Critiques

Calexico

Edge Of The Sun

  • Anti Inc.
  • 2015
  • 41 minutes
7

CalexicoJoey Burns et John Convertino ont eu le mérite de se laisser immerger par des ascendants musicaux qui ont permis à l’Americana de Calexico de devenir une référence au cours des quinze dernières années. Certains mélomanes reprochent au groupe un certain surplace créatif, mais quand on a pratiquement inventé un genre musical, on peut se permettre un certain confort. En 2012, Calexico avait fait paraître Algiers; un disque potable qui ne comportait aucune réelle surprise.

Idem cette fois-ci avec Edge Of The Sun qui est lancé cette semaine sous le label Anti Inc. On retrouve le bon vieux Calexico à l’endroit où on l’attendait. Toujours cette mixture d’alt-country, de musique tex-mex et d’inspirations latines qui comblent les fans depuis les balbutiements du groupe. Après toutes ces années, c’est surtout l’excellence des chansons qui font qu’un album de Calexico est à la hauteur ou non.

Sur Edge Of The Sun, le duo Burns/Convertino accomplit la besogne. On pense à l’entrée en matière alliant synthés et trompette titrée Falling From The Sky (mettant en vedette Ben Bridwell de Band Of Horses); un autre morceau frémissant et unificateur à ajouter au corpus chansonnier du groupe. Si on a quelques fois reproché une certaine anémie mélodique au travail de chanteur de Joey Burns, Calexico a toujours su titrer les marrons du feu grâce à cette capacité à orchestrer de manière magistrale leurs ritournelles… et cette sitedemo.cauction ne fait pas exception à la règle.

Pour apprécier véritablement la musique de Calexico, il faut un peu modifier notre perception du paysage musical made in USA. La formation américaine aurait pu se vautrer toutes ses années dans un folk rock consensuel et férocement impérialiste comme la majorité de ses semblables, mais Calexico a toujours refusé d’être un groupe «parfaitement états-unien» préférant explorer avec passion les musiques du monde. Voilà un exemple probant ce que représente une authentique mondialisation où le colonialiste se laisse envelopper par les musiques provenant des «petites cultures»…

Cela dit, Edge Of The Sun n’est pas exempt de faux pas. On fait référence à la quelconque Beneath The City Of Dreams, pièce mélodiquement faiblarde. En contrepartie, on a apprécié le petit penchant crotté de Bullets & Rocks, le country-rock When The Angels Played, le rock cubain Cumbia De Donde, l’aspect Wilco évoqué sur Miles From The Sea, la valse folk judicieusement intitulé Woodshed Waltz ainsi que la désertique World Undone. Un autre bon disque au compteur!

Calexico poursuit sa route poussiéreuse dans les chemins de traverse de l’Amérique tout en se laissant bercer par les musiques du monde, et ce, sans perdre une seule parcelle de son américanité. En effet, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de Tucson, Arizona, mais le soleil brille toujours et c’est tout ce qui compte.

Ma note : 7/10

Calexico
Edge Of The Sun
Anti Inc.
41 minutes

http://www.casadecalexico.com

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