Rone - Creatures - Le Canal Auditif

Rone – Creatures

RoneRone est le projet solo du compositeur et producteur français Erwan Castex, spécialisé dans les ambiances électroniques planantes montées sur des rythmes techno et dance. Vous l’avez peut-être entendu dès ses débuts avec son premier album Spanish Breakfast paru en 2009, qui rendait justice aux sons tout chauds de la synthèse soustractive; ou avec Tohu Bohu (2012), sorte de trame sonore de film d’animation d’inspiration japonaise. Castex nous revient avec un troisième album, Creatures, et les talents de plusieurs collaborateurs, qui viennent tour à tour colorer l’identité sonore autrefois discrète de Rone.

Rone se dirige dans une direction plus dramatique, spécialement avec (OO), pièce instrumentale progressive qui met en place un bel éventail de sons synthétiques. Acid Reflux sort des ruelles pluvieuses de Blade Runner, et est emportée par la performance de Toshinori Kondo à la trompette. Elle détone sur le coup avec la voix chantée à la française, accompagnée par la guitare de Bryce Dessner (The National). Sing Song, quant à elle, se déploie rythmiquement façon Glitch Mob et atteint un sommet mélodique à mi-chemin.

Memory fait immédiatement taper du pied avec sa signature trip hop; la progression mélodique des synthétiseurs est tout simplement sublime. Sir Orfeo flotte dans les nuages avec la voix angélique de Sea Oleena. Ouija reprend la forme rythme lourd et sons synthétiques en arpège comme dans Sing Song; le montage est ingénieux, mais c’est surchargé par moments. Roads est d’un calme, et passe comme un interlude.

Calice penche vers la balade acoustique avec la participation de Bachar Mar-Khalifé. Freaks surprend par le contraste entre le violoncelle de Gaspar Claus et le «synth» interprété comme une Wendy Carlos enragée. Quitter la ville est guidée par la voix de François Marry (François And The Atlas Mountains), et rappelle le thème mélodique d’Acid Reflux, c’est très joli. Vif conclut l’album de façon plutôt post-rock.

Creatures est résolument plus élaboré que ses deux prédécesseurs, autant dans les arrangements que dans le développement des thèmes. Le seul bémol est que parfois, l’aspect dramatique semble être étiré un peu plus que nécessaire; on a l’impression qu’il manque une scène de film ou une performance scénique pour rendre justice à l’idée. N’empêche, Rone est un excellent représentant de l’électro à la française, avec toute la sensibilité et la fragilité que l’on puisse souhaiter. C’est pour ça qu’on aime Creatures.

Ma note: 7,5/10

Rone
Creatures
Infiné
50 minutes

http://rone-music.com

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