Concerts

Première partie

logoAlors que la grisaille de novembre s’installe sur Montréal, le Coup de cœur francophone a pour mission chaque année de remettre un peu de chaleur dans nos cœurs. Et disons-le franchement, c’est pas mal réussi à tous les coups. Cette année encore, le festival nous proposait une intéressante programmation qui ratisse large dans le champ francophone. Au Canal Auditif, comme chaque année, on a plongé tête première dans le festival pour vous faire part de nos découvertes et les spectacles qui ont retenu notre attention.

Notre périple a commencé jeudi dernier avec le spectacle d’ouverture officié par Francis Faubert et Bernard Adamus. Le premier nous livrait les pièces de son album Maniwaki paru il y a quelques semaines. Sur scène, Faubert aime jouer avec le côté plus lourd de ses pièces. Flanqué d’Antoine Corriveau aux claviers et guitare, Dany Placard à la basse et Mat Vezio à la batterie, il a offert une performance bien intéressante. Avec ses paroles qui chantent la campagne, les étoiles, la nature, les quatre-roues, c’est un peu comme un «L’amour est dans le pré» musical, mais en beaucoup moins quétaine. On remercie aussi l’éclairagiste qui avait décidé cette soirée-là de déclencher des crises d’épilepsie au public avec ses flashs lumineux.

Adamus a ensuite pris la scène et pas de n’importe quelle façon. Le grand montréalais était dans une forme resplendissante, heureux de présenter les pièces de Sorel Soviet So What paru à la fin du mois de septembre. En plus du Blues à GG, Donne-moi-z-en, Cadeau de Grec et Jolie Blonde, il nous a livré une version festive de Brun, une reprise de Faire des enfants de Jean Leloup et Rue Ontario en version «slow-jam groovy». Son nouvel album fait place à beaucoup de piano et pour l’occasion, c’était Martin Lizotte qui l’accompagnait… on peut être plus mal pris. Daphné Brissette (Canailles) et Anna Frances Meyer (Les Deuxluxes) étaient quant à elles là pour appuyer Adamus dans ses époumonés. Au rappel, ça commençait à sentir le printemps en ti-péché dans le Club Soda, Bernard s’est ouvert une bière avant de dire qu’il lui manquait une corde de guitare. Il demandait aux gens d’être indulgent, car il n’est pas Olivier Langevin et n’a pas autant de talent pour «torcher un manche à guitare». Bref, un excellent spectacle de la part d’Adamus.

Je me suis ensuite dirigé au Divan Orange pour attraper le plateau double des deux «Simons». Le premier, Kearney de son nom de famille, avait déjà fait un bout de chemin quand j’ai mis les pieds dans la salle de spectacle de la rue St-Laurent. J’ai tout de même réussi à attraper J’aurais du la tuer, Chaminao et Hey man sur lequel le jeune homme de Québec s’est permis de s’amuser sur le manche de sa guitare. Pour ceux qui n’ont jamais vu Simon Kearney en spectacle, c’est un magicien de la six cordes avec une personnalité forte malgré son jeune âge. Très intéressant. Puis, c’était au tour de Simon Kingsbury de venir présenter les pièces de son album à paraître à la fin janvier. Entouré pour l’occasion de Jonathan Charette (Groenland) à la guitare, il a charmé un Divan Orange plein avec ses mélodies accrocheuses et douces à l’oreille. Ça donne encore plus hâte à la parution du nouvel opus.

Lundi soir, j’étais de retour au Divan Orange pour découvrir deux artistes que je ne connaissais pas du tout: Lydia Képinsky et Anique Granger. Débutons avec la première qui fait dans la pop poétique légèrement éclatée et qui fait parfois penser à Klô Pelgag et d’autres fois à la sensibilité de Joëlle Saint-Pierre. Rajoutez à cela une petite dose de rythmes issus des Balkans, une bonne présence scénique et vous avez une artiste tout à fait intéressante. Des paroles de Miron alliées à une poésie déliée capable de belles images, la jeune femme a charmé la salle. Parmi les plus beaux moments langagiers, notons: «Fait la paix avec le trou dans ton ventre, le soleil reviendra entre tes jambes.» Mettons qu’il y a plus prude comme paroles.

Puis, c’était au tour d’Anique Granger de prendre la scène. La jeune femme navigue dans les eaux folk rock somme toute assez pop. Ça fait énormément penser à Laurence Jalbert. Bon, c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je n’étais pas du tout le public cible. C’est bien fait et bien exécuté, mais bon… on passe notre tour.


 

J’étais de retour au Divan mardi en début de soirée… oui encore… pour le lancement de l’album du groupe gaspésien Dans l’shed. Le duo était accompagné par le réalisateur de l’album, l’implacable Dany Placard ainsi que par Michel-Olivier Gasse (Saratoga, Placard). Le tandem nous a offert un spectacle intéressant où les anecdotes de tournées étaient légion. Leur folk n’est pas ce qu’il y a de plus original ou révolutionnaire, mais il a le mérite d’être exécuté avec aplomb et bien écrit.

Stéphane pour sa part est allé à la soirée des dames mardi soir avec Rosie Valland et Safia Nolin au Lion d’Or. Voici ce qu’il avait à en dire: «C’est mardi soir dernier que j’ai assisté au diptyque Rosie Valland/Safia Nolin au Lion d’Or et c’était celle qui aurait dû atteindre la phase finale des Francouvertes qui prenait d’assaut la scène en premier. Accompagné de l’excellent multi-instrumentiste Jesse Mac Cormack, Valland a pris de l’assurance et l’aspect immatériel de ses chansons est demeuré intact. Il y a quelque chose d’indéfinissable chez Rosie Valland qui fait qu’on demeure scotché à ce qu’elle propose. Est-ce cette timidité, cette retenue (qui s’entend dans sa musique) qui charme? Probablement. S’agit maintenant de varier un peu plus les mélodies et la jeune dame devrait faire un bon bout de chemin. Gros coup de chapeau au jeu de guitare à la Jonny Greenwood (Radiohead) de Mac Cormack, à la toute fin de la prestation.

Mais j’attendais de pied ferme le buzz folk québécois de l’heure: Safia Nolin. Pour être honnête, lorsque j’ai prêté l’oreille pour la première fois à la chanson Igloo, je suis resté complètement de marbre. En lisant la critique de l’album Limoilou de l’ami Beauchemin sur LCA, mon indifférence s’est un peu grouillé le cul. En assistant au concert de la Cat Power made in Québec donné dans le cadre du MRCY à Laval, je me suis dit: «Tu te méfies toujours de l’unanimité. Fais donc un effort!» Pas d’inquiétude, je crois toujours que la majorité a rarement raison… et hier, j’ai fait un véritable effort de contrition et j’ai été franchement conquis. Avec l’aide du maître de la guitare arpégée, Joseph Marchand, Nolin nous a gratifiés de son spleen folk avec une parfaite authenticité et malgré la mélancolie accablante qui constitue l’ADN de ses chansons, elle réussissait à atténuer les moments ténébreux de son concert en blaguant sans gêne entre les ritournelles. Bref, j’ai laissé ma mâchoire sur le plancher du Lion d’Or et j’ai grimpé Papineau en me disant que la Safia Nolin qui sommeille en nous tous devrait s’exprimer plus souvent. Coup de cœur!»

On se jase de la suite lundi prochain!

http://www.coupdecoeur.ca

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