Festival en chanson de Petite Vallée 2026 : la relève à l’honneur
C’est avec une foule de parents en pleurs que le spectacle de la Petite École de la chanson a ouvert le festival sur une note humide et drôlement imprévisible. Le lendemain, Chansonneurs et chansonneuses d’Escales en chanson ont présenté.es le futur proche de la musique québécoise.
Encore cette année, deux groupes de quatre artistes montent un spectacle collaboratif de leur univers respectif, contribuant ainsi à souder la communauté musicale québécoise. Leur visage ne nous dit pas de chanson pour l’instant, mais leur surprenante représentation d’après-midi étale un énorme potentiel. Étienne Coppé, Marco Ema, Jeanne Côté, Louis-Julien Durso sont quelques-uns.es des anciens.ennes Chansonneurs.euses dont la programmation 2026 est, au quart, constituée.
De son côté, La Petite École sème des graines de culture québécoise chez de jeunes pousses gaspésiennes autour du répertoire de Marjo, artiste passeuse de la 43e édition. Le chœur rassemble environ 350 jeunes gaspésiens de 8 à 17 ans, un spectacle évidemment touchant et divertissant.

La Petite École de la chanson
Mathilde Côté, cheffe de chœur, a rempli la scène de ses chatons sauvages. L’enseignante a souligné que « ce soir, le féminin l’emporte pour parler de tout le monde et à tout le monde ». Une majorité féminine écrasante peuple effectivement le groupe qui s’attaque à un imposant monument de la musique québécoise, un symbole de femme « forte, authentique et sincère », énumération à laquelle Marjo a confirmé s’identifier.
Cette relève du surlendemain a revisité les plus grands classiques de la reine du rock québécois dans un spectacle bordé d’imprévus prévisibles, une vague instable sur laquelle chacun·e a su retrouver l’équilibre. Mathilde Côté a clairement préparé son chœur à toute éventualité, que personne ne s’effondre.
Provocante, Tant qu’il y aura des enfants, Les yeux du cœur, couplets et refrains se succèdent puis se rattrapent comme des trapézistes. Certains se sont vu confier la tâche de livrer des solos de quoi nous faire flancher sous l’innocence derrière leur assurance.
L’enrobage complète la représentation, loin d’un spectacle de fin d’année des plus élémentaire. Des créations visuelles accompagnent chaque chanson sous-titrée d’une citation marquante, et l’animation maladroitement rafraîchissante comble les interludes. Tel un banc de poissons, des mouvements comme des accessoires synchronisent et ajoutent de la texture au groupe dans son ensemble.
Les chansonneurs.euses d’escale en chanson

Maude Cyr-Deschênes, découverte avec sa victoire à La Voix, fait preuve d’une solidité éclatante sans toutefois faire de l’ombre à ses comparses. Après tout, cette vitrine est fomentée pour que tous puissent à la fois briller et former un grand tout dont l’agent liant est le talent.
Voix de velours dans un gant de violoneux, Aleksi Campagne trouve un délectable équilibre entre une parole enveloppante et une cacophonie contrôlée qui pousse au pied dansant. Multi-instrumentiste aux pédales polyvalentes, l’homme-orchestre nous propose sa créativité expérimentale.
Le timbre juvénile de Ponteix nous fait totalement changer nos a priori du moustachu à la longue crinière bouclée. Si ce n’était de son magnétisme, la musique du Saskatchewanais précipiterait son public en road trip de son petit village de Saint-Denis à la rue Saint-Denis à Montréal.
Otto nous laisse mettre le pied sur sa planète, un univers simple, décontracté et attendrissant. Antoine Bernard se démarque d’une ingénieuse authenticité avec un sujet à première vue banal. Jamais n’aura-t-on été aussi divertis que par les regrets d’un ado qui a chéri l’envie d’être un joueur de soccer cool.
Flamboyante de sa chevelure targaryenne à ses bottes rose flash, Claudia Thom semble avoir un talent naturel pour occuper la scène. La confiance déconcertante de la chanteuse d’origine camerounaise et ses envolées lyriques bousculent une foule assise.
Florence Breton est audacieusement inexacte en début de spectacle. Sous des travers R&B, la chanteuse d’indie pop ne tarde pas à montrer toute l’étendue de son registre.
La voix de Julie Anne Miquelon traverse la salle comme les mélodies des flûtes traversières et nous soulève au passage. Aux paroles parfois évidentes et en surface, les textes se fondent derrière une interprétation passionnée et une performance vocale tout en maîtrise.
Thomas Ariell n’hésite pas à pousser ses origines gaspésiennes, bien que l’Abitibien n’ait besoin que d’une guitare pour gagner la salle. « Heureux d’être content », le chanteur folk souligne les petits bonheurs de la vie de ses sonorités country. Chanter à l’église, Boire une Molson, Pleurer en automne, que demander de plus ?
Crédit photo: Alexandre Cotton