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Le Festif! de Baie St-Paul 2017: Jour 1

Cette année, je suis en relève du vétéran et sage Stéphane Deslauriers pour couvrir Le Festif! de Baie St-Paul. Depuis des années, l’entente était que je m’occupais du FME et Stéphane du Festif. Mais cette année, trop occupé, Stéphane a dû déclarer forfait. Me voilà donc sur la route pour Baie St-Paul, le vent dans les cheveux et le sourire dans la face. Cette première soirée s’annonçait parfaite pour se brasser les foufounes, car le « gros show » mettait en vedette Valaire et Caravan Palace.

Soirée dansante

Miss Sassoeur et les Sassys ont débuté les hostilités (après Émile Gruff que j’ai malheureusement manqué). Le quatuor à voix a remporté l’édition 2017 du Cabaret Le Festif! Cela leur donnait droit à deux prestations dans le cadre du festival. Cette première était plutôt courte, d’environ 25 minutes devant une foule éparse qui arrivait tranquillement pour le spectacle en soirée. Cela n’a pas empêché le groupe de nous livrer les pièces qui les ont fait remarquer un peu partout où ils sont passés, dont La Rengaine. Un spectacle court, mais efficace pour la bande qui se spécialise dans les harmonies vocales.

L’entrée de Valaire a été retardée par un orage qui avait décidé de souffler comme le diable sur Baie St-Paul. On attend une dizaine de minutes en se réfugiant sous les tentes autour de nous. Ça prend pas mal plus que dame nature pour empêcher Valaire de donner son show. Le groupe entre sur scène rayonnant et entame Oobopopop. Rapidement, la foule est happée par les cuivres chauds et les rythmes contagieux du groupe. Avec eux, le groupe a amené Fredy V., chanteur à la voix soul bien dégourdie. Valaire nous enchaîne Apate Palace et quelques autres pièces des plus récents albums avant de plonger dans l’époque Golden Bombay avec Gumshoe et même Ave Mucho (qu’ils auraient pu jouer avec Bran Van si ceux-ci n’avaient pas décommandé leur présence au festival). Karim Ouellet vient aussi faire son tour sur quelques chansons avant que le groupe fasse apparaître un énorme bonhomme vert comme on croise sur le bord des autoroutes parfois. Dans ce genre.

Automatiquement, les membres du groupe se mettent à jouer pour lui et à vénérer l’idole en tissus… ce n’est pas sans rappeler un certain Eddie d’un certain groupe de jeunes fous Anglais nommé Iron Maiden. Le groupe a continué son feu roulant de chansons qui donne envie de se shaker le popotin pour entamer un collage de Mr Saxobeat et Crazy In Love… N’en prenait pas plus pour achever la foule déjà suintante et souriante.

On se dit qu’on aurait enfin droit à une pause… mais non, du haut des marches attenantes à la scène apparaît Loco Locass qui nous rappe trois tounes dans des conditions pas idéales. Le trio assure et démontre qu’ils sont parfaits ainsi dans la lumière orangée, à la pénombre à nous envoyer des vers poétique et engagé.

Jay Kearney / Le Festif!

Pas facile passer après Valaire

Le groupe français Caravan Palace qui fait dans le rétro futuriste et l’électro-swing. Gonflés à bloc, ils sont débarqués sur scène décidée à faire danser la foule de Baie St-Paul. Objectif atteint à voir les gens sauter et danser sur les chansons de L’îcone principalement. Le groupe a aussi offert quelques chansons de Panic et leur album homonyme. La chanteuse Zoé Colotis anime la scène habilement avec sa présence dynamique et charmeuse. Ça marchait résolument pour la foule qui répondait à chacun de ses appels à sauter plus haut.

Malgré toute leur bonne volonté, le groupe n’avait pas la même puissance que Valaire avant eux, autant au niveau de l’énergie, du déroulement de spectacle que du son. Ce dernier était couci-couça et il fallait être au milieu pour bien entendre les instruments à vent et les cuivres. D’ailleurs, ceux-ci étaient plus absents que ce à quoi je m’attendais. Caravan Palace prend le pari de faire danser la foule pendant ses spectacles, ce qui en soi n’est pas une mauvaise idée. Par contre, ils le font en donnant beaucoup de place à l’élément électro de leur musique et ça a une fâcheuse tendance à tomber dans l’EDM. À un moment, on se sentait plus à Ibiza qu’à Baie St-Paul. C’est un peu dommage parce que leurs trames sont généralement si riches. Mais bon, ils ne font pas un mauvais spectacle pour autant et la foule a dansé avec énergie des premières aux dernières notes.

Une fin de soirée à l’église

La suite de ma soirée se passe très rapidement. Tout d’abord avec Weaves qui commence avec une demi-heure de retard au sous-sol de l’église… ce qui fait que je manque aussi des chansons d’Antoine Corriveau qui commence une demi-heure plus tard. Misère. La bande de Jasmyn Burke nous livre les chansons de leur premier album en nomination sur la courte liste du prix Polaris avec fouge et plaisir. C’est bruyant, c’est mélodieux et c’est totalement convaincant. On aime Weaves et ils nous le rendent bien.

Caroline Perron / Le Festif!

Je quitte la salle pour me rendre dans une chapelle où Antoine Corriveau se fait aller les cordes, vocales et de guitare. En format quatuor avec ses complices habituels : Marc-André Landry, Marianne Houle et Stéphane Bergeron. C’est vraiment très beau. Corriveau est dans un endroit dont la grandeur rend encore plus imposante ses chansons. Le Nouveau vocabulaire rentre dans la patate tout comme Tu es comme la nuit. Il livre Parfaite avec intensité dans un éclairage orangé alors que la chapelle est plongée dans la noirceur. Le résultat donne des frissons, Corriveau semble possédé et nous invite à une messe noire où les sentiments humains ne seront pas laissés de côté. Il finit en nous expliquant qu’il fait maintenant de la performance. Armé d’un micro sans fil et explorant un peu la liberté des humoristes qui peuvent se promener allègrement devant le public, il se dirige vers le fond de la salle. Soudainement, il est transporté au balcon et rejoint Landry et Houle installé à l’orgue pour une interprétation surréelle de Les hydravions de trop. Magnifique.

Caroline Perron / Le Festif!

Doux Jésus!

Je reviens au Sous-sol de l’église où j’avais laissé Weaves et une foule dans le plaisir. Je reviens et le bordel est pris. Chocolat est maintenant aux commandes et Jimmy Hunt est accroché par un Jésus immense qu’il est train de zigner… Oui Jimmy Hunt est en train de se frotter de manière pas polie sur un ti-Jésus sur sa croix. Le pauvre ne s’en remettra pas, il est maintenant décollé à moitié de sa croix et semble trouver la soirée plus dur que les fous de Chocolat qui continuent d’expédier leur rock efficace. C’était un vrai show rock, comme il s’en fait peu. Ysaël Pépin a un gros sourire dans le visage quand il prend les moniteurs et feint de les lancer dans le public. Tout ça avant de faire la communion avec plusieurs spectateurs montés sur scène. Il leur verse de la bière d’un pichet dans le gosier. Surréel. Le groupe ne finit plus de finir et rajoute toujours une chanson au grand désarroi des techniciens qui avaient l’air de vouloir travailler plus pour Céline Dion que Le Festif! Les gars, tout pour le rock. C’est ça la maxime! Chocolat est sorti de scène sous les applaudissements généreux de la salle complètement subjuguée par la force de frappe du groupe de bums.

http://lefestif.ca/

La courte liste du Polaris 2017 : Ce que j’en pense

Bon, on va mettre carte sur table… je suis l’un des jurés (un des 200!) du prix Polaris. J’ai donc eu mon mot à dire dans la composition de la courte liste de l’année. Si vous êtes surpris de l’absence d’album francophone dans la liste, de mon côté, je n’ai même pas sourcillé. Il faut remonter à 2011 pour la dernière nomination francophone pour l’excellent Tigre et diésel de Galaxie. Mais que se passe-t-il?

À qui la faute?

On va s’entendre tout de suite sur une chose, je ne crois pas qu’en majorité les artistes canadiens font du meilleur art que les Québécois. Si vous essayez de me faire croire que The Fate of the World Depends on this Kiss de Whitehorse était meilleur que TOUS les albums québécois en 2013, je vais vous dire qu’un petit traitement au Cerumol serait justifié.

Ce n’est certainement pas la faute de Steve Jordan et son équipe qui tente de motiver le vote francophone de tous les moyens possibles. Après, faut bien que les jurés fassent ce qu’on leur demande : voter à temps! Quand même qu’on dirait qu’un ou deux votes changeraient la donne, ça reste trop mince pour être l’une des réelles raisons pour l’exclusion systématique des albums francophones de la courte liste.

L’une des raisons est certainement le manque de cohésion parmi le vote francophone. Mais bon, la seule solution viable à cela est de voter en bloc en mettant de côté nos opinions. Ce n’est ni démocratique ni juste si vous me demandez mon avis. N’en déplaise aux bonzes du Parti Québécois. J’aime la liberté que chaque juré possède de nommer les albums qu’il considère comme les plus méritants.

Mais voilà… on arrive au cœur du problème. Cette éternelle incompréhension entre les Anglos et les Francos du pays. On va se le dire, le journaliste de Calgary n’en a rien à battre de Fred Fortin. On ne parlera même pas de la secte Drake à Toronto. Et que dire de The Weeknd qui à part nous parler de coke et de sa haine pour la femme, fait de la musique commerciale correcte sans plus. Pourtant, tous deux se retrouvent sur la longue liste à chaque occasion qui se présente. Un peu comme si l’on votait pour Sally Folk.

Les artistes québécois sont en situation minoritaire et ne profitent pas de la même sympathie que les artistes amérindiens. N’allez pas croire que je revendique la même chose, ce sont deux situations bien différentes et loin de moi l’idée d’amenuiser les victoires précieuses que des groupes comme A Tribe Called Red, Tanya Tagaq ou encore Buffy Ste-Marie ont fait dans les dernières années. Leurs voix sont pertinentes et nécessaires.

S’il y a un problème, il doit y avoir une solution

La solution existe. Et ce n’est vraiment pas Justin Trudeau. On va se le dire. La solution est de mieux communiquer ensemble. Et de mieux communiquer avec les enclaves francophones à travers le pays. De plus en plus des concours comme Les Francouvertes et des événements comme Le Coup de Cœur Francophone font leur possible pour faciliter les échanges. C’est aussi notre travail en tant que journalistes (et mélomanes) de partager notre passion pour certains albums francophones. Mais ça reste que la barrière de la langue tiendra toujours et si le Torontois moyen est incapable de comprendre les paroles d’Antoine Corriveau, il ne sera certainement pas capable d’en saisir la poésie et la beauté qui s’y cache. On va s’entendre, même certains « Québécois de souche » n’y voient pas la lumière à travers les atmosphères sombres. Le Canada restera toujours un pays bilingue en théorie, mais unilingue en pratique.

Plutôt que l’indignation ou le repli sur soi, allez donc jaser avec un canadien-anglais de musique franco. Présentez-lui Klô Pelgag, Alaclair Ensemble, Gab Paquet ou encore Chocolat! Va falloir se jaser, c’est pas mal la seule façon de partager notre passion. Et ce n’est pas bon seulement pour les journalistes, mais pour tous les mélomanes. Notre culture, elle est belle et riche, faut la vanter.

La courte liste, pas si vilaine finalement

Finalement, quand on enlève le fait franco de la courte liste, elle n’est pas si vilaine. Entre l’incroyable album d’A Tribe Called Red, le puissant Retribution de Tanya Tagaq et le jazz de Badbadnotgood, on peut se contenter. Les Québécois sont bien représentés quand même. On retrouve Leif Vollebekk qui a offert le sublime Twin Solitude, Lisa Leblanc (Acadienne, mais c’est tout comme) et son album anglo et feu Leonard Cohen avec You Want It Darker. D’ailleurs la courte liste 2017 est riche en émotion avec la nomination de Gord Downie et son album Secret Path.

Voici donc la liste complète:

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Badbadnotgood – IV
Feist – Pleasure
Gord Downie – Secret Path
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Leonard Cohen – You Want It Darker
Lido Pimienta – La Papessa
Lisa Leblanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
Tanya Tagaq – Retribution
Weaves – Weaves

Et vous votre choix?

La longue liste du prix Polaris 2017

Voilà, c’est fait, on sait maintenant qui sont en nominations dans la longue liste du prix Polaris. On dénote qu’on retrouve 7 albums francophones en nomination : Alaclair Ensemble, Philippe B, Chocolat, Antoine Corriveau, Le Couleur, Klô Plegag et Peter Peter. S’ajoutent à cela d’autres Québécois qui chantent dans la langue de Shakespeare : Leif Vollebekk, feu Leonard Cohen, Geoffroy et Lisa Leblanc (qui habite à Montréal depuis quelques années même si elle est acadienne). Et finalement, Marie Davidson qui trempe dans les deux langues, mais fait surtout de la musique instrumentale électronique très intéressante.

Pour la suite des choses, le 13 juillet prochain sera annoncée la courte liste. Puis, le 18 septembre prochain aura lieu le gala à Toronto. Voici la liste complète des sélectionnées :

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs
Anciients – Voice of the Void
Arkells – Morning Report
Philippe B – La grande nuit vidéo
BADBADNOTGOOD – IV
Louise Burns – Young Mopes
Chocolat – Rencontrer Looloo
Clairmont The Second – Quest For Milk and Honey
Leonard Cohen – You Want It Darker
Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Le Couleur – P.O.P.
Marie Davidson – Adieux Au Dancefloor
Mac Demarco – This Old Dog
Gord Downie – Secret Path
Drake – More Life
Feist – Pleasure
Figure Walking – The Big Other
Fiver – Audible Songs From Rockwood
Geoffroy – Coastline
Hannah Georgas – For Evelyn
Japandroids – Near To The Wild Heart Of Life
Carly Rae Jepsen – E.MO.TION Side B
B.A. Johnston – Gremlins III
Lisa LeBlanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
The New Pornographers – Whiteout Conditions
Klô Pelgag – L’Étoile thoracique
Peter Peter – Noir Éden
Lido Pimienta – La Papessa
Jessie Reyez – Kiddo
Daniel Romano – Modern Pressure
The Sadies – Northern Passages
John K. Samson – Winter Wheat
Tanya Tagaq – Retribution
The Tragically Hip – Man Machine Poem
TUNS – TUNS
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Weaves – Weaves
The Weeknd – Starboy
Charlotte Day Wilson – CDW

http://polarismusicprize.ca/fr/

La programmation du Festif! 2017

Comme à chaque année, le Festif! accueillera les festivaliers vers la fin juillet, du 20 au 23 pour être plus précis. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec celui-ci, le Festif! est un événement qui met de l’avant la musique émergente et indépendante, un peu à la manière du FMEAT, en mélangeant les artistes établis à ceux qui sont plus verts. Cette année, la programmation est encore une fois de calibre. À 50 minutes de Québec, le festival a lieu dans la ville de Baie St-Paul, petit joyau de Charlevoix.

Quelques noms établis valent le détour cette année, dont une soirée où Bernard Adamus, Lisa Leblanc et Daniel Bélanger s’enchaînent. Tout cela se passera en extérieur sur la scène Desjardins qui accueillera aussi Caravan Palace, Xavier Rudd, Plants and Animals, Valaire, Laura Sauvage ainsi que les deux gagnants des Cabarets Festifs! de la relève : Miss Sassoeur & les Sassys et Émile Gruff. Parmi les autres artistes établis qui fouleront le sol de Baie St-Paul, on compte Martha Wainwright, Louis-Jean Cormier en solo, Xavier Caféïne qui fête les 10 ans de Gisèle et Groovy Aardvark.

Certains artistes qui viennent de lancer ou qui lanceront prochainement un album seront de la partie. Leif Vollebekk, Timber Timbre, Beyries et Peter Peter amèneront leurs nouvelles ritournelles sur la route de Charlevoix. Philippe B est de ceux qui lanceront un album peu de temps avant l’événement estival. Quelques valeurs sûres feront plaisir aux mélomanes : la voix grave d’Antoine Corriveau, la pop déjantée et orchestrale de Klô Pelgag, la disco intoxicante de Le Couleur, les rockeurs de Chocolat, les capables des Dales Hawerchuck, le sympathique Karim Ouellet et les lourds de chez Voïvod.

Le hip-hop ne sera pas en reste, les minces peuvent se réjouir. Alaclair Ensemble, Rednext Level et KNLO seront tous de la fête cette année. On y ajoute les vétérans de Loco Locass et le retour-surprise de Bran Van 3000. Dans le volet étonnant, notons la présence de l’excellente formation torontoise Weaves et Yonatan Gat avec qui ça devrait déménager. Finalement, la relève obtient aussi sa part du gâteau. Le trio Paupière, Sarah Toussaint-Léveillée, Tintamarre, Chassepareil, De La Reine, Bad Dylan, Renard Blanc et Les Viandes Froides seront sur place.

Une édition 2017 assez affriolante pour le Festif! On s’y voit du 20 au 23 juillet prochain!

http://lefestif.ca/

Weaves – Weaves

WeavesLa formation torontoise Weaves avait fait des vagues à la sortie de leur EP homonyme en 2014. Nous en avions d’ailleurs parlé ici au Canal Auditif et l’album s’était retrouvé dans les meilleurs maxis de l’année. Il va sans dire que nous attendions la sortie du premier album du groupe avec une impatience juvénile. Jasmin Burke, Morgan Waters, Spencer Cole et Zach Bines n’ont pas cherché à faire paraître un album en toute hâte. Ils ont pris le temps nécessaire à confectionner les onze pièces qui forment leur première longue aventure.

Le résultat est tout à fait satisfaisant. On y retrouve tout ce qui rend Weaves savoureux et juteux. C’est un rock indépendant ludique et léger tapissé de mélodies pop qui nous est envoyé avec une ferme assurance. On retrouve exactement ce à quoi l’on s’attendait. Des rythmes entraînants et colorés, des trames riches et légèrement marginales ainsi qu’une énergie bonbon débordante.

Tick qui ouvre le chemin le fait tout en douceur. Le quatuor nous amène tranquillement dans leur univers sonore riche. Les guitares sont stridentes, mais jouées de façon veloutée. Burke fait ce qu’elle sait faire de mieux: des airs accrocheurs chantés avec un débit rapide sans être essoufflants. La justement nommée Candy laisse exploser toute la folie ludique du son du groupe. C’est facile de tomber en amour avec la formation torontoise à ce moment-là. C’est riche, c’est nerveux, mais jamais agressant. Dans la même veine, Coo Coo est aussi colorée qu’un après-midi ensoleillé de juillet.

La formation ne fait pas que dans les rythmes effrénés. Elle sait se faire plus ronde et chaleureuse. Shithole est plus calme, mais toujours aussi plaisante pour les tympans. Sentence est un autre bon exemple de moment où le groupe se fait plus réservé. Avec son petit rythme de «drum machine» hachuré et ses guitares stridentes gardées en laisse, elle montre une belle facette de la formation.

Weaves est un album bien calibré qui mérite de se rendre jusqu’à vos oreilles si vous aimez le rock un peu plus marginal. La formation torontoise brosse des tableaux colorés avec ses instruments et réussis toujours à s’incruster dans le cerveau avec ses mélodies intoxicantes.

Ma note: 7,5/10

Weaves
Weaves
Buzz Records
39 minutes

http://weavesband.com/