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77 Montréal : Punk’s Not Dead!

Vendredi dernier avait lieu la seconde édition du festival 77 (aussi appelé Sannédissette par le monde chaud à deux heures pm au soleil). L’événement, créé par Evenko afin de célébrer les 40 ans de l’émergence du mouvement punk dans la culture populaire, offre aux vieux et moins vieux punks de quoi se mettre sous la dent. Comme l’année dernière m’avait totalement convaincu avec son ambiance relaxe et des perfos hallucinantes de X (L.A.) et Rancid, entre autres, j’ai eu le goût de récidiver cette année.

Je suis donc arrivé sur le site vers 13 h 15. Juste à temps pour attraper le show hilarant des Fucking Raymonds. C’est un hommage aux essentiels Ramones, mais il y a une twist : les chansons sont traduites et adaptées en français du Québec. Aux bons soins des Raymonds « Rockaway Beach » devient « Plage Jean-Doré » et « I Don’t Care » passe au joli « J’men sacre ben ». Ça commençait la journée avec un ton humoristique pas déplaisant.

Je suis ensuite passé devant la performance d’Iron Chic, que j’avais déjà vu en première partie de Propagandhi l’an dernier au Club Soda. Malgré la franche passion qui anime les membres du groupe de Long Island, je ne me reconnais pas dans ce punk qui évoque à la fois Bruce Springsteen et les Weakerthans. Cela dit, c’est foutument bien exécuté et je comprends ceux qui tripent, contrairement aux fans de AFI, mettons. On en reparlera brièvement plus tard.

Sur le coup de 14 h 10, pendant que j’étais en train de visiter le pop-up store de Dine Alone, Steve Ignorant A pris la scène d’assaut avec Do They Owe Us a Living?, plus gros tube de son groupe anarcho-punk : CRASS. Ça faisait plaisir de revoir cette légende vivante et toujours enragée avec son crâne dégarni, ses rides formées par son visage crispé de crieur et son polo de golfeur marqué du logo de son band. Une performance très solide aussi de la part de son groupe : les Irlandais de Paranoid Visions.

À 15 h, j’avais rendez-vous avec l’une des deux principales raisons de ma motivation intense pour la journée : L7. Seule ombre au tableau : la batteuse Demetra Plakas s’est cassé le bras en juin dernier et elle est remplacée en ce moment par Mël McFail, batteuse de Dead Girls Corps. C’était un bon show rempli de succès, dont Fuel My Fire, Andres et Shitlist . Toutefois, voir L7 sans Dee, c’est un peu comme voir Black Sabbath sans Bill Ward. Elle a un style unique et McFail n’a vraiment pas la même force de frappe. Oh well! On espère que les matantes du grunge repasseront nous présenter leur nouvel album (elles entrent en studio à la mi-août avec Dee, of course!).

Profitant des spectacles de ska pour aller manger un brin, j’ai pu profiter du site deux fois plus petit que celui de Heavy Montréal pour rencontrer plein de copains et de vieux routiers. L’ambiance conviviale me rappelait l’ambiance des premières éditions d’Osheaga. Dans mon temps, les jeunes… blablabla…

Trêve de radotage, à 17 h 15, No Policy a offert à la foule agglomérée devant la scène du jardin son premier concert en 30 ans. Malgré la rouille et les cheveux blancs, les gars et la fille nous ont offert un show convaincant. Aperçus dans la foule : plein de quinquagénaires qui vivaient leur punk à fond quand No Policy dominait la scène punk hardcore montréalaise!

Puis, Satanic Surfers s’est pointé sur la même scène, pour cette fois-ci, me faire revivre mon premier show punk à vie (en dehors des bands locaux d’Alma, de Grimskunk et de Groovy Aardvark, mettons). Le fait que Rodrigo a recommencé à jouer de la batterie en chantant faisait effectivement très 1996. J’ai bien apprécié même s’il fallait résolument avoir eu 14 ans au milieu des nineties pour y trouver son compte.

Vers la fin de l’excellent set rock n’ roll des Rezillos, qui avaient encore lieu sur la scène du jardin, je me suis dirigé vers la scène de la forêt pour attendre Suicidal Tendencies. J’ai croisé la grande scène où se produisait AFI et j’ai pu constater que je ne manquais pas grand-chose. C’est rôdé au quart de tour, mais ça sonne toujours comme la trame sonore d’un film d’ado des années 2000-2010. Bref, ce n’est pas pour moi, même s’il paraît que leur matériel des premiers albums est très bon, selon certains amis. Heureusement, Mike Muir et sa troupe de crinqués me remettent de la mine dans le crayon. Avec Dave Lombardo (le batteur original de Slayer) et Ben Weinman (guitariste acrobate de Dillinger Escape Plan) dans ses rangs, Mike Muir m’a tout simplement offert le meilleur show de ST que j’ai jamais vu. La plus belle part du gâteau a servi à honorer le premier album de la formation (I Saw your Mommy, Suicide’s an Alternative, I Shot Reagan, etc.) et plusieurs autres classiques ont été joués (You Can’t Bring Me Down et Cyco Vision, entre autres). La performance s’est terminée dans une atmosphère de party alors que Mike et les autres faisaient monter tout plein de gens sur la scène pendant Join the Army. Ça a été le meilleur show du festival et même de toute la fin de semaine passée au Parc Jean-Drapeau. Juste ça. Suicidal for Life!

J’ai laissé tomber Rise Against et terminé la soirée devant Joey Shithead et DOA qui étaient eux aussi très en forme. Un set impeccable avec une énergie que les gars arrivent encore à livrer après toutes ces années. Incroyable!

De son vivant, le réalisateur Wes Craven disait qu’il acceptait de faire des films de Freddy car ceux-ci étaient tellement payants qu’ils finançaient ses projets plus undergrounds. Il nous reste juste à espérer qu’Osheaga puisse continuer longtemps à être si populaire. Si c’est ça que ça prend pour qu’Evenko arrive à nous offrir 77, longue vie à Osheaga.

J’ai déjà hâte à l’an prochain!

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