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Coup de cœur francophone 2022 : Arielle Soucy, Mon Doux Saigneur et le lancement d’Alexandre Martel par Anatole

Pour conclure mon périple à Coup de cœur francophone 2022, j’ai décidé d’y aller pour les spectacles d’Arielle Soucy, Mon Doux Saigneur et le lancement d’Alexandre Martel par Anatole.

Arielle Soucy

C’est à l’autrice-compositrice-interprète nouvellement signée à la maison de disque Bonbonbon Arielle Soucy qu’est revenue la tâche d’ouvrir pour Mon Doux Saigneur au Cabaret du Lion d’Or. Elle ouvrira la soirée seule, avec comme seul accompagnement une trame sonore. Dès sa seconde pièce, elle prendra sa guitare, qu’elle ne lâchera plus. Elle utilise également un looper, « une petite boîte où elle enregistre les voix live » parce qu’elle « aime bien ça, les harmonies », avoue-t-elle pendant le concert. L’effet de cette astuce offre un rendu plutôt intéressant. Arielle Soucy, de son propre aveu, aime la musique répétitive parce que « c’est une manière méditative de rentrer dans la musique », explique-t-elle. Le fait d’utiliser un looper permet d’apporter un peu de variété à cet aspect de ses mélodies plutôt folk traditionnel.

La musicienne compose majoritairement en anglais. Mais comme elle prenait part au festival Coup de cœur francophone, elle a décidé d’offrir des compositions dans la langue de Molière. Il s’agit de sa première performance en français. Une seule pièce, Il n’y a rien que je ne suis pas, comportait quelques phrases anglophones. Elle a profité de sa présence sur les planches pour annoncer que son prochain album portera ce nom, Il n’y a rien que je ne suis pas, et qu’il verra le jour sous peu.

Mon Doux Saigneur

À mon arrivée au Cabaret du Lion d’Or, j’ai été surprise de voir que les tables étaient poussées sur les côtés à l’avant de la salle. Lorsque Émerik St-Cyr Labbé et ses amis sont montés sur la scène, j’ai compris. Les gens se sont agglutinés devant lui et ont laissé parler leur corps pendant l’heure de la performance. Mon Doux Saigneur a d’ailleurs décidé d’offrir une heure condensée de chansons, ne prenant que peu la parole entre les pièces. « On va vous enchaîner ça, nous autres, c’est ça notre concept », lancera le chanteur au public.

Évidemment, comme il a lancé l’album Fleur de l’âge au printemps dernier, Mon Doux Saigneur a décidé d’y piger la majorité des chansons jouées. Mais il ne boudera pas le plaisir d’en offrir quelques pièces plus anciennes, dont Maudit, L’eau, Hook II et Awaye pour ne nommer que celles-ci. D’ailleurs, la pièce Awaye sera truffée de solos au grand plaisir de la foule, qui les accueille chaleureusement. Sa prestation oscillera entre moments plus folk et moments plus rock. Ce mélange bien équilibré des genres s’aligne avec le changement de cap stylistique entamé avec Fleur de l’âge.

Anatole

Pour des raisons de logistique et de déplacement, j’ai raté la première partie du spectacle de lancement d’Alexandre Martel, qui était assurée par Velours Velours. « Nous allons jouer à un volume anormalement bas à l’Esco », annoncera Anatole à son entrée sur scène. « Je demanderais donc à tout le monde de ne pas parler, de ne pas aller aux toilettes, de ne pas aller au bar », ajoute-t-il, avant de proposer aux gens de s’asseoir, ce qui se fera très rapidement. Évidemment, les gens parlent tout de même pendant le spectacle, mais ils se font rapidement remettre à leur place par des shhh entêtés.

Je m’en confesse : je n’avais jamais vu Anatole en concert auparavant. Mais j’ai eu vent de ce qu’avait l’air ses spectacles à ses débuts. Les échos que j’en avais eus allaient tous dans le même sens : Alexandre Martel de son vrai nom offrait des performances théâtrales afin d’occuper une place qu’il considérait alors vacante dans l’industrie musicale québécoise. Pour ce faire, il dansait sur les bars et se renversait de la bière sur le corps, notamment. Il est évident que de le retrouver assis, avec tout son groupe, change absolument l’ambiance.

Le réflexe que l’on a, lorsqu’on voit Martel et ses musiciens assis et jouer tout doucement, c’est de se dire qu’ils se présentent sans artifice. Or, est-ce vraiment le cas? Avec Alexandre Martel, son album, il s’amuse avec la représentation de l’authenticité en tant qu’artiste. Il en a d’ailleurs discuté avec LP Labrèche pour le Club Canal. La question se pose donc quant à la motivation de débuter son lancement plus doucement. Selon ses dires, ce lancement n’a failli pas avoir lieu comme il était malade.

« Si l’album avait un titre, ce serait celui de la prochaine chanson, elle résume tout », lancera-t-il avant de commencer Toune 9. Lorsqu’il entame Toune 8, on sent qu’il veut se lever et danser : il se dandine sur son siège. Ce ne sera pas loin avant qu’il cède à son désir : dès que résonne « jeudi matin, en attendant son train » (Toune 7), le public se lève d’un bond et lui aussi. Il décidera de ne plus s’asseoir, même lorsqu’il offre Mais ce soir, avec Lou-Adriane Cassidy qui l’accompagne aux chœurs et à l’orgue, il propose d’essayer « la douceur debout ce soir ». Ce ne sera pas tout à fait un succès en termes d’écoute de la part du public, mais du côté de la performance, oui. Puis, il décidera de clore la soirée avec une reprise d’un groupe « sous-estimé » selon lui, Bolduc tout croche. Il choisit d’y aller avec la pièce D’où c’que j’viens, qui a beaucoup inspiré l’album Alexandre Martel.