Pallbearer - Foundations Of Burden - Le Canal Auditif

Pallbearer – Foundations Of Burden

FOB_LARGEL’excellente formation doom/stoner Pallbearer fait paraître ces jours-ci Foundations Of Burden, magnifique tableau de riffs monolithiques et de mélodies aussi mélancoliques que poignantes. Bref, exactement comme ce que nous avait servi le quatuor de l’Arkansas en 2012 avec Sorrow And Extinction, mais en meilleur.

C’est vrai, on ne s’attendait pas à autre chose du groupe, acclamé par la critique spécialisée à la suite de la parution de son premier album. Même des sources «hip» avaient salué le travail de ces barbus, donc, c’était étonnant en tout point que cette parution.

Pour ce retour sur disque, on peut dire sans se tromper que la bande n’a rien laissé au hasard. Reprendre leur son si distinct, diffus, mais compact, triste, mais puissant, introspectif, mais bruyant, tout en raffinant considérablement la formule, voilà un défi relevé avec brio par les quatre membres. Voici deux raisons principales expliquant ce succès.

Premièrement, la réalisation des ligues majeures, signée Billy Anderson (Eyehategod, Fantomas), donne une profondeur nouvelle à la charpente de Pallbearer. L’équilibre entre les éléments se fait donc ici avec davantage d’harmonie.

Deuxièmement, en intégrant des textures par un recours judicieux (et parcimonieux) aux harmonies vocales, aux claviers et aux transitions à la guitare non électrifiée, le groupe rend sa musique plus digeste en proposant une expérience d’écoute plus variée. Une importante fraîcheur dans le genre.

Bref, autant de petits ajustements qui font avancer Pallbearer d’un pas de géant avec ce deuxième album. Il faut dire que la réception du premier a permis au groupe de se produire avec les plus grands noms de la scène metal et post et, par conséquent, de côtoyer et d’apprendre de vieux routiers du genre. On l’entend certes sur Foundations Of Burden, mais il y a plus…

Cette assurance sur un deuxième disque… elle est déstabilisante.

Et on la saisit un peu davantage lorsqu’on se penche sur les textes de Foundations Of Burden. Moins impressionnistes que ceux du premier effort, on découvre sur ce nouvel album une démarche d’écriture plus globale et assurément plus rigoureuse. La dualité du son de Pallbearer, entre pesanteur écrasante et chorale aérienne s’exprime ici en mots par une tension entre regret et espoir.

«Seule une posture tournée vers l’avenir vaut la peine d’être vécue, mais sans toutefois négliger l’expérience nécessaire du sombre et de la mélancolie», c’est en gros le message véhiculé par la bande si je paraphrase ici ce qu’a dévoilé en entrevue les paroliers Joseph D. Rowland (basse) et Brett Campbell (voix/guitare)

Donc, les textes sont plus profonds, les riffs sont plus lourds et la production plus pesante. Quoi encore?

Comme son prédecesseur, le deux tiers des morceaux vont au-delà de la marque des dix minutes, dans ce qui est un heureux mélange de bordel stoner et de détresse doom. Plus on écoute, plus on en vient à apprécier ces transitions d’intensité et de tempo, si diffuses, qu’elles coulent l’une dans l’autre sans heurts comme autant de méandres se jettent dans des fleuves houleux.

Pallbearer a, sur Foundations Of Burden, davantage d’outils dans sa besace que sur Sorrow And Extinction et on le constate justement dans son usage de ces variations de gris/sombre et de lumière épaisse.

Mention spéciale à cette pièce transitoire, Ashes, superbe intermède, tout en douceur, qui prépare à merveille le terrain pour la conclusion épique de Foundations Of Burden, Vanished. Ashes, pour les amateurs, évoque certains moments des Alchemy Index de Thrice. Un bijou.

Bref deux ans après le tour de force qu’était son premier album, Pallbearer revient avec un album encore plus affirmé, épique et gracieux, tout aussi émotif que dévastateur. Parce que oui, c’est si bon que ça.

*À ne pas manquer: Pallbearer au Il Motore le samedi 25 octobre avec Tombs.

Ma note: 8,5/10

Pallbearer
Foundations Of Burden
Profound Lore
55 minutes

pallbearerdoom.com

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