Wand - 1000 Days - Le Canal Auditif

Wand – 1000 Days

WandIl existe plusieurs façons de s’imprégner d’un album. Soulignons ici le bon vieux classique consistant à se terrer dans un sanctuaire de décibels afin d’alléger le triste supplice associé à l’obligation de se transporter d’un point A au point B – supplice parfois long et pénible tout dépendant du moyen de déplacement utilisé – et qui accable le quotidien d’un bon nombre d’entre nous. Certains albums jouiront pour leur part d’un traitement royal: une écoute dédiée sans aucune distraction. Pour Wand, ce fut le traitement intermédiaire: une première immersion lors d’une activité stimulante et hautement désirée; une soirée de jeux vidéo rétro avec un ami. Axel Stone et Dr. Zan Gilbert sélectionnés, on met alors en sourdine les excellents rythmes déjantés de Yuzo Koshiro pour donner la chance à la formation de Los Angeles de nous charmer entre deux boss.

Depuis sa formation, Wand a littéralement écrasé son pied sur la pédale d’accélération. Après nous avoir proposé un album l’an dernier (Ganglion Reef) et un autre au début de la présente année (Golem), voilà maintenant que les disciples spirituels de Ty Segall et de Tame Impala tentent à nouveau de convaincre les friands de rock psychédélique de la légitimé de leur démarche en publiant un nouveau disque (1000 Days) et ce, à peine quelques mois suivant leur dernier effort. Avons-nous ici affaire à de jeunes prodiges frappés d’un trop-plein d’inspiration ou faisons-nous face à un groupe qui se cherche désespérément une patrie musicale ?

Sur ce 1000 Days, on en vient rapidement au même constat que sur Golem: ça tire un peu de tout bord tout côté sans toutefois ne jamais réaliser de coup franc. En fait, les principaux problèmes recensés chez Wand sont structurelles et identitaires. Bien que le groupe nous propose un son s’inspirant d’un éventail d’influences des plus vénérables, allant de la sensibilité des Kinks de l’époque de Lola Versus Powerman And the Moneygoround, Part One (1000 Days), des guitares sludge nous rappelant Floor ou Torche (Dungeon Dropper) aux ambiances psychotiques de Comets On Fire au sommet de leur art (Sleepy Dog), force est d’admettre qu’il s’avère cependant bien difficile de cerner précisément l’identité du groupe.

À cela, dans le jargon des initiés, on dira par ailleurs que cet album «se videra» fort probablement assez rapidement de son contenu. Dommage. Toutefois, il serait erroné de commettre l’ignominie d’en venir à un constat qui, au final, serait entièrement négatif. Wand a tout de même le mérite de nous proposer, avec sa musique, un univers éclaté pouvant très certainement faire rêver les amateurs de jeux fantastiques et de littérature médiévale (il y a quelque chose de très Donjons et Dragons qui émane de l’aura du groupe).

D’autre part, on continue à espérer que, dans le futur, les membres de Wand trouveront une façon de concentrer leur attention sur la composition de chansons s’inspirant davantage d’expériences probantes à l’image de, par exemple, la très réussie Melted Rope (se retrouvant sur Golem). On ne perd pas espoir, car sur 1000 Days, ce filon stylistique est heureusement effleuré à nouveau sur la plus contemplative Morning Rainbow. C’est par contre trop peu, trop tard.

Voilà donc où nous en sommes. À l’image d’un chien surexcité qui retrouve son maître absent depuis plusieurs semaines, on a l’impression que Wand ne sait pas trop comment canaliser son excédent d’énergie. Produire deux albums la même année peut s’avérer être un exercice périlleux et il aurait probablement été plus sage de prendre un certain recul avant de se commettre à nouveau. Quelle est donc la conséquence à tout cela ? Le sortilège «charme» n’opère que partiellement; malheureusement.

Ma note: 6,5/10

Wand
1000 Days
Drag City
33 minutes

http://wandband.info/

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