Mercury Rev - The Light In You - Le Canal Auditif

Mercury Rev – The Light In You

Mercury RevIl y a un lien de parenté musical évident entre les formations Mercury Rev et The Flaming Lips. En premier lieu, il y a le fait que l’habituel bassiste des Rev n’est nul autre que Dave Fridmann, grand réalisateur devant l’éternel et également l’homme derrière deux des plus importantes parutions de la fin des années 90: The Soft Bulletin des Lips et Deserter’s Songs des Rev. Si on ajoute la propension des deux groupes à orchestrer chaleureusement leur musique ainsi que la tonalité quasi identique des voix de Joanthan Donahue et Wayne Coyne, on peut même se poser la question suivante: «Qui a plagié qui?»

Qu’à cela ne tienne, je ne saurais trop vous recommander le Deserter’s Songs des Rev; disque qui a magnifiquement pavé la voie aux albums grandiloquents des Lips et qui se classe à une position fort enviable en ce qui a trait de mes albums marquants à vie. Cela dit, Mercury Rev revient à la vie cette semaine après huit ans d’absence avec un nouvel opus titré The Light In You. Une création réalisée à deux têtes par Joanthnan Donahue et son fidèle comparse, le guitariste Grasshopper… et sans l’apport de Dave Fridmann; absence notable, mais ça n’affecte en rien la réalisation de cette production.

Ce The Light In You survient après que Donahue/Grasshopper eurent vécu des moments difficiles durant toutes ces années (deuil, rupture, etc.), mais ce disque est d’une beauté indéniable et respire la rédemption à plein nez. Les envolées symphoniques si caractéristiques du son des Rev sont toujours aussi exaltantes, même si la charge émotive des chansons est nettement plus contenue qu’à l’époque du classique mentionné précédemment. Mercury Rev fait encore de la «grande musique» au sens le plus noble du terme.

Cependant, quelque chose de difficilement explicable m’empêche d’être parfaitement envoûté par ce The Light In You, comme si le son des Rev devenait quelque peu désuet après toutes ces années, musique associée à une époque déjà lointaine… Même si la nouvelle offrande du groupe n’atteint pas le climax escompté, ça demeure un disque de très grande qualité, magnifiquement orchestrée et mélodiquement impeccable. Deserter’s Songs est tellement une création immense qu’il est ardu pour Mercury Rev d’atteindre les standards qu’il a lui-même établis, mais soyez sans crainte, c’est une production à la hauteur.

Quelques fresques sonores sont venues me combler de bonheur: l’introductive The Queen Of Swans, la contemplative (faisant référence à une promenade onirique dans Central Park) intitulée Central Park East, la poignante/bouleversante Autumn’s In The Air ainsi que le funk orchestral (à la Mercury Rev bien entendu) titré Sunflower.

J’ai fait partie de ceux qui ont flipé sur la trilogie The Soft Bulletin/Yoshimi Battles The Pink Robots/At War With The Mystics des Flaming Lips. Cependant, il ne faudrait pas oublier que sans Deserter’s Songs de Mercury Rev, les Lips ne seraient pas devenus les icônes psychédéliques qu’ils symbolisent aujourd’hui… pour le meilleur et pour le pire. Ne serait-ce que pour rafraîchir la mémoire aux mélomanes qui auraient oublié l’immense talent de la formation, ce disque est tout à fait le bienvenu.

Ma note: 7/10

Mercury Rev
The Light In You
Bella Union
46 minutes

http://mercuryrev.com/the-light-in-you/

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