Elder - Lore - Le Canal Auditif

Elder – Lore

ElderLe précédent gravé de Elder, c’est un ami qui me l’a suggéré après l’avoir écouté au hasard d’une recherche dans la base de données qu’était le blogue belge Stonerrobixxx, aussi pertinente que défunte plateforme web, dédiée à la musique souterraine qui brasse.

Dead Roots Stirring (2009) est devenu un classique instantané, un disque marquant. Le chant, puissant, la pesanteur de la section rythmique, et la guitare… je veux dire… la GUITARE! Colossale! Tous ces éléments donnaient une certaine touche d’originalité à Elder malgré leur son ultra référencé. Sur ce deuxième album, on se faisait servir une sérieuse leçon de power-stoner ancré dans le prog des années 70.

Bref, un album que je n’ai jamais délaissé depuis sa parution, mais dont l’excellence implique nécessairement une tragique question… «Le trio peut-il faire mieux?». Après tout, Dead Roots Stirring était l’oeuvre de trois musiciens encore verts, dans la jeune vingtaine.

Lore, qui paraît ces jours-ci, est effectivement un album plus mature (allô le cliché!), parce que moins carré et considérablement plus dense, compact. Les compositions s’y développent aussi plus «progressivement», en comparaison à l’«échec avant» soutenu des morceaux du précédent disque. Un peu comme une entrée de zone de Ryan Getzlaf, mais je m’égare…

Donc, on reconnaît la facture Elder-esque sur trois des cinq titres de ce Lore: Comendium, Deadweight et Spirit At Aphelion. Ces pièces rappellent la manière de Dead Roots Stirring: l’attaque sans merci des riffs, les solos inspirés – wah-wah inclus – et les nécessaires transitions plus douces, question de mettre la table au climax imminent. Les introductions de Comendium et de Spirit At Aphelion intègrent quand à elles des éléments nouveaux: sonorités progs, claviers, mais retrouvent rapidement le sentier tracé par le groupe dans les dernières années, sans jamais, avouons-le, atteindre l’intensité des morceaux de Dead Roots Stirring (à l’exception sûrement de The End, mince transition avant la conclusion de ce grand album).

Mais moins bonnes ces pièces? Donnons le bénéfice du doute au groupe, on est peut-être juste moins surpris de les entendre quand on a écouté cinq cent fois l’album précédent.

Mais toute la force de Lore tient dans les deux autres titres, le coeur de l’album: Legend et Lore. Ils représentant à eux deux, plus du tiers de l’album en durée. Ces chansons sont le coeur de cette nouvelle proposition: c’est là que l’on saisit tout le chemin parcouru par le groupe depuis sa dernière livraison. Tant la complexité des structures mélodiques, le brillant déploiement des différents segments instrumentaux – jusqu’à leur explosion/résolution -, que le travail du texte, glorieusement apocalyptique, en font les meilleurs morceaux jamais écrits par Nick DiSalvo et sa bande.

Autre fait à mentionner, il y a sur ces vingt-huit minutes, certains moments qui rapprochent le trio de l’excellente formation Pallbearer. Et ça, c’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui apprécient cette manifestation «épique» du stoner rock!

Parce que oui, avec Elder, on est toujours dans la démesure: des riffs titanesques, des solos déchaînés, des textes limites homériques, des basses fréquences cyclopéennes et une production herculéenne (j’ai épuisé mon champ lexical grec du Ve siècle av. JC).

Oui, la barre était très haute après Dead Roots Stirring, mais Elder a su faire évoluer sa formule, son son, sans changer l’esprit de sa démarche tout en rehaussant son propre standard de qualité côté réalisation, composition. L’exécution était déjà parfaite!

Bref, Lore est un nouvel étalon dans la discographie du jeune trio.

Ma note: 8,5/10

Elder
Lore
Armageddon Shop
59 minutes

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Commentaires

  1. Cappa68 a écrit : :

    Bonne critique! Je m’en vais écouter ça de ce pas!

  2. HegelisaBagel a écrit : :

    Bonne critique! ça me donne le goût d’une cream ale.

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