Philippe B - Ornithologie, la nuit - Le Canal Auditif

Philippe B – Ornithologie, la nuit

Philipe B«J’ai peur de remonter trop vite des profondeurs/De laisser mon cœur exploser/ De laisser ma peau s’exposer».

C’est dans le doute que s’ouvre le quatrième disque de Philippe B, au titre joliment trouvé d’Ornithologie, la nuit. Sa Complainte du scaphandrier annonce de belles choses. Et un changement. Celui de l’orchestration.

Si Philippe B avait fait de l’emprunt à la musique classique un atout majeur de son troisième disque – le très acclamé Variations Fantômes -, il en tout autre ici. Certes, il existe encore en arrière-scène sonore des idées bien connues des mélomanes – il l’annonce lui-même d’ailleurs dans le livret –, telles que Le sacre du printemps de Stravinsky, ou encore Le concerto pour deux trompettes de Vivaldi, mais l’artiste en limite l’usage sur les quatorze éléments constituant son opus.

Il est bon de comprendre que cet album suit les aventures sentimentales d’un alter ego à l’auteur-compositeur-interprète. Ainsi, nous suivons les étapes de celui qui fera une nouvelle rencontre à la suite d’un échec amoureux. Cet homme trentenaire vivra le désespoir au travers le message d’un Biscuit chinois («Je te crois, moi qui ne crois en rien/Dis-moi qu’il fera beau demain»), le rejet sur la chanson Calorifère («Tu pleures/Tu dis que t’as peur du bonheur/Que les larmes dans tes yeux/Ne sont que ton vieux cœur qui fond»), mais aussi il aura droit à la passion charnelle sur Une nuit de la St-Jean sur le Mont Chauve («Parfaites créatures de nuit/Venues se dévorer/Dans la forêt défendue/Sous une lune mutilée») et au retour du sentiment amoureux, sur Cheveux courts, cheveux longs («Dans chacune de ses saisons/Sous toutes les déclinaisons/Je l’aime de toute façon»).

Philippe B raconte cette histoire si classique d’un amour si commun, et il l’accompagne de notes de piano ou de guitare à peine gratouillée. Quelques clarinette et trombones, de même que les voix d’Audrey-Michèle Simard et d’Amélie Mandeville soufflent à quelques moments dans nos oreilles, mais là s’arrête les ajouts sonores. Il n’y a rien de superflu sur Ornithologie, la nuit. Voilà un disque qui fraie son chemin de nos oreilles à notre cœur, tout simplement.

Ma note : 8/10

Philippe B
Ornithologie, la nuit
Bonsound
38 minutes

www.philippeb.ca

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