Îlesoniq 2026 | Jour 2 : Novah + Ki\Ki + Gryffin + Wooli + Dom Dolla
La seconde et dernière journée d’îleSoniq est plus généreuse de sa météo, de ses performances et de son vivre ensemble. La 11e édition n’est probablement pas la plus inoubliable, mais le festival conserve son trône d’un des plus impressionnants rassemblements des amateurs de DJs.
Photos par Claudia Guillemette
Le temps doux vient avec un climat de bienveillance et quelques petites explosions festives. Beaucoup plus d’adolescent.es, de têtes blanches, de puppy play et de personnes avec un handicap ont revêtu les ensembles fluo.
Les foules de la deuxième journée sont plus faciles à percer. Au travers des cannettes et des glow sticks, tout festivalier.ère peut se faufiler comme la royauté qui se voit dérouler un tapis de déchets écrasés.

Gryffin sur la faim
Le musicien américain s’inscrit dans un registre plus rythmé et plus aérien que ses prédécesseurs de la journée. L’ambiance accompagne parfaitement le coucher du soleil accompagné d’une douce brise d’été et d’une petite boisson fruitée à 20 $.
Gryffin propose de bons succès des années 2000 et 2010 remixés avec des arrangements assez simplistes, juste assez travaillés pour éviter la confusion avec l’auto-tune ou une création de l’IA. Le DJ compense et donne toute son énergie à un public clairsemé.
Un élément est apparu perturbant dans la proposition de l’artiste. Les deux écrans, en plus du jumbotron central, ont affiché, tout au long de l’heure, un buste de Gryffin. L’artiste se filme et expose sa propre représentation au moment même de sa prestation.
Saccadé au rythme des morceaux, nous entendions Gryffin parler pour ensuite le revoir, essoufflés à l’écran avec des cheveux dans la bouche nous redire les mêmes mots au ralenti. Pourquoi ?
Novah et KI/KI à NEON
« On retourne se shaker la tête », souligne un festivalier à sa partenaire alors qu’iels se rendent au spectacle de Novah sur la plus petite scène du festival dédié aux artistes Dubstep.
Animer la foule, chanter, mixer, et ne pas s’écrouler de déshydratation, la DJ belge donne l’impression d’avoir deux paires de bras.
Le rave extérieur tremble intensément sous le poids d’une cohue débordante et des basses ahurissantes. L’espace restreint crée, non seulement, un îlot de chaleur et des murs de sons, mais favorise également la connexion de Novah avec son public.
Éventails, écrans de fumée et membres agités, les festivalier.ères de la scène NEON forment une mosaïque digne des grandes toiles impressionnistes.
Novah se réapproprie les mégas succès Habits de Tove lo ou encore Where have you been de Rihanna et préserve un parterre intact passant ainsi de Riri à KI/KI.
La DJ néerlandaise Kiki Wesselo propose des pièces exagérément clichées du dubstep devant un visuel qui rappelle les écrans de veille psychédéliques de Windows 2003.
ÎleSoniq arrose ses festivalier.ères pour qu’ils restent hydrater et KI/KI leur sert une seconde douche froide de mixes à confondre avec la musique libre de droits.
Le mirage de Wooli
Des déguisements de champignons pas clairs, des structures de glow sticks et une troupe de Linguinis avec un Rémi dans le chapeau, la scène Mirage, à la nuit tombée, accueille les personnages les plus loufoques du festival.
L’ambiance à la The Matrix (la série de films et non la voiture) se veut plus utopique dans cette boîte de nuit à ciel ouvert qui donne lieu à un immense rassemblement de air se-rentrer-la-tête-dans-le-mur, cette discipline cousine de l’air guitare.
Bien que Wooli ait mixé la pièce à sa sauce, Like a G6 de Far East Movement se retrouvent tout de même sur le set de plusieurs artistes en seulement deux jours. Le DJ américain a osé mettre un frein sur le riddim dubstep pour imposer le célèbre refrain électro-pop chanté par DEV.
Le comble, Wooli et son équipe poursuivent sur cette lancée d’originalité avec des GIF chromés de Pac-Man diffusés sur les écrans géants. Peut-être n’ont-ils pas eu les moyens de se payer l’abonnement prémium de leurs plateformes, qui sait ?
Dom Dolla, métro, dodo
Spirales d’artifices, d’énormes jets de flamme et des faisceaux laser qui percent la foule, le spectacle s’illustre avec l’exploitation complète de ce qui est à la disposition des artistes invité.es à ÎleSoniq. En comparaison, l’International des Feux Loto-Québec ne paraît pas plus impressionnant qu’un sac de maïs soufflé au micro-ondes.
Heads will roll des Yeah yeah yeahs et One more time de Daft punk sont les succès de l’été d’après Dom Dolla et certains de ses collègues. Les titres de 2001 et 2009 sont d’autres bons exemples de citron pressé, mais le DJ les réhydrate avec l’énergie d’un chœur en milliers de festivalier.ères.
Le DJ australien arbore un large sourire tout au long de la grandiose expérience de mise en scène. Il a semblé sincèrement touché par l’enthousiasme du parterre le plus participatif de cette onzième édition. Dom Dolla entretient un dialogue avec ses fans qui chantent et obéissent aux « f*cking dance ! » puisqu’ils sont « addicted to bass ».

























Crédit photo: Claudia Guillemette