The Avalanches – Wildflower - Le Canal Auditif

The Avalanches – Wildflower

The AvalanchesUne sortie historique comme celle du deuxième album des DJ australiens, The Avalanches, ça n’arrive pas souvent. Ça peut donner des réussites proches du chef-d’œuvre, quand les artistes invités nous en parlent du moins… Depuis environ 11 ans que Wildflower est en production. Ce n’est que le deuxième album des mixeurs «aussies», c’est assez pour attiser la curiosité et les attentes démesurées. Surtout pour ceux qui louangent encore, comme moi, Since I Left You (2000). À la fin de cette attente interminable se trouve un marathon de 21 chansons.

Qu’est-ce que j’en ai pensé? Je me sens soulagé pour tout dire, parce que le premier single sortit, la carnavalesque Frankie Sinatra, ne m’avait vraiment pas convaincu. Pourtant ce premier extrait accueille des MC invités de taille, Danny Brown et MF DOOM, mais la pièce ne lève juste pas. On est en attente de se faire emporter dans une folie musicale comme Frontier Psychiatrist, mais ça n’arrive jamais vraiment, que ce soit pour le beat ou les bars des MC. Le deuxième single était beaucoup plus prometteur. Flirtant avec le disco des Bee Gees, Subways s’écoute en boucle de manière naturelle. Ces deux simples représentent bien l’ADN de Wildflower: on oscille entre des tracks de hip-hop «old school» déjantées, mais inégales, et de la pop mélangée à du disco, de la house, du psychédélique et un peu d’émerveillement enfantin.

Dans sa structure complète, l’album poursuit exactement où avait terminé son prédécesseur. Les pistes ont chacune leur titre et leur durée, mais elles s’enchaînent en un seul mix, la fin de l’une commençant l’autre. J’aime me dire que The Avalanches fait un seul long «DJ set» interrompu depuis 16 ans, comme si des assistants leur ajoutaient au fur et à mesure de nouveaux vinyles dans leurs bacs. Un album devient une occasion de revenir écouter, la plus longue prestation de DJ de l’histoire. Si c’était vrai, The Avalanches battrait à plate couture les champions en titre!

À part les deux extraits, à quoi ressemble «le set» des Avalanches en 2016? Parfois on se croit dans une comédie musicale (Harmony) ou dans un cartoon (The Noisy Eater). Les moments psychédéliques sont particulièrement réussis (If I Was A Folkstar, Colours et Park Music). Mention spéciale à Wozard Of Iz qui n’est pas un jeu de mots impressionnant, mais la pièce offre à Danny Brown une occasion de se reprendre. Le rythme où s’harmonisent des voix mélodieuses, des percussions tribales et de la guitare acoustique met étonnamment en valeur le rappeur de Détroit.

Malgré quelques points négatifs, notamment la presque agressante Kaleidoscope Lovers, The Avalanches nous offre une galette d’une qualité indéniable. Comme son prédécesseur, le sourire nous colle au visage dès les premières notes. Rapidement notre pas devient sautillant et les problèmes s’envolent. Sans s’en rendre compte, on arrive à la fin des 21 chansons. Et après? Ben, on les réécoute pour une cinquième fois en 2 jours.

Ma note: 8/10

The Avalanches
Wildflower
XL Recordings
64 minutes

http://www.theavalanches.com/

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