Critiques

Herder

Gods

  • Reflections Records
  • 2014
  • 47 minutes
8,5
Le meilleur de lca

408063Attention, oreilles chastes s’abstenir! Herder ne fait ni dans la dentelle ni dans la politesse. Le quintette néerlandais est plutôt connu (c’est vite dit) pour son stoner-sludge-doom et toutes ses déclinaisons noises.

Ajoutez à la sauce, déjà d’une bonne épaisseur, des textes ultra-nihilistes et agressifs, des références louches à de vieux films de science-fiction de série B, et une iconographie aussi violente que satanique, et vous avez un bon portrait.

Donc, Herder, qui n’a rien à voir avec le philosophe préromantique du même nom (Johann Gottfried de son prénom), fait paraître ces jours-ci Gods, son deuxième LP. Le maxi Horror Vacui (2012) avait suivi la parution de Herder en 2011.

Malgré son nom, vous comprendrez que Gods n’est pas tant une ode au Créateur qu’une vomissure sur sa Création. Brutal, excessif et furieux sont trois bons mots pour en décrire le contenu.

Mais malgré les décharges, Herder alterne magnifiquement les genres passant d’agressions sludge (Stab, FOAD2), à de savantes constructions doom et post (Blood For Life, Soul Harvester, Betrayer Deceiver, notamment).

Stab et Betrayer, Deceiver sont d’ailleurs deux de leurs titres les plus percutants à ce jour, tandis que FOAD2 (une suite à Fuck Off And Die, paru sur le premier LP en 2011) est une salve de haine en règle.

Ce Gods est d’autant plus captivant parce qu’il va plus loin que le précédent LP. Plus stratifié malgré la furie, plus doom et caverneux et certainement plus «en tabarnak» dans l’approche.

Des compositions, qui font majoritairement plus de six minutes, permettent au groupe de s’exprimer dans toute sa rage, mais aussi de complexifier les structures, de raffiner les assauts et de faire aérer le tout. C’est parfait.

Pour les néophytes, Herder allie à merveille les riffs qui vous tombent sur la tête tant ils sont lourds, que les licks de guitare noise, mais catchy. Sur l’album éponyme, on se souvient de la pièce The Foul Year qui justement donnait un bon aperçu du spectre sur lequel Herder aime explorer. Sur Gods on retrouve plusieurs de ces moments dont notamment sur Asylums Of The Forgotten, maîtrisée à la perfection par la troupe.

Bref, Herder offre une musique extrême comme on en entend rarement, c’est probablement pour cette raison qu’on dit d’eux que «Herder is harder».

Il sortait quand le nouveau Coldplay?

Ma note: 8,5/10

Herder
Herder
Reflections Records
47 minutes

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