Brad Barr Archives - Le Canal Auditif

Concours : The Barr Brothers au MTELUS le 24 novembre 2017

The Barr Brothers viennent tout juste de faire paraître Queens of the Breakers qui a été chaudement accueilli par la critique et les fans du groupe. Et vous? Que vous soyez convaincu ou non, le groupe donne toujours des prestations chaleureuses et envoutantes. Evenko et le Canal Auditif vous offrent la chance de gagner une paire de billets pour le concert du 24 novembre prochain au MTELUS. Pour participer, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante :

Quel est le nom de la seule membre féminine du groupe?

Indice

Le concours en vigueur jusqu’au 20 novembre 2017 à midi. Le tirage aura lieu avant 17 h et le gagnant sera contacté par courriel.

Ce concours est maintenant terminé. Merci d’avoir participé!

Pour plus d’infos sur le spectacle, c’est par ici.

Critique : The Barr Brothers – Queens of the Breakers

The Barr Brothers jouit d’une bonne réputation, et ce, depuis leur album homonyme paru en 2011. Le trio de Brad et Andrew Barr complété par Sarah Pagé à la harpe, avait fait paraître un Sleeping Operator bien réussi en 2014. Depuis, plusieurs choses se sont passées : les frères Barr ont notamment joué sur l’excellent Ultramarr de Fred Fortin alors que Sarah Pagé a fait paraître Dose Curves en septembre dernier.

La formation arrive avec un Queens of the Breakers surprenant. On peut dire que c’est sans doute leur meilleur en carrière. Le principal point faible des deux sorties précédentes était le manque de vagues dans l’ensemble. Les pièces avaient un ton toujours assez doux qui manquait de moments d’excitations, lorsque collé les unes aux autres. Sur Queens of the Breakers, les vagues sont présentes tout comme de l’instrumentation de grande qualité, des mélodies poignantes, des moments musicaux magnifiques et une audace qui va bien au trio.

You Would Have to Lose Your Mind a été le premier simple que The Barr Brothers a fait paraître. En soi, c’est déjà un geste assez osé. La chanson est pleine d’une harpe aussi belle que répétitive qui nous pousse vers la transe. La guitare possède un son blues juste assez crotté pour faire plaisir, Brad chante une mélodie poignante avec une justesse qui frappe direct dans le mile. La formation invite aussi Lucius, un groupe de Brooklyn, à les rejoindre sur la superbe Defibrilation qui ouvre Queen of the Breakers. Les voix s’alternent et se complètent avec un naturel désarmant. La montée est aussi progressive que bien dessinée avant que le duo de Jess Wolfe et Holly Laessig nous percute avec la beauté dont elles seules sont les maîtresses et les gardiennes.

Les petites douceurs qui ont fait la réputation des Barr Brothers ne sont certainement pas non plus évacuées au complet. Song That I Heard câline les oreilles avec gentillesse et nuance. Mais ce n’est pas ce qui frappe sur Queens of the Breakers. Le trio nous surprend avec une chanson-titre rythmée, enjouée qui fait un peu penser à du R.E.M et autres grands de la chanson américaine. Tout ça en gardant entièrement leur personnalité. On doit lever notre chapeau. Tout ça avant que le gros blues crasse de It Came to Me fasse taper du pied avec entrain. On est aussi surpris par la direction que prend Kompromat et encore une fois, sa mélodie hyper efficace.

C’est un Queens of the Breakers totalement réussit pour The Barr Brothers. Le trio se réinvente sans gêne et les compositions qui en ressortent sont certaines de leurs plus réussies à date. Nous savions déjà que la bande était bourrée de talent, on constate maintenant qu’ils savent l’utiliser avec audace et intelligence. Ce n’est pas anodin de s’aventurer hors des sillons qu’on a déjà creusés derrière soi. Et le trio a osé.

Ma note: 8/10

The Barr Brothers
Queens of the Breakers
Secret City
51 minutes

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Critique : Sunfields – Mono Mono

Même si l’été semble nous avoir désertés, il reste encore de belles balades à faire pour admirer les couleurs de l’automne ou faire la tournée des vignobles. Ça tombe bien, puisque Sunfields vient de nous offrir l’album idéal pour accompagner nos virées en char. Avec Mono Mono, le groupe montréalais signe un disque riche et honnête, aux couleurs americana, malgré la référence un peu trop appuyée à Wilco.

Il s’agit d’un troisième album depuis 2010 pour la bande menée par le chanteur et guitariste Jason Kent (The Dears, Kandle & The Krooks). Le premier, Palace in the Sun, était marqué par des couleurs psychédéliques, alors que le second, Habitat, lancé en 2014, assumait davantage son versant folk-rock. En entrevue avec le journal The Gazette à l’époque, Kent avait comparé ce virage à une sorte de retour en arrière, un peu comme si les Beatles passaient de « Sgt. Pepper à Rubber Soul ».

Cette fois, Sunfields assume entièrement son côté rétro-folk-country-rock et ne se gêne pas pour clamer haut et fort ses influences : Wilco, Tom Petty, Neil Young et The Byrds. Des noms auxquels on pourrait en ajouter bien d’autres, comme les Beatles ou The Eagles… Ça pourrait agacer et donner l’impression d’un simple pot-pourri du grand catalogue de la chanson anglo-américaine, mais les pièces de Mono Mono sont bien construites et l’album témoigne d’une belle cohérence qui lui confère une personnalité propre qui va au-delà de ses sources d’inspiration…

Ça commence très fort avec Wheel In You, qui rappelle le Wilco de l’époque Being There avec un riff solide et un refrain diablement efficace qui reste dans la tête longtemps. C’est sans doute la plus rock de l’ensemble, suivie de près par Dead End Woman, une autre pièce costaude à laquelle Brad Barr prête sa voix.

L’influence de Wilco se fait également sentir dans les ballades, dont la très jolie Half Words, qui évoque même la poésie de Jeff Tweedy et sa capacité de dépeindre la solitude de manière à la fois ironique et touchante : « I’ve been thinking about you/I’ve been drinking without you/’Cause I miss you ». D’autres titres abordent les thèmes des racines familiales ou la quête de l’amour, en général de façon assez simple, mais avec une petite touche sombre qui leur évite de tomber dans la facilité. Mais Sunfields abuse clairement des allusions au soleil (dans au moins quatre chansons sur onze). On comprend le concept, mais quand même!

Le jeu des références se poursuit sur Everyone You Know, dont les harmonies vocales (une des forces de l’album) rappellent celles des Eagles de la belle époque, tandis que Kid In Me emprunte presque littéralement la ligne de piano électrique de Don’t Let Me Down des Beatles, en lui donnant une tournure plus dramatique. Les amateurs de six-cordes seront aussi bien servis par les textures de guitares, qui se démarquent par leur richesse et leur savant dosage entre sonorités acoustiques et électriques. C’est ce qui fait d’une pièce comme Little Love une des meilleures du lot.

On pourra certes reprocher à Sunfields son côté un peu trop référentiel, mais il est difficile de faire un album simple et honnête, mais pas simpliste ou racoleur. Or, le groupe montréalais y arrive avec brio, sans non plus qu’il soit justifié de crier au chef-d’œuvre. Dommage, quand même, que Mono Mono ne soit pas sorti plus tôt cet été, car j’ai l’impression qu’il aurait accumulé bien du kilométrage…

MA NOTE: 7,5/10

Sunfields
Mono Mono
Exit Sign Music
41 minutes

Site Web

The Barr Brothers – Sleeping Operator

barr5-320x320Les Barr Brothers ont fait jaser d’eux en 2011 et 2012. Après avoir lancé leur premier album sous l’étiquette Secret City, le groupe a joué à Osheaga, tourné un peu partout en Amérique du Nord et a également joué à la prestigieuse émission de fin de soirée américaine de David Letterman. Après s’être promenés pas mal (incluant la naissance de deux enfants), les frères Barr, Sarah Pagé et Andrès Vial sont revenus à Montréal pour enregistrer leur deuxième opus: Sleeping Operator.

The Barr Brothers a bénéficié de tout un buzz médiatique pour leur premier album. Un engouement qui semblait un tantinet exagéré pour un album qui avait certaines bonnes pièces, mais qui manquait de nuances et variations dans le ton. Cette fois-ci le quatuor revient avec un Sleeping Operator franchement plus coloré. Le premier simple paru, Even The Darkness Has Arms, montrait déjà la maturité du groupe. On sent que le folk/americana du quatuor s’est enrichi.

Le groupe conserve toujours ce côté doux sur Sleeping Operator. How The Heroine Dies et England sont de bons exemples alors qu’on retrouve la voix posée de Brad Barr qui nous susurre ses ritournelles. C’est dans les influences blues franchement assumées que la formation se démarque de son dernier opus. Come In The Water nous transporte dans un univers enfumé où les verres de scotch à moitié vide traînent ici et là pendant que sur la scène, quatre musiciens chantent et que tranquillement les couples se forment sentant le «last call» approcher. On retrouve aussi un penchant americana plus accentué avec Half Crazy qui nous rappelle l’excellent Lord I Just Can’t Keep From Cryin’.

De plus, le quatuor envoie quelques mélodies accrocheuses dont Love Ain’t Enough qui entame la galette après une introduction nommée Static Orphans. Ils en remettent avec Wolves. C’est ce qui marque sur Sleeping Operator: cette force mélodique que déploie The Barr Brothers. Il faut dire aussi que la harpe de Sarah Pagé a de quoi impressionner. Celle-ci sait s’ajuster à toutes les situations, sachant toujours bien doser sa présence.

The Barr Brothers peut vraiment dire mission accomplie pour ce deuxième album. La formation a su garder les meilleurs éléments de leur album homonyme et pousser plus loin le travail mélodique. Un album qui mérite que vous y prêtiez une oreille attentive.

Ma note: 7/10

The Barr Brothers
Sleeping Operator
Secret City Records
61 minutes

thebarrbrothers.com/