Kevin Drew - Darlings - Le Canal Auditif

Kevin Drew – Darlings

kevin1L’an dernier l’acolyte de Kevin Drew au sein de Broken Social Scene, Brendan Canning, faisait paraître You Gots 2 Chill; un album de folk, assorti de bidouillages électros, assez décevant. Cette semaine, c’est au tour de Drew de tenter sa chance en lançant dans les bacs Darlings; un deuxième album solo de la part du musicien canadien. En 2007, Kevin Drew avait mis sur le marché un excellent Spirit If… qui pataugeait dans les mêmes eaux sonores que la pop-baroque créée par Broken Social Scene.

L’une des principales qualités de Kevin Drew est sans contredit son éloquente capacité à confectionner des mélodies captivantes et frémissantes. Sur ce Darlings, on retrouve avec plaisir le talentueux mélodiste qui a choisi d’habiller ses chansons dans un format moins direct et touffu qu’à l’accoutumée. On y rencontre un Kevin Drew plus personnel et moins éparpillé musicalement parlant.

Au menu? Des guitares lointaines, des synthés éthérés un brin new-wave, des brouillards de distorsions et de larsens, et évidemment, des mélodies touchantes comme seul Drew peut en élaborer. Si le premier effort solo de l’artiste constituait un copier/coller de Broken Social Scene, cette fois-ci le songwriter prend ses distances avec la musique prodiguée par le collectif Torontois.

Clairement, ce Darlings est une bien meilleure création que celle concoctée l’an dernier par Canning. En écoutant Drew, on constate formellement qu’il est l’incontournable canalisateur de Broken Social Scene. En contrepartie, on aurait apprécié quelques salves rock plus senties puisque cette production est toute sauf explosive et vitaminée, car Drew chuchote doucement ses ritournelles et emprunte un mode plus confidentiel que fédérateur. Darlings est une conception marquée par une évidente retenue au niveau de l’interprétation qui, à certains moments, a quelque peu engourdi votre humble scribe.

Qu’à cela ne tienne, Kevin Drew fait plus que sauver la mise grâce à son travail mélodique hors pair. L’homme nous propose quelques morceaux qui séduisent aisément: l’excellent simple Good Sex, le mur de synthétiseurs dans Mexican Aftershow Party, les guitares à plein régime dans Bullshit Ballad, la dépouillée My God ainsi que les palpitantes You Get Caught et And That’s All I Know. Seule ombre au tableau? You Gotta Feel It sur laquelle Drew se donne des airs de Bono…

Sans être une parution emblématique, Kevin Drew réussit là où Brendan Canning a échoué, en présentant un Darlings intime et éthéré, mais détenant des inflexions vocales totalement à la hauteur. Si à long terme, le hiatus de Broken Social Scene se poursuivait indéfiniment, on miserait volontiers quelques dollars sur la longévité de la carrière de Kevin Drew; un talentueux faiseur de chansons qui pourrait surprendre à l’avenir. Un maître mélodiste.

Ma note : 6,5/10

Kevin Drew
Darlings
Arts & Crafts
38 minutes

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