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FEQ 2024| Jour 5: Future Islands, Elliot Maginot et Alexandra Stréliski

La beauté des festivals de musique réside dans le fait de pouvoir enchaîner des spectacles aux tons et aux genres complètement différents, parfois même, au sein d’une seule soirée. La 5e journée du FEQ en a été l’exemple type. Nous promenant entre les deux scènes principales, nous avons assisté au spectacle d’Elliot Maginot, de Future Islands et d’Alexandra Stréliski.

photo: Sébastien Dion

Elliot Maginot

Accompagné d’un groupe comprenant guitare, basse, claviers, drum et plusieurs instruments à vent, l’auteur-compositeur-interprète qui carbure à l’introspection et aux ambiances mélancoliques a servi un récital tout en douceur au public réuni au Pigeonnier. Présentant ses musiciens au compte-gouttes en faisant des petites blagues durant le spectacle, Elliot Maginot a rapidement su mettre le public de son côté et créer une ambiance douce et chaleureuse. Les pièces de son dernier disque I need to stay here ont prouvé leur force en spectacle et le tout s’est terminé sans faute. Un beau moment.

photo: Sébastien Dion

Future Islands

En face d’un public encore un peu méditatif, les Américains de Future Islands sont débarqués sur scène comme une tonne de brique. Le chanteur Samuel T. Herring était particulièrement en forme et mobile malgré la chaleur caniculaire. Agrémentant les pièces du plus récent disque de sa formation People Who Aren’t There Anymore de danses autant improbables que captivantes, il a tout de suite commandé l’attention de tout le monde.

Tout a commencé sur la dansante King of Sweden que Future Islands a enchaîné avec The Tower. Mentionnant d’entrée de jeu que le groupe en était à sa 18e année et demie d’existence, Herring a montré pourquoi il est l’un des «frontman» les plus intéressants de sa génération. Avec sa voix de gorge qu’il n’hésite pas à transformer en cris gutturaux au détour des paroles des compositions de son groupe, il a donné une des performances les plus mémorables que le festival aura vue cette année. Après le gros succès Seasons (Waiting on you), le public a même donné une longue ovation qui a coupé la parole au chanteur.

En partant, on se disait que la soirée ne pourrait que redescendre en se dirigeant vers les plaines pour un concert de néo-classique… on avait tort.

Photo : Stéphane Bourgeois

Alexandra Stréliski

La seule «headliner» féminine sur les plaines cette année arrivait avec une lourde tâche devant elle. En effet, rendre ses pièces néo-classiques intimistes digestes sur la plus grosse scène de la province n’était pas un petit défi. Est-ce que le son allait rendre justice à l’orchestre? Est-ce que le public bruyant des plaines allait enterrer la musique? Autant de questions qui faisaient de la carte blanche de la compositrice un vrai mystère pour beaucoup de festivaliers. Dès les premières notes, cela dit, toutes les craintes sont tombées.

Brisant la glace en mentionnant que la semaine accueillait Mötley Crüe, Nickelback et 50 cent en plus d’elle, Stréliski a avoué avoir passé proche de la crise cardiaque en voyant la mer de monde réunie pour l’entendre. Enchaînant Prélude, Lumières et The First Kiss accompagnée d’un orchestre et de projections présentant des paysages enneigés, la musicienne était d’une grande élégance et d’une belle humilité.

Le premier invité a été Loud qui est venu rapper sur Dans les bois. Une prestation courte, mais efficace qui a montré que le membre de LLA a un bon registre. Cela dit, c’est Sarahmée qui a créé le premier gros moment fort du spectacle en venant poser ses mots sur In the air. La rappeuse de Québec a livré un émouvant texte en hommage à son frère Karim Ouellet qui a fait couler quelques larmes à un public déjà fragilisé par la musique introspective de Stréliski. C’était difficile de se relever après ce moment et la foule n’était pas au bout de ses surprises.

En effet, un peu avant la clôture du concert, la compositrice s’est dirigée vers un piano situé à quelques mètres de la scène pour confesser avoir toujours voulu faire chanter les plaines. Mentionnant que la chose serait compliquée avec de la musique instrumentale, elle a décidé de le faire en empruntant la mélodie de quelqu’un d’autre. En quelques mesures, le public a reconnu Les étoiles filantes et est retourné un an en arrière au spectacle mythique des Cowboys Fringants au même endroit. Rêve de rockstar accompli pour Stréliski qui a même demandé à retourner sur scène en bodysurfing.

La soirée s’est conclue avec Umbra devant des plaines complètement transportées par l’émotion. Un pari relevé haut la main qui montre bien que le public du FEQ est ouvert aux propositions audacieuses et sera présent pour encourager ses artistes.

Crédit photo: Stéphane Bourgeois

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