Concerts

FIJM 2024 | Lakecia Benjamin et Yussef Dayes

En ce 1er juillet et cinquième jour de l’édition 2024 du Festival International de Jazz de Montréal, plusieurs artistes musicaux ont offert des concerts sur la Place des Festivals. De ce côté, c’est Lakecia Benjamin et Yussef Dayes qui ont animé le parcours avec deux excellentes prestations.

Lakecia Benjamin

C’est au Pub Molson en milieu de soirée que la saxophoniste américaine Lakecia Benjamin est venue accompagnée d’un pianiste, d’un contrebassiste et d’un batteur. Elle a transposé son insatiable énergie et surtout les élans de ses compositions jazz libres aux tendances éthérées, spatiales, lesquelles, sans équivoque, rappellent Alice et John Coltrane. Elle a d’ailleurs fait place à son interprétation de My Favorite Things, chanson éponyme de l’opus paru en 1960. Celle qui vient récemment d’être nommée pour 3 prix Grammy avec son album Phoenix en a joué des extraits, dont Amerikkan Skin et Jubilation, la seconde étant une composition de Patrice Rushen. Il faut ajouter que le discours derrière sa musique est politique, féministe, égalitaire et spirituel et que c’est au travers de cette aura que sa musique prend vie. En musique, ce fut à la fois des moments hyper mélodieux et bien rythmés ainsi que des moments où Lakecia Benjamin se laissait naviguer dans ses pulsions parfois dissonantes, tantôt seule ou en folle cohésion avec ses acolytes. À mentionner qu’en plus de jouer de l’alto, elle slamme. Sa prestance, et tout ce qui a été nommé précédemment font de Lakecia Benjamin une artiste aux multiples couches, qu’on n’a pas terminé de découvrir et surtout, apprécier.

Crédit : Productions Novak / FIJM

Yussef Dayes

C’est au Club Soda en fin de soirée que le batteur anglais Yussef Dayes a été chaudement reçu par les festivaliers. Accompagné de quelques musiciens, dont le pianiste Elijah Fox et le bassiste Rocco Palladino, Dayes a offert une véritable odyssée où notamment le jazz, le RnB, le hip-hop, le funk ainsi que des percussions latines et africaines se sont rencontrés. Ce mélange, typique de la scène du sud de Londres, ne cesse de gagner en pertinence par son éclectisme assumé, son groove déjanté ainsi qu’une précision et une créativité indéniable. Il faut également dire que Yussef Dayes, ceci est matière à discussion, est peut-être l’un des meilleurs batteurs et compositeurs de la présente génération. À l’avant-plan, il a montré une excellente maîtrise du rythme, une rapidité olympienne et une capacité à nous ensorceler avec ses longues tirades qui changeaient de sens parfois sans avertissement. Du côté d’Elijah Fox, ses qualités de pianistes qui introduisent un côté plus classique à des sons aériens et funky, venait répondre à la chaleur du son complété par le saxophoniste, l’autre percussionniste ainsi que l’enrobante basse de Palladino. Au final, c’est de la musique texturée, calculée tout en demeurant accessible ; elle s’écoute à n’importe quel moment. Rappelons que les chansons For My Ladies, Rust ainsi que Tioga Pass on fait partie des bons moments de cette prestation. On avait l’impression d’être dans un jam constant et c’est dans cette atmosphère tourbillonnante que le calme s’installe ici et là.

Crédit photo: Productions Novak / FIJM

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