IAN SWEET
Shiverstruck
- Polyvinyl Records
- 2026
- 40 minutes
Jilian
Go on and tell em
That you’re sick of it
Sad singer
Such an idiot
Bad sex and cigarettes
Oh it’s a cruel world you’re living in
— Jilian
IAN SWEET, née Jilian Medford, lance aujourd’hui son cinquième album en carrière. L’Américaine active depuis dix ans arrive avec un album qui revient davantage à l’indie-pop-rock de Show Me How You Disappear tout en gardant certains petits côtés de Sucker paru en 2023. Mais le côté plus synthé est mis de côté au profit des guitares. Celle qui a quitté New York pour Los Angeles récemment offre peut-être l’album le plus personnel de sa discographie sur Shiverstruck.
Jilian, pièce au titre évocateur de sa réelle personne, semble rendre poreuse la frontière entre le personnage scénique de la femme derrière la musique. Cet album, s’il n’était pas pour elle un album de séparation, l’est devenu avant le mix. C’est ce qu’IAN SWEET a raconté à Casey Epstein-Gross dans les pages de Paste récemment. À la lecture du texte, on ne peut se tromper, ça n’allait pas tout à fait. IAN SWEET rit un peu de l’appellation de femme triste qui est apposée à sa musique. Pourtant, l’autrice-compositrice-interprète en rajoute sur la suivante, Deadweight, sur laquelle, elle peint le portrait d’une jeune femme pas tout à fait heureuse.
Shiverstruck démontre la qualité d’interprète d’IAN SWEET en commençant par 987, première pièce de l’album. En simplicité, en misant sur elle et une guitare, la pièce laisse le champ libre à sa voix et à sa manière de nous livrer un texte. Puis, le rock avec une bonne dose d’énergie sur la mélodieuse Criminal Kissing. On peut dire que la jeune femme est à un endroit musicalement. Même si ça ne révolutionne pas le genre, c’est terriblement efficace. C’est vrai aussi pour Hired Guns et ses moments de guitares qui viennent colorer la trame. Même son de cloche du côté de Wild Heart, qui est facile à adopter.
Waited an eternity
For just a moment
On the silver shiny screen
You can’t blame me
For wanting everything
— Silver Screen
La vraie critique qu’on peut faire à IAN SWEET, c’est qu’elle ne s’aventure pas du tout hors du cadre convenu sur Shiverstruck. C’est efficace, bien livré, bien composé et quelques-uns de ses textes ont de beaux passages. Après, ce n’est pas particulièrement original ou audacieux.
Shiverstruck offre de beaux moments et démontre qu’IAN SWEET est fiable. Après cinq albums, elle trouve le moyen d’offrir des textes intéressants qui savent peindre les peines du quotidien avec panache. Un album bien sympathique.