Chroniques

Les EP à LP de juillet 2021 : Yves Tumor, Barrio Colette, Joyce N’sana et plus

Cakes Da Killa & Proper Villains — Muvaland, Vol. 2

Après un premier EP avec Proper Villains qui a bien fonctionné en 2020, Cakes Da Killa revient avec un deuxième volume de son rap coulé sur des trames dance. Il n’y va pas de main morte en affirmant dès les premières secondes : « This is for faggots » avec une tonne d’attitude. La chanson de brag rap intitulée Stoggaf est franchement réussie et met la table pour un EP encore une fois très réussi. Dans les thématiques et les sonorités, on peut vraiment le rattaché à Mykki Blanco cette fois-ci sans non plus avoir à faire à de la pastiche. Il s’agit plutôt de clin d’oeil à la manière que Blanco alterne entre sa voix haute et les graves qu’il est capable de chanter.

Tkay Maidza — Last Year Was Weird, Vol. 3

C’est un troisième EP/Mixtape dans la série des « Last Year Was Weird » pour Tkay Maidza. C’est sûr que les éditions 2020 et 2021 de celui-ci résonnent particulièrement. Ceci étant dit, ce n’est pas ce qu’on trouve comme thématique sur l’album de l’Australienne qui rap aussi bien qu’elle chante. On y trouve plutôt une vingtaine de minutes de musique avec une belle sensibilité pop et des couplets rappés qui rentrent au poste. Elle démontre son talent pour jouer avec les mots et pour alterner les débits. Cashmere est un bon exemple de sa capacité à utiliser le meilleur des deux mondes, un peu à la la Tyler the Creator, mais en beaucoup moins agressive.

Information_Age — Information_Age

Qu’est-ce que ça donne quand le bassiste de Pallbearer et un membre de Pinkish Black décident de faire de la musique synthwave ensemble? Eh bien, la réponse, vous l’aurez deviné, est : Information_Age. Sur ce premier EP, on retrouve la paire qui fait ses premiers pas de création commune où le côté gothique des chansons ressort particulièrement. La paire a avoué être amatrice de disco italien et on sent aussi cette tangente avec des pièces comme Borrowed Time. C’est bien intéressant et l’on va garder un œil sur ce projet. Est-ce qu’avec le retour des spectacles ce ne sera qu’un essai éphémère? Ou encore un coup de foudre créatif? L’avenir nous le dira.

Barrio Colette — Amour de vivre

Je regrette amèrement de ne pas avoir parlé de Barrio Colette à la sortie de l’EP en mai, alors j’essaie de me racheter en vous en parlant maintenant. Amour de vivre est un solide EP qui est fait de chansons pop-rock champ gauche où se mélange les mélodies efficaces, le garage et le psychédélisme. Filles garçons est un bel exemple de leur talent pour les airs qui restent pris dans la tête. Ça ressemble à des groupes qu’on a déjà entendus comme Les Breastfeeders et même un peu du jeune Corridor, mais Barrio Colette possède sa personnalité propre. Ça vaut tout à fait le détour. Le trio nous percute de quatre chansons aux couleurs mirobolantes.

Frances Forever — Paranoïa Party

En 2020, Frances Forever a eu un succès inespéré avec la chanson Space Girl. Ce titre qu’on retrouve sur l’EP l’a propulsé dans le « spotlight ». C’est bien tant mieux pour la jeune Américaine qui présente ici son deuxième EP et son premier chez Mom+Pop. Ce qu’on trouve sur Paranoïa Party est un sympathique mélange de pop et de rock avec une mélancolie bien assumée. Elle n’est pas l’abri des pièges par contre et elle tombe directement dans celui de la pièce aux lieux communs dégoulinants sur eat the rich avec son mélange de ukulélés déjà vu et son rythme beige. Mais pour le reste, elle nous offre des compositions de qualités qui valent le détour.

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