Critiques

Hubert Lenoir

Darlène

  • Simone Records
  • 2018
  • 39 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Hubert Lenoir est le chanteur du groupe The Seasons. Alors que le groupe fait dans l’indie-rock assez générique, voici que Lenoir nous surprend avec album rempli de solides compositions parsemées de mélodies fortes. C’est avec une esthétique sonore puissante, doublée de cuivres chauds, de piano enlevant et de rythmes contagieux qu’il débarque sur Darlène.

Darlène n’est pas seulement un disque. C’est aussi un projet qui accompagne un livre du même nom écrit par Noémie D. Leclerc qui est paru en même temps que l’album chez Québec Amérique. Darlène c’est un ovni assez bizarre pour être intéressant, mais assez rassembleur pour charmer la masse. Dans l’énergie et l’approche, ça fait penser à Father John Misty. On y retrouve une folie soutenue par des mélodies puissantes et une instrumentation intelligente et audacieuse.

Commençons tout de suite avec la solide Fille de personne, le simple est paru plus tôt en janvier. Non seulement le texte est efficace, mais la mélodie vocale reste collée dans les neurones. Mais ce sont les cuivres, ces cuivres percutants qui viennent chercher le cœur et remuent les tripes.

Je suis venu te dire que tu peux changer

J’ai vu un avenir de femme libérée

Où tu portais le cuir et la tête rasée

Je suis venu te dire

– Fille de personne II

Celle-ci se jette dans la troisième partie de la chanson qui est faite de passes instrumentales surprenantes où la guitare électrique tient une place de choix. Puis ça repart en rock des années 60 avec une guitare sur le wah-wah et le refrain qui revient pour puncher. Une belle pièce musicale bien orchestrée. Dans la même veine, Ton hôtel fait aussi belle figure et utilise de façon plutôt efficace les sirènes typiques des DJ d’EDM. Normalement, ça donne envie de faire avaler la table mixage au coupable, mais ici ça vient ponctuer de façon quasi ironique la chanson. Ça fonctionne très bien.

Lenoir n’hésite pas à se promener à travers ses inspirations musicales pour accoucher de pièces fort différentes. J-C est sympathique et fait taper du pied avec sa mélodie un peu convenue, mais vraiment bien exécutée. Recommencer est un genre de bossa-nova tout en douceur et un peu trop rapide. Ça fonctionne encore une fois, comme tout le reste. La douce Noémie qui clôt l’album le fait en douceur avec Lenoir et un piano.

Décidément, Darlène est une œuvre marquante de ce début d’année. Plutôt que pasticher ses influences, Lenoir a réussi à parfaitement intégrer le tout avec bon goût et intelligence. Ce premier album pour Hubert Lenoir est impressionnant et on espère bien que ce n’est qu’un début.

 

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