Half Moon Run - Sun Leads Me On - Le Canal Auditif

Half Moon Run – Sun Leads Me On

half moon runLa semaine dernière, la formation Half Moon Run lançait sur le marché le (très) attendu Sun Leads Me On, proposition qui sera présentée durant quatre concerts à guichets fermés au Métropolis en avril prochain. Après l’immense succès de Dark Eyes, les Montréalais d’adoption sortent un deuxième projet qui tend entre le pop/rock planant et le «folktronica». Au fait, pour faire simple, le groupe conserve son essence indie en optant pour une musique beaucoup plus rassembleuse. Bon coup? Mauvais coup?

La fibre folk/rock, retrouvée sur Dark Eyes, est facilement identifiable dans Sun Leads Me On. Dirigée par une batterie rythmée et des guitares déchaînées, la pièce Turn Your Love prouve une belle force créatrice chez les garçons d’Half Moon Run. La mélodie est harmonieuse. Elle possède une énergie pure. Dès la montée du refrain, Turn Your Love brasse la caisse de résonnance et occasionne de nombreux hochements de tête (comme si on assistait au spectacle). On apprécie. Autre chanson intéressante, la pièce Sun Leads Me On est gracieuse grâce aux riffs de guitares profondes et sensibles. Sans oublier le timbre singulier de la voix du chanteur Devon Portielje. Celui-ci octroie un charme indéniable à la chanson titre et c’est pour le mieux.

Ceci dit, la très Americana Warmest Regards se perd quelque peu, sans de repères vraiment précis. Déjà, l’auditeur est déstabilisé. Justement, cette Warmest Regards possède un registre sonore totalement différent du premier disque. Elle ne semble pas coller à l’atmosphère du groupe, telle qu’on la connaît. Menée par la voix de Portielje, la chanson rappelle la sauce pop Mumford And Sons. Ça va un peu n’importe où, n’importe comment. Cette problématique revient avec les titres I Can’t Figure Out What’s Going On et Hands In The Garden. Possédant des airs sentimentaux et un son «très vacances à la plage», ces pistes lassent et fatiguent à la longue. Par la suite, les titres Consider Yourself et It Works Itself Out sont surchargés en terme de sonorités. Ce fameux élément électro qui accompagne Consider Yourself agace. Plus particulièrement à cette pièce, les synthés deviennent encombrants et ajoutent une lourdeur. Côté instrumentation, on a l’impression que ça vient faire perdre toute impression de «naturel» aux mélodies. C’est dommage parce qu’elles avaient un certain potentiel.

Somme toute, même si le second album d’Half Moon Run offre des chansons simplistes baignant dans le mélodramatique et le déjà vu, il se révèle bien structuré et bien ficelé. Tout au long de l’écoute, cette musique surfe entre deux genres sur une planche un peu bancale… une impression d’être assis entre deux chaises!

Ma note: 6/10

Half Moon Run
Sun Leads Me On
Indica Records
48 minutes

http://www.halfmoonrun.com/

Commentaires

  1. L'homme à tête de chou a écrit : :

    Oui… mais non !
    C’est juste varié et cela fait du bien d’entendre un album non monolithique qui stimule l’oreille par ses variations.
    Sûr, on manque d’habitude 😉

    • Stéphane Deslauriers a écrit : :

      Je comprends ta perception de l’album… mais en mon nom personnel, et sans vouloir t’offusquer, je trouve que ce groupe est légèrement surévalué. Bon groupe, mais la vague indie-folk-rock marketisée à l’os (et qui tire lentement, mais sûrement à sa fin) a aidé le groupe à se positionner avantageusement sur l’échiquier international. Bref, pas sûr qu’on va se souvenir de Half Moon Run dans dix ans, mais je peux me tromper! Merci pour le pertinent commentaire!

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