King Dude - Fear - Le Canal Auditif

King Dude – Fear

a0809010227_10Thomas Jefferson Gogwill, alias King Dude, est le fondateur de la ligne de vêtements nommée Actual Pain, et par-dessus tout, un fervent amoureux d’occultisme gothique. Notre homme crée également de la musique! Passant tour à tour du black metal, avec le groupe Book Of Black Earth, au hardcore, avec la formation Tear Cthulhu, l’artiste emprunte depuis quelques années le pseudonyme de King Dude, se transformant ainsi en songwriter néo-folk gothique. Cette semaine, King Dude lance le bien intentionné Fear.

Voilà une production qui conserve le penchant folk moyenâgeux du précédent effort titré Burning Daylight paru en 2012, mais qui flirte sérieusement avec un rock dédié à Lucifer, amalgamant des ascendants sonores issus du rockabilly, du punk et détenant quelques relents musicaux qu’un Nick Cave dans la fleur de l’âge n’aurait pas renier. De plus, Cogwill s’efforce afin d’être franchement plus authentique dans l’interprétation de ses chansons ténébreuses; du moins, beaucoup plus que sur la tentative antérieure, sur laquelle notre «dude» y allait souvent d’inflexions vocales forcées… qui faisaient plus sourire qu’autre chose!

Réalisé par Bill Rieflin (Swans, Ministry, Pigface etc.), Gogwill resserre studieusement son écriture chansonnière, dispensant de nombreuses mélodies opérantes, celles-ci appuyées par des guitares judicieusement encrassées et des claviers psychédéliques… et le travail du respecté réalisateur n’est pas étranger à ce résultat concis. L’aspect gothique de l’entreprise est relégué convenablement à l’arrière-plan afin de faire place à un rock’n roll énergique et vitaminé. Une bien belle surprise!

Est-ce que l’influence de la comparse Chelsea Wolfe dans le travail de King Dude se fait sentir? Difficile de répondre clairement à cette question, mais puisque le musicien a collaboré avec la dame sur un projet titré Sing More Songs Together…, on serait porté à croire que le délestage chansonnier effectué n’est pas étranger à cette complicité musicale développée avec Wolfe. Ceci dit, le créateur fait un énorme pas en avant et catapulte un maudit bon disque ou un bon disque maudit, c’est selon!

Le sinistre chanteur y va de ses meilleurs essais sur les morceaux suivants: l’hymne opaque Fear Is All You Know, la prenante Maria, la fracassante/jouissive Cloven Hooves (Of Fear), la quasi-punk Demon Caller Number 9, le folk-rock Laydown In Bedlam, le presque rockabilly Bottomless Pit, les guitares noisy dans Miss September, l’éthérée Empty House et le violon frémissant dans Watching Over You. Un assemblage totalement pertinent!

N’hésitez pas à tremper vos oreilles dans ce rock’n roll folkisant et ténébreux d’une efficacité redoutable. King Dude atteint la cible sur la plupart des ritournelles de l’album et devrait accéder à un bassin d’adeptes plus volumineux. Tout en conservant intact l’esthétique gothique si cher au musicien, Thomas Jefferson Gogwill fait tourner son funeste bateau vers une mer plus rock, plus intelligible, pour le plus grand plaisir de nos conduits auditifs. On le répète, c’est un bond en avant fort significatif!

Ma note: 8/10

King Dude
Fear
Not Just Religious Music
42 minutes

notjustreligiousmusic.bandcamp.com/album/njrm-003-king-dude-fear

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