Pink Floyd - The Endless River - Le Canal Auditif

Pink Floyd – The Endless River

photo-pink-floyd-devoile-la-pochette-de-the-endless-river-dans-les-bacs-le-10-novembre-542140d257096Le dernier album du groupe mythique Pink Floyd date de 1994. Réellement, le dernier opus marquant de la formation (et ce n’est certainement pas pour gonfler plus l’ego de Roger Waters qui ressemble déjà à un dirigeable) est The Wall paru en 1979. Les deux albums parus après le départ de Waters sont édulcorés bien qu’écoutables. Lorsque le duo Gilmour/Mason a annoncé qu’il lancerait un dernier album à l’aide des derniers enregistrements incluant Richard Wright, lors des sessions pour The Division Bell, le scepticisme était de mise.

Et pourtant… le chant du signe de Pink Floyd n’est pas aussi indigeste qu’on aurait pu le croire. Il faut prendre The Endless River pour ce qu’il est. C’est un au revoir à un ami, et la possibilité pour les membres toujours vivants de créer une dernière fois avec leur comparse décédé. Ça aurait pu être hyper sentimental, surproduit et totalement kitsch, mais le duo anglais a préféré laisser ça à U2!

The Endless River est un album presque entièrement instrumental. On retrouve Pink Floyd là où le groupe avait laissé en 1994. Bien que les membres se permettent tout de même plus de liberté, musicalement on se rend compte que le meilleur de la formation est définitivement derrière elle… ce qui n’empêchera pas le nostalgique de sourire à l’écoute de It’s What We Do en entendant la légendaire guitare de Gilmour aisément identifiable.

L’album se décline en quatre parties subdivisées en longues plages; la troisième partie est sans aucun doute la plus intéressante. On entreprend un voyage qui commence sur les claviers éthérés de The Lost Art Of Conversation pour terminer sur une trame soft-rock à laquelle est ajouté un échantillonnage de Stephen Hawking sur Talkin’ Hawkin’. L’une des rares pièces à contenir des paroles. Le simple Louder Than Words clôt la marche, ramenant à l’avant-plan les chœurs typiques des dernières années de la formation.

En somme, on est loin du fiasco. Par contre, à part peut-être pour faire plaisir momentanément aux fans, The Endless River ne passera pas à l’histoire. Ces mêmes adeptes retourneront se bercer sur les classiques de la formation qui, encore aujourd’hui, résonnent avec pertinence. Le texte de Money (paru sur Dark Side Of The Moon) n’est certainement pas désuet quarante ans plus tard, pas plus que le temps n’a cessé de s’écouler. Cette fin de parcours pour la formation anglaise a été créée d’abord et avant tout pour Gilmour et Mason qui sentaient le besoin de dire au revoir autant au public qu’à Wright. Après une œuvre colossale comme la leur, ils ont bien gagné ce privilège.

Ma note: 5,5/10

Pink Floyd
The Endless River
Columbia / Parlophone
53 minutes

www.pinkfloyd.com/theendlessriver/

Commentaires

  1. Simon a écrit : :

    Depuis sa parution en ’94, je m’endors sur Division Bell… Je sais que ce n’est pas l’album le plus révolutionnaire du groupe mais il a un quelque chose de profondément touchant lorsqu’on s’y attarde et je m’y suis tellement attardé que je m’y suis grandement attaché même identifié.

    Je suis d’accord pour dire qu’avec The Endless River, ils reprennent un peu là où ils ont laissé ving ans plus tôt. Le fameux Talkin’ Hawkin’ se veut une suite de Keep Talkin’ (qui sont dans la même tonalité d’ailleurs) et on peu trouver par-ci par-là les mêmes sons utilisés il y a vingt ans (Sum = « mash-up » de Take it Back et Empty Spaces). Cela dit, ils sont allés beaucoup plus loin autant devant (utilisation du E-Bow, Autumn ’68: Wright n’était jamais allé jusque là!) que derrière et il ne faut pas sous-estimer l’album et le laisser tomber après deux écoutes, car avec le temps on y découvre des échos de Shine On You Crazy Diamond (It’s What We Do -La première partie de l’album-), le rhode de Sheep (Ebb And Flow), Anisina (Us And Them, Marooned), Allons-Y (riff à la The Wall)… Et ce n’est probablement qu’une infime partie que je relève ici.

    Plusieurs morceaux sont dignes de mention et donnent envie de les réentendre plusieurs fois quasiment de suite tellement ils sont, à mon avis, tristement trop courts. C’est surement du à l’idée de faire un collage des tracks utilisables et utilisées de Wright. Pour moi, la plus grosse déception réside dans le fait que LA seule chanson avec parole de l’album ne soit pas aussi mémorable que le reste de l’opus.

    Non, l’époque Gilmour n’est pas aussi glorieuse et épique que celle de Meedle à The Wall, mais la qualité demeure au rendez-vous. En tant que hardcore fan moi-même, je pense qu’il ne faut pas être inutilement dur envers cet hommage bien senti et un au revoir qui somme toute est d’une très grande beauté. Plus je l’écoute, plus je me laisse toucher! Si ça se trouve, Louder Than Words va finir par me rester dans la tête même malgré ses premières paroles qui sonnent maladroites…c’est drôle, on fini presque par l’oublier et se dire: Tiens, ça me fait penser à Hey You mélangé avec Comfortably Numb!

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