésité à critiquer les minières et les compagnies forestières devant une salle qui dépend ou qui a quelqu’un dans la famille qui dépend de ces revenus importants pour la région. Ça prend du front et Excavation & poésie en possède tout un! C’était franchement incroyable. Seul bémol : on aimerait entendre plus la magnifique voix de Laetitia Francoz Levesque. Elle est d’une chaleureuse douceur comme celle de Chantal Archambault ou encore des Sœurs Boulay. Si le groupe de Sherbrooke passe par chez vous, je vous le recommande chaudement, et ce, même si vous haïssez le trad. Ce n’est pas peu dire…

Crédit photo: Maryse Boyce

Tant qu’à être sur le party…

Ce sont les doux de Comment Debord qui avait par la suite la tâche de prendre la scène. La troupe de Rémi Gauvin a sorti ses plus beaux atours malgré l’absence de Karolane Carbonneau à la guitare. La formation est passée à travers les pièces de son premier album : Chalet, Papier foil, Ogunquit, Quatorze piastres de l’heure, Chandail principal et bien sûr… Mots d’Église. En plus de nous jouer les pièces qui nous avait déjà charmées, la formation a présenté de nouvelles compositions qui étaient aussi bien symapathiques, notamment Tough lucky. Le groupe a terminé son concert sur un immense jam groovy qui donnait envie de se déhancher de manière irrépressible. Les sourires étaient nombreux dans la salle. Comment Debord a conclu avec Travailleur autonome en rappel et c’était une belle façon de mettre le point final à un concert fort réussi.

Crédit photo: Maryse Boyce

Le party s’est déplacé par la suite vers La Cabane qui accueillait deux projets radicalement différents : Robert Robert et Nüshu. Il était temps de découvrir les compositions plus pop et franco de Robert Robert sur scène pour la première fois. Le montréalais n’a pas déçu avec un spectacle très mélodieux, même s’il a fallu quelques chansons avant qu’on sente le groupe vraiment affirmé sur scène. Les premières pièces étaient un peu molles, comme si la nervosité ou la timidité avait pris le dessus. Quelques chansons plus tard, on sentait que le trio de musiciens avait trouvé leur groove et les titres suivants sont entrés au poste. Le concert s’est terminé sur l’excellente La nuit se plaindre que Robert Robert a pu interpréter en duo avec Hubert Lenoir qui était sur place. Les deux auteurs-compositeurs-interprètes étaient en feu à ce point et la salle conquise.

Crédit photo: Maryse Boyce

Nüshu était sur place sans la présence du grand Navet Confit, mais le groupe n’a pas moins rocké pour autant. Avec des salves de guitares puissantes et la batterie imposante de Lydia Champagne, la formation a terminé le FRIMAT 2021 sur une note intense. Le côté plus dangereux de leur musique tout comme les nuances qui frôlent le post-punk ressortent très bien en spectacle. Ça donnait envie de se faire un bon vieux « mosh pit ». Une fin de festival à la hauteur des émotions que nous avons vécues à travers les trois journées de ce FRIMAT 2021.

Crédit photo: Maryse Boyce

Merci à l’organisation pour l’accueil hors pair encore, aux collègues avec qui le plaisir était partagé, à Yan pour sa passion et son travail de fou. Je repars de Val-d’Or la tête pleine de souvenirs heureux avec en poche des découvertes, de nouvelles amitiés et un souvenir d’un autre excellent bar à pâtes par les femmes extraordinaires de la Sandwicherie. Bref, c’était un maudit bon FRIMAT!

Crédit photo: Maryse Boyce

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