Converge
Love Is Not Enough
- Epitaph Records
- 2026
- 29 minutes
Ça fait près de dix que Converge n’a pas lancé un album. Il y a bien eu la collaboration avec Chelsea Wolfe, Bloodmoon : I en 2021, mais du Converge pur jus, ça fait un bout de temps. Sur The Dusk in Us, il y avait quelque chose qui s’adoucissait dans le son de Converge. On était loin des balades rock quétaines des années 80 et 90, mais il y avait tout de même quelque chose de moins brutal à l’ensemble. Avec Love Is Not Enough, on peut dire que la brutalité fait un retour en grand.
Love is not enough
To fend off the scavengers
— Love Is Not Enough
Dès la chanson-titre, qui ouvre l’album et qui était le premier simple publié par Converge, on comprend que le groupe fait un constat. La pièce peut être interprétée de plusieurs manières. C’est vrai dans les relations humaines que de faire des erreurs fait partie du processus de devenir une meilleure personne, mais c’est aussi un texte qui résonne en société en ce moment. Alors que les discours se polarisent et que certains, comme Bad Bunny prêche l’amour pour trouver une manière de reconnecter les solitudes, Converge est beaucoup plus pessimiste avec le constat que ça ne sera peut-être jamais assez. Les bons sentiments ne font qu’un bout du chemin.
Les simples qui ont été choisis en amont de l’album sont révélateur du fil conducteur de Love Is Not Enough. Le second est We Were Never the Same, la dernière pièce de l’album. Une fois de plus, il y a deux interprétations qui peuvent être données au texte. S’il s’agit d’une relation humaine, on peut parler de schisme dans un couple, par exemple, qui est irréparable parce qu’une innocence s’est brisée. Si on le prend au niveau de la société, cela pourrait être interprété comme une impossibilité de revenir des fractures profondes qui se sont produites, particulièrement aux États-Unis, où les partis politiques semblent avoir des auras de culte.
Entre les deux pièces, Converge nous livre une leçon de métalcore avec l’album qu’on lui connait. Ce n’est pas aussi acrobatique que sur All We Love We Leave Behind, mais il y a de belles propositions sur Love Is Not Enough. C’est le cas pour la plutôt métal Bad Faith avec ses riffs plus posés et lourds, ou encore la très punk Distract and Divide qui martèle avec puissance ses riffs. Parmi les autres moments intéressants, il y a Force Meets Presence qui est a un côté thrash métal assumé.
On peut dire que Converge continue d’être une force de la nature et le démontre amplement sur Love Is Not Enough. Ce n’est pas leur meilleur, mais c’est certainement dans le meilleur percentile des propositions musicales. Pas de doutes.