Pallbearer - Sorrow And Extinction - Le Canal Auditif

Pallbearer – Sorrow And Extinction

coverSorrow And Extinction de Pallbearer jouera à mes funérailles.

Cet album, le premier de la formation, est paru en 2012 dans le plus grand anonymat. Il a néanmoins su se hisser au sommet de la majorité des palmarès des publications spécialisées, autant du côté métal qu’alternatif.

L’œuvre est troublante. Aussi pesante que plaintive, la musique de Pallbearer trouve un équilibre intelligent entre la puissance des décibels et l’émotivité. Le groupe fait dans le doom introspectif et brumeux. Leurs pièces, qui font toutes plus de huit minutes, sont plutôt sombres, avec leur développement lent, mais savamment calculé. On reconnaît bien dans cette démarche les influences de Brett Campbell (guitares/voix), Devin Holt (guitares), Joseph D. Rowland (basse) et Chuck Schaaf (batterie).

Le son de Pallbearer n’est pas sans rappeler les Elder, une autre bande d’inclassables qui avait surpris en 2011 avec Dead Roots Stirring. Les deux groupes ont une approche très «prog 70’s». Prises de son «cathédrale», chants lointains, guitares mordantes et section «métronomique»; toutes des méthodes héritées de Black Sabbath.

On retrouve bien cet esprit dans l’assemblage méticuleux que sont les compositions de Pallbearer. Celles-ci se développent, segment par segment, jusqu’au moment décisif, cathartique, où toute la puissance musicale se déploie. Le premier titre de l’album, Foreigner, en est une démonstration probante. Une très lente introduction nous conduit tout en douceur aux premières notes amplifiées. Puis, on découvre la mélancolie du chant de Brett Campbell, et des textes imagés et contemplatifs, tricotés dans d’épaisses textures progressives et stoner. D’une grande beauté dans les ténèbres.

Devoid And Redemption s’enchaîne ensuite naturellement après les douze minutes de complaintes du premier morceau. Elle attaque dès la première note avec ses gros accords et son tempo lent. Sa progression plus classique en fait la pièce la plus digeste pour les puristes de stoner et de doom à la sauce Electric Wizard.

Alors que The Legend poursuit l’habile mélange des émotions et des textures, An Offering Of Grief amorce la conclusion de cette véritable quête de la mort qu’est Sorrow And Extinction. Son dénouement épique sera Given To The Grave, pièce ultime. Aussi sombre qu’inquiétante, tragique et puissante.

C’est ce qui fascine de cet album où rien n’est laissé au hasard. L’auditeur est complètement transporté dans une marche funèbre. La tentation du côté obscur est confrontée à la plus déchirante des fatalités: la délivrance de toute souffrance par la mort. Ni plus ni moins.

Sorrow And Extinction est assurément l’un des albums les plus tristes et l’un des plus introspectifs de ma collection. Il demeure néanmoins très agréable à écouter, pour la précision d’exécution, son immanence et ses guitares titanesques.

Je dirais donc simplement que si les thèmes de la quête de Pallbearer sont lourds, leur premier album est loin d’être macabre. À preuve, il ne m’a pas fait éclater en sanglots comme arrive encore à le faire Amnesiac.

C’est précisément pour cette raison qu’il tournera en boucle à mes funérailles.

La troupe de l’Arkansas viendra présenter ses pièces dans le contexte peut être un peu trop survolté du Heavy MTL, le 11 août prochain.

Ma note : 8/10

Pallbearer
Sorrow And Extinction
Profound Lore
48 minutes

pallbearer.bandcamp.com

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