Karen O - Crush Songs - Le Canal Auditif

Karen O – Crush Songs

a1a5ee1cNée Karen Lee Orzolek, âgée de 36 ans, meneuse extatique de la formation Yeah Yeah Yeahs, la New-Yorkaise Karen O fait paraître cette semaine son premier album solo titré Crush Songs. L’an dernier, avec ses deux comparses des Yeah Yeah Yeahs, la dame avait produit un Mosquito correct qui avait laissé l’auteur de ces lignes passablement de marbre. Donc, un premier solo au compteur pour la tonitruante chanteuse.

Tapageuse avec son trio rock, mais totalement intimiste en format individuel, Karen O présente un disque confidentiel, totalement dépouillé, résolument lo-fi et qui se veut un étrange ramassis de courtes chansons mal ficelées. On dit «chansons», mais le mot «démo» serait plus approprié dans le cas de ce Crush Songs, car même si quelques bonnes idées apparaissent çà et là, on est bel et bien devant un assemblage de chansons incomplètes.

Et c’est regrettable, car ces pièces auraient mérité un bien meilleur traitement. Ces succinctes chroniques amoureuses alternant, entre désir de solitude et envie d’en découdre avec la vie, auraient largement bénéficié d’une réalisation plus étoffée. Karen O nous titille sans jamais aller au bout de ses idées ce qui, à la longue, agace sérieusement. C’est ce manque de finition volontaire qui empêche cette conception sonore de s’élever au-dessus de la mêlée.

Le penchant tressautant, frisant parfois l’amateurisme, est séduisant, mais on demeure férocement sur notre appétit. Sur ce Crush Songs, Karen O sonne parfois comme une PJ Harvey en mode paresse, qui refuserait obstinément de pousser ses ritournelles plus loin; ce qui donne un disque mal foutu et inabouti. Pourquoi mettre sur le marché une création aussi bancale? Difficile de répondre à cette question, à part peut-être le fait que Karen O avait probablement besoin d’ajouter un peu de beurre sur ses rôties…

Malgré tout, puisque la dame a du talent, on a réussi à déceler quelques pépites désirables; boiteuses, mais intéressantes quand même. Ce sont les mélodies vocales singulières de Karen O qui viennent sauver d’un naufrage complet ce Crush Songs. Parmi les «réussites», on a noté le rythme primitif animant Visits, la PJ Harvey/Angel Olsen en mode bipolaire titrée Beast, le folk country morose So Far ainsi que la charmante comptine légèrement orchestrale intitulée Native Korean Rock; direction que devrait suivre l’artiste sur son prochain rejeton en mode individuel.

Pour être franc avec vous, on aurait souhaité une meilleure appréciation pour ce Crush Songs, mais malheureusement ce chapelet de pièces mélancoliques inachevées ne passe pas la rampe. On s’attendait à beaucoup plus que cette série de démos fragmentaires. Un disque indolent, et surtout, insuffisant pour une artiste de ce calibre. Contrariant!

Ma note: 4,5/10

Karen O
Crush Songs
Cult Records
28 minutes

www.karenomusic.com

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