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Critiques

Laura Niquay

Nir Wactenama

  • Musique Nomade
  • 2026
  • 42 minutes
8
Le meilleur de lca

Laura Niquay s’est imposée avec Waska Matisiwin en 2021. Non seulement l’album a rayonné dans les médias, il lui a valu une nomination sur la longue liste du prix Polaris et dans plusieurs galas, dont l’ADISQ. Plus important encore, cela a attiré le regard des festivals de la province qui l’ont programmé et qui lui ont permis de voyager à travers le Québec. L’artiste de Wemotaci était attendue en amont de la sortie de Nir Wactenama.

Laura Niquay en rajoute en faisait toujours confiance à Simon Walls à la réalisation, mais en montant un groupe du tonnerre formé de Raphaëlle Chouinard (guitare électrique, chœurs) et Sarah Dion (batterie, chœurs) des Shirley ainsi que Marie-Philippe Thibeault-Desbiens (basse, chœurs) du groupe PRINCESSES. Comme vous pouvez le deviner, le rock est au rendez-vous. Si le blues colore aussi Nir Wactenama, c’est surtout le côté rock qui souffle avec ses excellents riffs.

Nir Wactenama se traduit de l’atikamekw par « Moi, lumière ». Une affirmation qui va bien à Laura Niquay qui brille sur ce nouvel album. Et malgré les thématiques parfois plus positives, Niquay ne va pas dans la facilité. Sur la chanson-titre, un rock tendu nous entraîne tranquillement au refrain absolument puissant. Un des rares refrains qui rappelle son album précédent. C’est une mélodie facile à adopter, que l’on comprenne ou non la langue chantée. Laura Niquay m’aura fait encore massacrer la langue atikamekw alors que je me surprends à chantonner des bouts de chansons dans ma douche.

Les fans de rock seront gâtés. Ça commence en force avec Petcimote Ote et son riff gras qui arrive après une bonne minute et demie. Kekwan Tca Ni, paru en amont de la sortie de l’album aussi, donnait le ton. Difficile de résister à ce rouleau compresseur qui nous lave les tympans avec sa guitare distorsionnée. Même la chanson intitulée Mikwetc (merci en atikamekw) rentre au poste. Le blues qu’affectionne autant Laura Niquay se pointe le bout du nez sur Ka Nanakitcihitin de manière convaincante.

Si le rock occupe une place importante sur ce nouvel album, Laura Niquay n’a pas toujours la pédale dans le fond. On retrouve une pièce plus sombre et plus acoustique avec Ki Pe Wi Aimihin. Une chose qui demeure, c’est le sens de la mélodie de Niquay qui nous aspire facilement dans son univers. Un peu moins rock, l’excellent premier extrait Nosim paru plus tôt cette année brille aussi sur Nir Wactenama.

Avec ce nouvel album, Laura Niquay réaffirme sa place de choix parmi les artistes autochtones actuels. D’une couleur différente de Waska Matisiwin, Nir Wactenama est réussi du début à la fin et démontre que Niquay est en pleine possession de ses moyens. Cette nouvelle saison musicale dans sa carrière est des plus bienvenues.

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