Korn – The Serenity Of Suffering - Le Canal Auditif

Korn – The Serenity Of Suffering

KornAh Korn! Quand j’avais 14 ans, ce band-là était le centre de mon univers. Mon pote Alex et moi, on en a brisé des cassettes enregistrées de l’album éponyme et de Life Is Peachy dans nos walkmans jaunes. Quand on allait dans des partys et que le monde nous disait de changer de musique, on arrêtait de faire jouer le premier album…uniquement pour mettre le 2e. Y avait rien qui sonnait comme ça. C’était le mix parfait de tous les éléments nécessaires au défoulement. Pis c’était encore meilleur après avoir fumé du weed. Je t’en passe un papier!

Je comprends totalement les gens qui crachent là-dessus. Fallait vivre dans une parfaite conjoncture pour triper autant là-dessus en 1996. 14 ans, pas tant d’amis, une mère malade du cancer et hop! Jonathan Davis, Head, Munky et Fieldy sont tes nouveaux meilleurs amis et en moins de deux, tu portes un «tracksuit» adidas et t’as des tresses/dreads su’a tête.

Le temps a passé, Korn a lancé l’insupportable Follow The Leader qui a été copié 100 000 fois par des bands qui se maquillaient en clowns et le mouvement appelé Nü-Metal est mort de sa belle mort. De mon côté, j’ai découvert les Deftones. Alex, lui, est viré plus peace avec Jane’s Addiction et on a finalement changé de trip totalement. Reste que j’ai toujours continué à prêter une oreille curieuse à chaque album de Korn. Ç’a toujours été le running gag avec mes potes. Je suis un peu comme c’te gars qui a tripé en malade sur les Rolling Stones dans les années 1970 et qui a hâte d’entendre le nouvel album en 2017. Un brin pathétique, nul doute.

Mais bon. Pour la première fois depuis Issues en 1999, j’ose avancer que le nouvel album de Korn est pas si pire que ça. Après avoir tout essayé en matière de mauvais goût (du dubstep à la grosse pop), le groupe revient avec des gros riffs qui tiennent la route et délaisse les beats à la Skrillex pour donner plus de liberté à Ray Luzier (le batteur qui a remplacé David Silveria). Excellente décision, puisque son jeu est l’élément le plus divertissant de leur son moderne. On se rappellera que Silveria était devenu un empoté paresseux avec le temps et que les subtilités des deux premiers albums ont été éradiquées de son jeu dès l’infâme 3e album. Aussi, la rage patentée de Davis est un brin plus crédible que d’habitude. Mais bon assez de «geek talk». Je me contenterai de dire que je me suis surpris à passer un bon moment (quelque fois) et que j’ai même trouvé correct le duo avec Corey Taylor de Slipknot.

Cela dit, je suis conscient que l’existence de Korn en 2016 relève de l’anachronisme et qu’il fallait être là en 1996 pour trouver ça bon. Je vous rassure en vous disant que je ne les écoute plus assidûment depuis belle lurette. Sauf que des fois, j’ai des rechutes nostalgiques. Comme la fois où, un peu éméché, j’ai quitté un show de Neurosis pour aller voir les gars de Bakersfield, Californie, jouer leur premier album sur l’autre scène à Heavy Montreal. J’étais pas trop fier de moi le lendemain.

Mais quand même. Merci de m’avoir aidé à passer à travers l’adolescence gang. Cheers!

Ma note: 6/10

Korn
The Serenity Of Suffering
40 minutes
Roadrunner

www.korn.com

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