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FrancoFaune 2019 : Les Hôtesses d’Hilaire, Carl et les hommes boîtes et Nicolas Jules

Bruxelles m’a accueilli les bras ouverts avec une dose de bonnes bières, des découvertes musicales et même une rencontre surprenante!

Je n’avais pas dormi depuis 36h quand je suis atterri au Brass pour Les Hôtesses d’Hilaire qui étaient visiblement en forme resplendissante. Il y avait moins de bières sur scène qu’à l’habitude et honnêtement, ça donne un meilleur show. C’était très tight comme performance et le groupe tout comme le public en a jouit. Serge Brideau a fait des liens entre le bilinguisme ici et celui du Nouveau-Brunswick avant de lancer un Super Chiac Baby. Pendant le rappel, Les Hôtesses ont joué la traditionnelle Une bonne bouteille de vin de Rhéal Leblanc, Serge est venu au centre de la foule pour chanter couché par terre en chuchotant avec le public. Avant, bien sûr, de relancer le tout avec plus de force pour une finale bien réussie. Une belle façon de commencer l’aventure FrancoFaune.

Puis, c’est le groupe I H8 Camera, un groupe d’improvisation musicale bâtie autour de Rudy Trouvé qui a pris la scène. C’était intéressant comme performance. Par moment, on sentait les musiciens capables de s’envoyer dans une construction structurée où la surenchère faisait la loi. Par contre, on a eu aussi droit à des moments de confusions où la musique n’arrive tout simplement pas. C’est le danger de l’improvisation après tout. Chapeau à ces musiciens qui se lancent dans le vide avec honnêteté et talent.

De la poutine et du slam

Après m’être gâté chez Cantillon avec les amis, nous étions attendus hier pour un 5 à 7 au Brass. C’était la chance de parler avec les collègues belges, mais surtout de déguster une bonne poutine maison avec du bacon à l’érable. MIAM. Avant de nous lancer dans le plat typiquement québécois, c’est Queen Ka qui est venue nous livrer trois textes avec verve percutante dont elle possède la clé. Il y a quelque chose de puissant dès qu’elle ouvre la bouche pour laisser s’échapper les mots, comme des perles de réalités transformées. Un moment bien sympathique.

Le premier concert de la soirée était assuré par Matthias Billard qui fait aussi un genre de spoken word sur des trames musicales construites avec des échantillons et des percussions électroniques. Celui qui est aussi membre de Jules & Jo nous entraîne dans des histoires qu’il dessine devant nous. C’est parfois très efficace et parfois un peu chambranlant. Les portions plus chantées étaient inégales, mais les textes bien écrits.

C’est ensuite la drôle de bébitte qu’est Carl et les hommes boîtes qui a pris le relais. D’abord un peu timides, Carl Roosens et ses deux acolytes ont tranquillement pris leur envol. On a vu la bête de scène naître devant nous et l’énergie monter de manière assez surprenante. On a affaire à un spoken word qui flirte avec le chant et qui suinte un certain spleen agréable. Alors que la première moitié du spectacle pouvait parfois sembler beige, l’ascension était convaincante et au final, je suis sorti conquis du set. En plein milieu, un homme est monté sur scène pour rapper et son accent québécois ne m’a pas échappé. Qui était ce mystérieux rappeur? Revenons tout de même à Carl et les hommes boîtes qui ont terminé leur performance en chantant dans le public et avec une bonne dose d’énergie presque punk.

Faire des vieilles nouvelles rencontres

J’en ai eu le cœur net. Je suis allé voir l’inconnu rappeur québécois pour savoir c’était qui. Le visage me semblait familier, mais j’étais incapable de le replacer. C’est Khyro, anciennement d’Attach Tatuq et d’Héliodrome, qui est à Bruxelles pour une recherche en travail social. On sort quelques instants de la musique. Parce qu’honnêtement, c’est la conversation la plus touchante que j’ai eue à date, du festival. Khyro travaille avec les migrants qui sont ici réunis dans un parc. Mais ce qui est fascinant, c’est la réaction des Bruxellois face à ça. Les citoyens ont pris les choses en main, ont créé des groupes Facebook et offrent de la nourriture et de l’aide aux migrants. En plus de ça, des citoyens accueillent des migrants chez eux pendant quelques jours pour qu’ils puissent dormir comme il faut, prendre une douche et repartir du bon pied. C’est absolument fascinant. Cette rencontre avec Khyro a réchauffé ma foi en l’humanité.

Fin de la parenthèse emo.

C’est Nicolas Jules qui a fermé la soirée avec un concert où l’humour, le cynisme, les textes de chansons et le rock bruyant ont cohabité dans une magnifique soupe musicale qui fait du bien. Il est incarné sur scène et mène la foule par le bout de son nez. C’est beau à voir. En plus de ça, il se débrouille au chant et a même offert des passes de rock bruyant plaisant pour les oreilles.

Les choses se passent.

Ce n’est que le début, mais disons que c’est très bien parti. On s’en reparle dans deux jours.

Crédit photo: FrancoFaune

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