POP Montréal 2026 | Katie Moore et Plants & Animals au Divan Orange
Si en mars 2018, Avec Pas d’casque chantait : « Je suis venu finir ce qui achevait déjà », hier soir au Divan Orange, ressuscité pour le 25e anniversaire de POP Montréal, c’est plutôt Katie Moore qui chantait « It’s not easy getting older ».
Le Divan Orange, une institution du Plateau-Mont-Royal qui a toujours été un lieu de rencontre des deux bords de la main à Montréal, s’est éteint en mars 2018. J’étais là pour la dernière soirée. J’avais écrit un texte particulièrement émotif. Et même si je le trouve imparfait aujourd’hui, mes yeux viennent mouillés à lire les mots qui ont immortalisé ma dernière soirée, et la dernière soirée, du Divan Orange. Je me rappelle mes derniers moments à prendre Julia Blais et Julien Senez-Gagnon dans mes bras avant de marcher jusqu’à la maison en braillant toutes les larmes de mon corps.
Tout ça pour dire que ce texte ne sera pas un exercice de retenue ou de distance journalistique. Ça sera emo, une fois de plus.
Entouré d’amis
Le Divan Orange était certes un lieu, mais c’était surtout des gens. Des gens passionnés de culture qui encore aujourd’hui, travaillent ou gravitent autour de l’industrie musicale. Au coin de St-Laurent et Rachel, déjà, on croise des amis qui se rendent au Divan Orange. Assez vite en ligne, on croise Éric Ayotte, aujourd’hui relationniste de presse, mais qui a été derrière le bar du Divan Orange dans les années 2000 avant d’aller travailler au Téléphone rouge à Sherbrooke. Quelques pas à l’intérieur de la friperie redevenue salle de spectacle et je vois derrière le bar Camille Gladu-Drouin, l’une des photographes d’artistes les plus populaires, derrière le bar. Et Lionel Furonnet, aujourd’hui copropriétaire de La Réserve naturelle, une cave à vin à Sutton, entouré de nombreuses personnes. Les embrassades sont chaleureuses.
Si le Divan Orange a fermé en 2018, c’est en raison des plaintes de bruits à répétition qui ont ruiné ses finances. Depuis avril 2026, il y a enfin des changements au règlement. Ça donne le vertige de penser que ç’a pris 8 ans pour régler la question. Et pourtant, si on peut fêter un peu plus en paix, le chemin pour s’y rendre est jonché de salles qui ont fermé. Si la mort fait partie de l’histoire, hier soir, ce n’était pas du tout ça qui était à l’honneur. Au contraire, c’était un ardent désir de vivre et de se retrouver qui habitait le Divan Orange.
C’est donc ben propre
On va se le dire, si le fameux divan orange a été retrouvé, pour le reste, il y avait des signes que le temps avait fait son œuvre qui était immanquable. À commencer par les murs blancs de l’endroit qui n’avait pas le lustre des vieux murs magané de la salle. En plus, la fameuse table de babyfoot, qui jadis était dans le chemin quand on voulait écouter un concert de plus près, était absente. Je me surpris à m’ennuyer d’elle. Comme quoi la nostalgie nous prend même par surprise. Pour rappeler « le bon vieux temps », une affiche de la dernière programmation du Divan Orange habillait les murs. Et le bar, ainsi que la scène, ont été monté à la même place que lors des derniers moments.
Oui mais la musique dans tout ça?
Je l’ai dit que j’allais être emo, fâchez-vous pas si je parle exceptionnellement plus de l’endroit que de la musique. Mais venons-y! C’était Katie Moore qui avait la tâche d’ouvrir pour Plants & Animals. La Québécoise a misé sur des pièces qui avaient déjà résonné dans le Divan Orange, à commencer par Getting Older de son album Only Thing Worse paru en 2007. Alors qu’elle chantait le sentiment de vieillir de manière magnifique, il y avait une connivence dans la salle. Particulièrement lorsqu’elle chantait « I don’t like these changes », un sentiment qu’on a tous vécu avec la fermeture de la salle. En boni, à ses côtés, SoCalled était au piano, en plus de son groupe régulier, dont Andrew Horton. Warren Spicer est aussi venu faire son tour le temps d’une chanson.
Puis, c’est Plants & Animals, en version trio pour la première fois depuis longtemps, qui a pris la scène. Warren Spicer, Nicolas Basque et Matthew Woodley étaient en grande forme et a joué surtout des pièces de son album Parc Avenue qui date de ces années. Les moments de rock enlevant ont été nombreux pendant le concert. C’est le cas pour Good Friend, alors que la foule se lançait dans des pas de danse pour lorsque Spicer chantait « I Wanna Dance ». Adèle Trottier-Rivard (Bibi Club) a rejoint la formation et a dû braver la flaque de la sueur de Spicer, qui a certainement perdu 15 livres d’eau hier soir, pour rejoindre son micro. Ensemble, le groupe et la chanteuse ont interprété Le Queens de l’album The Jungle paru en 2020. Les gros succès y sont passés, comme Bye Bye Bye qui a été chanté en chœur par la salle, ou encore la magnifique à L’Oree Des Bois, où les enfants des membres du groupe les ont rejoints sur scène pour chanter.
Après le concert, comme il y a tant d’années, on est resté des amis à jaser à l’extérieur du Divan Orange, accoté sur les murs en pierre de l’édifice. La bonne humeur était au rendez-vous. Le Divan Orange a toujours été plus qu’une salle, ça toujours été une communauté et elle était au rendez-vous hier. C’était plaisant de vous revoir, la gang.
Crédit photo: POP Montréal