Grouper + Laurie Torres + Languid Splendour au Théâtre Outremont le 10 septembre 2026
Ça faisait huit que Liz Harris n’avait pas mis le pied à Montréal. En première partie, deux projets d’ici : Laurie Torres et Languid Splendour.
Visiblement, je n’étais pas le seul à avoir hâte à la visite de Grouper puisque le Théâtre Outremont était plein à craquer. Avant que la musicienne de l’Oregon prenne la scène, ce sont deux projets locaux qui avaient la tâche de réchauffer la foule : Languid Splendour et Laurie Torres.
Languid Splendour
Le projet, qui possède peu d’informations en ligne, propose une musique électronique aérienne qui tire sur le drone par moment. De la pièce d’une vingtaine de minutes se dégageaient des mélodies sur le temps. Tout était en lentes progressions et en nuances. Pour accompagner sa trame, un visuel montrant des voitures dans la nuit qui circulent. C’était dans son ensemble une proposition plutôt sombre. Seul bémol, un bruit blanc était présent tout le long et je finis toujours par accorder trop d’importance dans mon écoute à ce parasite sonore. Languid Splendour a proposé une présentation plutôt intéressante, quoiqu’un peu hermétique.
Laurie Torres
C’est la Québécoise Laurie Torres qui a pris la relève avec ses créations au piano qu’elle modifie ou double avec des séquenceurs. Je n’étais pas familier avec l’œuvre de Torres et j’ai trouvé ça plutôt intéressant! Elle crée des ambiances riches et elle un certain narratif dans sa composition, à l’instar d’une Alexandre Stréliski, bien que ce soit beaucoup moins poussé que cette dernière. Les ajouts synthétiques, que ce soit des sons qui viennent compléter le tout, ou encore des boucles qu’elle crée avec son piano, permettent de construire des pièces qui avaient plus de coffre qu’elle seule sur scène. Elle a joué des compositions déjà parues, mais aussi quelques nouvelles pièces qui se retrouveront sur son prochain album.
Grouper
C’était une visite attendue! Ça faisait huit ans que Grouper n’était pas passée à Montréal. La dernière fois, c’était à la Sala Rossa après la sortie de l’album Grid of Points. Depuis, Liz Harris a lancé Shade, mais elle a surtout été active dans d’autres projets, comme Raum avec Jefre Cantu-Ledesma, alors que prochainement, elle proposera un nouvel album d’Helen, son trio avec Scott Simmons et Jed Binderman.
Cette absence d’actualité a donné le goût à Liz Harris de replonger dans des pièces qui datent un peu plus. Elle s’est concentrée sur des pièces des deux albums A I A et Dragging a Dead Deer Up a Hill. Armée de sa guitare et de différents dispositifs pour compléter le son, elle a offert notamment Poison Tree et Alien Observer. On y a été noyé à quelques reprises dans une belle distorsion qui prenait énormément de place dans le mix. Pendant l’ensemble de sa prestation, qui a durée un peu plus d’une heure, Grouper a refusé le silence. Entre les pièces, des sons ou des chants d’oiseaux habitaient la transition pendant qu’elle accordait sa guitare. Pour accompagner sa performance, un visuel composé d’images de bâtiments ou de nature sur lesquelles on a ajouté des filtres était intéressant.
Seul bémol à la prestation, Grouper a étiré de manière importante les derniers moments de sa prestation. J’aurais pris quelque chose d’un peu plus ramassé. Ça donnait l’impression qu’elle étirait pour étirer, étant donné l’absence de construction ou de surenchère pendant ces derniers moments. Ce voyage dans le temps de ses plus anciennes compositions était intéressant dans son ensemble. Il se peut que des fans qui sont entrés plus tard dans la discographie aient été largués, mais la prestation était intéressante, même lorsqu’on était moins familier avec certaines pièces.
Crédit photo: Bandcamp