Medicine - Home Everywhere - Le Canal Auditif

Medicine – Home Everywhere

57f09e2bL’an dernier, la formation shoegazienne/dream-pop Medicine effectuait un retour au jeu (après dix ans d’absence au compteur) avec un fort potable To The Happy Few que votre vieux briscard favori avait «chroniqué» avec un certain enthousiasme. Medicine est de retour cette semaine avec Home Everywhere qui voit le trio, formé de Brad Laner, Beth Thompson et Jim Goddall, y aller d’une production légèrement moins guitaristique qu’à l’accoutumée. Pas d’inquiétude, les adeptes du groupe ne seront pas désarçonnés.

En effet, la palette sonore présentée demeure à peu de choses près pratiquement intacte: quelques salves de guitares à la My Bloody Valentine, des claviers aériens parfois psychédéliques, des voix «beach boy-esques» mixés à l’arrière-plan et des mélodies se perdant dans un foisonnement sonore procurant un effet hypnotique assuré. Si le précédent effort voyait Medicine demeurer dans sa zone de confort, cette fois-ci, la bande à Laner fait tourner le navire vers des eaux évoquant quelquefois un Animal Collective organique, mais en beaucoup moins méandreux, il va sans dire.

L’album est étrangement conçu en deux parties plus ou moins distinctes. En premier lieu, on y entend un regroupement de huit chansons dites «normales» d’une durée avoisinant les trois à quatre minutes et une autre mettant en vedette une conclusion épique/expérimentale, présentant la facette «givrée» de Medicine: la pièce-titre Home Everywhere. Voilà un morceau de bravoure étonnant, bruyant, cadencé, qui s’arrête brusquement à tout moment pour mieux repartir dans un autre sens et qui met à l’avant-plan tout l’arsenal sonore du triumvirat. Une prouesse musicale éloquente.

Là où le bât blesse, sur ce Home Everywhere, se situe au niveau des quelques morceaux conventionnels/faiblards qui amenuisent quelque peu l’impact accentué qu’aurait pu obtenir ce disque. On fait référence à la vaporeuse, aux harmonies vocales trop «frères Wilson», titrée Cold Life, à la synthétique un peu Madchester titré Don’t Be Slow de même qu’à la soft-rock They Will Not Die. En contrepartie, Medicine est à son meilleur sur la très MBV nommée The Reclaimed Girl, sur le jouissif rythme enfiévrant Turning ainsi que le rock explosif Move Along – Down The Road.

Malgré l’impression de redite et de récidivité que nous ont laissée les premières portions de l’album, Medicine récupère la mise avec conviction avec l’ingénieuse pièce-titre Home Everywhere… une direction artistique qui vaudrait la peine d’explorer au cours des parutions subséquentes. Pas de doute, le penchant états-unien de My Bloody Valentine est toujours significatif. Home Everywhere plaira sans doute aux fervents de la formation, mais une inflexion vers une expérimentation plus prononcée serait absolument désirable. À suivre.

Ma note: 6,5/10

Medicine
Home Everywhere
Captured Tracks
42 minutes

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