Operators - Blue Wave - Le Canal Auditif

Operators – Blue Wave

OperatorsCherchez-vous un album pour votre prochain roadtrip? Vous pouvez cesser votre recherche. Blue Wave de Operators est le disque qu’il vous faut. Insérez le disque dans le lecteur de votre rutilant bolide, mettez la pédale au plancher… Et c’est parti!

Operators, la plus récente formation du prolifique Dan Boeckner (Wolf Parade, Handsome Furs, Divine Fits), a été fondé en 2013 et, sur son excellent premier long-jeu, elle propose un électro-rock dansant pas piqué des vers.

Ce qui frappe dès la première écoute de ce Blue Wave, c’est l’énergie contagieuse du groupe. Dan Boeckner a bien choisi ses acolytes. À la batterie, Sam Brown (Divine Fits, New Bomb Turks) fait un job honnête en proposant un jeu plutôt carré et bien assis qui sied bien au son électro-rock. Aux synthétiseurs et aux cuivres, la multi-instrumentiste Devojka tire son épingle du jeu en y allant de mélodies accrocheuses à souhait qui pourraient même donner à certaines et à certains l’envie de se bouger le popotin. Accompagnant ces mélodies inspirées, la voix de Dan Boeckner est emplie d’assurance, notamment sur la pièce groovy intitulée Control. Ce ton lui confère un charisme certain.

Du début à la fin de l’opus, Boeckner et sa bande suggèrent un amalgame de textures synthétiques et organiques franchement bien équilibré. Les sonorités électroniques ont cependant le dessus et servent très bien l’album. D’ailleurs, force est de constater que Blue Wave d’Operators est une œuvre logique. Toutes les pièces s’enchaînent avec fluidité et, au bout de l’écoute, nous constatons qu’il n’y a pas eu de temps mort.

Assurée par Graham Walsh, la réalisation de cette savoureuse galette est enlignée avec sa raison d’être, soit celle d’accompagner la jeunesse urbaine dans sa voiture sur la grande route ou dans les soirées où la lumière est tamisée, où l’alcool coule à flots et où les rires éclatent à gauche et à droite. Costaude et juste assez propre pour en tirer le meilleur, la réalisation amplifie la qualité des compositions et du jeu des musiciens. À titre d’exemples, la grosse caisse de la batterie sonne parfois comme une tonne de brique (Space Needle), les sons émis par les synthétiseurs occupent bien l’espace et la voix et la guitare de Boeckner se trouvent au centre du mix sans toutefois être mis trop de l’avant. Bon dosage.

Sur Blue Wave, votre humble critique considère que trois chansons se démarquent. Tout d’abord, Control séduit par son abondance de sons et son aspect frontal. Le contraste s’opérant entre la droiture de la section rythmique et la partition de synthétiseurs faisant parfois la part belle aux levées de temps est exquis. Ensuite, la pièce fermant le disque, la magnifique Space Needle, enchante par son ambiance atmosphérique. La symbiose rattachant la voix de Boeckner, les synthétiseurs intersidéraux et la grosse caisse donne l’impression de décoller de notre sol terrestre. Operators ne pouvait pas choisir une meilleure pièce pour terminer son disque. Finalement, le coup de cœur de votre mélomane-rédacteur s’intitule Mission Creep. Costaude, frénétique et effrénée, cette composition ressort du lot, notamment grâce à la vigueur avec laquelle le trio joue et une partition de saxophone légèrement salopée qui ajoute une bonne dose de mordant à l’œuvre. Jouissif.

Ma note: 8/10

Operators
Blue Wave
Last Gang Records
38 minutes

http://operatorsmusic.com

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