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Concerts

Festival international de Jazz de Montréal 2026 | Kamasi Washington + St. Vincent symphonique + Ruby Plume

Après un premier passage sur la Place des Festivals en 2022, Kamasi Washington était de retour avec la pandémie bien derrière nous et une foule bien devant lui!

Photos par Charles-Antoine Marcotte

Bien pleine, mais ce n’était heureusement pas la cohue de la veille à Angine de Poitrine. Kamasi Washington était de retour sur la Place des Festivals pour faire sonner son saxophone entouré de son groupe de feu. Avant de me diriger au concert, j’ai eu le bonheur d’assister au concert de St. Vincent avec orchestre symphonique à la salle Wilfrid-Pelletier avec Ruby Plume en première partie.

Kamasi Washington

Débutant et terminant le concert avec des pièces de son plus récent album, Fearless Movement, paru en 2024, Kamasi Washington s’est époumoné pour notre bon plaisir en ce dimanche. Entouré notamment de son père, Rickey Washington, il a offert de beaux moments avec du groove qui a ravi la foule. Faisant complètement silence sur l’excellent Heaven and Earth de 2028, il s’est surtout concentré sur son plus récent et sur The Epic paru en 2015.

Dans le groupe de Washington, à peu près tout le monde a son moment. Sur Lazarus, c’est le pianiste Cameron Graves, qui s’est fait aller les doigts allègrement. À d’autres moments, c’est le batteur Ronald Bruner Jr. qui battait la mesure avec ferveur. Évidemment, Washington a lui aussi eu plusieurs moments où il brillait à travers le concert, que ce soit au saxophone ou au clavier.

Ce qui ressort tout de même de la soirée, c’est le côté spirituel de la musique de Washington qui prend de plus en plus en de place depuis The Epic. On sent l’influence d’un Sun Ra Arkestra dans sa direction sans aller aussi loin que le coloré groupe du Texas. Il y a aussi un certain jeu évident dans l’approche de Kamasi Washington, ce qui décomplexe tout ce jazz assez touffu qu’il nous envoie. Un bon exemple est lorsqu’il glisse un peu de Seven Nation Army des White Stripes dans Prologue d’Astro Piazzolla.

St. Vincent

C’était une visite attendue, alors que St. Vincent était au Wilfrid-Pelletier pour présenter la version symphonique de pièces de son répertoire. Contrairement à Pierre Lapointe aux Francos, elle n’as pas complètement laissé de côté la formule typique de groupe rock qui était présente en plus de l’orchestre. Par contre, les arrangements, eux, étaient vraiment taillés sur mesure pour un orchestre nombreux. Elle a misé principalement sur ses albums MASSEDUCTION et Actor, mais le choix de pièces était généralement bien réparti à travers ses albums, à l’exception de l’homonyme qui n’était représenté que par Digital Witness.

Parmi les bons moments du concert, on note la version orchestrale de Violent Times, qui faisait ressortir son côté « James Bond ». Black Rainbow a aussi laissé une belle impression ou encore le moment où elle jouait de la guitare, un sourire étampé aux lèvres pendant Marrow. Comme si Annie Clark se disait elle aussi : wow, c’est donc ben cool! Très théâtrale dans son approche, elle a été même exubérante sur Live in the Dream, alors que ses gestes en imposaient ou encore pour Los Ageless alors qu’elle fumait une fausse cigarette.

Si on connait St. Vincent la guitariste incroyable, la version orchestrale a fait apprécier à sa juste valeur la qualité de son interprétation. Joueuse, elle a commencé son rappel avec Candy Darling couché à plat ventre sur la scène du Wilfrid, les jambes recroquevillées. Lors de New York, elle a même poussé le jeu à descendre dans la foule, à haranguer des spectateurs et à monter sur des sièges pour chanter. À de nombreuses reprises, elle a démontré son affection pour Montréal en lançant des « Merci beaucoup » bien sentis. Et question de vous faire complètement tomber en amour avec elle, elle a lancé un « Go Habs ». Que demander de plus! Fidèle à elle-même, St. Vincent nous a tranquillement fait entrer dans son univers musical avant de nous dévoiler toutes ses couleurs.

Ruby Plume

En première partie de St. Vincent, c’est la jeune Ruby Plume qui a lancé son premier EP, Spinstress, en janvier dernier. Seule avec sa guitare, la jeune femme a offert une prestation folk honnête. Il faut le dire, elle est en début de carrière et, par moment, ça paraît, particulièrement dans sa présence scénique timide. Par contre, son doigté sur la guitare et son chant sont tout à fait convaincants. Elle fait beaucoup penser à une jeune Phoebe Bridgers, avant que ça explose. À travers ses pièces, elle a aussi livré deux reprises, une de Joni Mitchell et Ain’t Me Babe de Bob Dylan.

Une autre soirée réussie au FIJM qui a pu compter sur la collaboration de Mère Nature qui s’est faite particulièrement clémente pour ce dimanche qui ne sentait pas la fin de la fin de semaine.

Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte

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