Critiques

Cass McCombs

Mangy Love

  • Anti- Records
  • 2016
  • 95 minutes
8
Le meilleur de lca

Cass McCombsSérieusement. Cela dit sans aucune espèce de prétention, il est grand temps que vous vous immergiez pleinement dans la musique de l’auteur-compositeur-interprète états-unien Cass McCombs. Je ne me trompe pas en vous disant que le bonhomme est incapable de médiocrité. En 2013, il avait fait paraître le fort potable Big Wheels And Others; un disque ambitieux d’une durée de 95 minutes qui ne permettaient pas nécessairement d’apprécier le talent de McCombs à sa juste valeur.

Normalement, le songwriter oscille entre un folk rock ténébreux et un psychédélisme de bon goût, mais cette fois-ci, il plonge sans gêne dans le soft rock radiophonique très «seventies». Réalisé à deux têtes par Rob Schnapf (Elliott Smith) et Dan Horne, Mangy Love est une réussite.

Vous y entendrez le légendaire jeu de basse rond et groovy qui caractérisait le rock «à la Steely Dan» de l’époque. Bien sûr, les guitares funky/sensuelles pullulent et, bien appuyées par des rythmes feutrés, quasi dansants, vous aurez dans les oreilles le disque musicalement le plus abouti de Cass McCombs.

Si la musique est cotonneuse, le propos, lui, est plus mordant, mettons… En effet, McCombs ne se gêne pas pour exprimer ses opinions de façon à ce que tout le monde comprenne bien à quelle enseigne il loge. Le complexe militaro-industriel américain en prend pour son rhume dans Bum Bum Bum. McCombs prend parti clairement pour la gent féminine; surtout en ce qui concerne son entière liberté à disposer de son corps comme bon lui semble (Run Sister Run). Et c’est ce qui constitue la grande force de ce disque: ce contraste entre la minutie musicale et le discours rebelle. Il n’y a rien de bien nouveau là-dedans, les Smiths ont passé leur courte carrière à exploiter ce filon.

Le groupe qui l’accompagne est probablement le meilleur appui qu’il a reçu de toute sa carrière, resitedemo.cauisant à la perfection «le bon vieux temps», tout en allouant une certaine modernité à l’ensemble. Est-ce que je préfère McCombs en format un peu plus rustre? Absolument. Cependant, McCombs a probablement écrit ses meilleures chansons, du moins ses plus accrocheuses. Et ça devrait lui mériter une masse d’adeptes plus substantiels… du moins, c’est mon souhait le plus cher.

Mangy Love n’a aucune chanson que l’on pourrait qualifier de «remplissage». Mes préférées sont celles qui viennent conclure cet excellent disque. In A Chinese Alley possède un petit quelque chose de Roxy Music. It, avec ses voix célestes et bizarres, est grandiose et ça se termine avec la dépressive/émouvante, I’m A Shoe. Mention spéciale à la participation d’Angel Olsen dans Opposite House.

Encore une fois, Cass McCombs fait la preuve qu’il est là pour durer. Se foutant éperdument des convenances marketing (autant la mise en marché de ses «sitedemo.cauits» que de son songwriting en tant que tel), notre homme ne fait qu’à sa tête ce qui, sur la durée, devrait lui rapporter une certaine reconnaissance, mais surtout un immense respect… car se faire respecter est nettement plus important que de se faire aimer à tout prix!

Ma note: 8/10

Cass McCombs
Mangy Love
ANTI-
60 minutes

http://www.anti.com/artists/cass-mccombs/

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