Chroniques

Violent Mae

Kid

Violent MaeLorsque je pense au rock féminin, les premiers noms qui me viennent instantanément à l’esprit sont: PJ Harvey, Chelsea Wolfe, Marnie Stern, Scout Niblett, St Vincent, Cat Power et le trio Sleater-Kinney. Pourquoi me demandez-vous? Simplement parce que ce sont les artistes féminines qui me touchent le plus directement dans la cage thoracique. J’aime leur musique, leur authenticité, leur créativité, et elles ont toutes, à leur façon, beaucoup de charisme et de magnétisme. À cette liste s’ajoute maintenant une nouvelle venue: Violent Mae.

Violent Mae, c’est une artiste qui vient de Roxbury, une très petite ville d’à peine plus de 2000 âmes au Connecticut, chez nos voisins du sud. À moins d’être ultra naïf ou idiot, Violent Mae n’est pas son vrai nom et prénom. Ce qui figure sur ses papiers d’identification, c’est Becky Kessler. Peut-être qu’elle utilise sciemment Violent Mae sur des fausses pièces d’identité pour toutes sortes de magouilles, mais ça, c’est une autre histoire.

Violent Mae était au départ destiné à connaître une carrière solo, jusqu’à ce qu’elle entre en studio pour y enregistrer son premier album. C’est là qu’elle rencontre Floyd Kellogg, un homme à tout faire avec qui la chimie s’installe très rapidement et transforme illico sa carrière solo en un duo fort prometteur.

À travers ce brillant tandem, il est évident que le mandat premier de mademoiselle Kessler est de composer la musique et les textes, ce qu’elle fait remarquablement bien. Souvent cachée derrière ses grosses guitares électriques, toutes plus belles les unes que les autres, elle passe de nombreuses heures à créer des chansons solides et bien structurées. Tout le contraire du système de santé, des écoles publiques et du réseau routier québécois. Mais ça, c’est une autre histoire.

Une fois les chansons composées, c’est monsieur Kellogg qui prend le relais et veille à performer derrière la console, la batterie, la basse, la contrebasse et les autres bidules de toutes sortes. Pas de doute, le jeune homme est lui aussi fort talentueux. C’est rendu ici que je suis forcé d’admettre qu’il m’est impossible de voir son nom sans penser à des céréales trop sucrées. Mais ça, c’est une autre histoire.

Leur premier album en carrière est paru en novembre 2013 et s’intitule tout simplement Violent Mae. Un disque convenable qui mérite qu’on lui porte attention. La deuxième galette, qui m’apparaît encore plus aboutie (et réussie que la première) se nomme Kid et est apparue dans nos bacs tout récemment, c’est-à-dire en novembre 2015.

Sur la seconde offrande, le duo américain nous sert une indie-pop un brin noir et mélancolique. Parfois dynamique, parfois douce et tout en nuances, toujours quelque peu crasseuse, leur musique a tout pour plaire aux mordus de PJ Harvey et Scout Niblett. À défaut de toujours surprendre, le groupuscule sait se faire fortement apprécier avec leur rock très bien interprété, joliment ficelé, et doté d’une réalisation plus qu’adéquate. Kid est le type d’album qui se dévoile davantage au fil des écoutes et qui peut carrément rendre accro en un rien de temps. Un peu comme la série télévisée québécoise Série Noire, mais ça, c’est une autre histoire.

Sans l’ombre d’un doute, Violent Mae est voué à un très bel avenir et les deux premiers albums, particulièrement Kid, prouvent qu’ils ont amplement de talent pour durer et continuer de veiller à notre bonheur musical.

Violent Mae
Kid
Telegraph Recording Company
46 minutes
Paru en novembre 2015

01. In The Sun
02. In My Ring
03. Rob Me Blind
04. Away
05. IOU1
06. Murdered Bird
07. Kid
08. Flame
09. Intro
10. Neon Halos
11. Birthday

http://www.violentmae.com/

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