Band Of Horses - Mirage Rock - Le Canal Auditif

Band Of Horses – Mirage Rock

La semaine dernière, le groupe rock aux émanations de folk et de country, nommé Band Of Horses, mettait sur le marché son quatrième album intitulé Mirage Rock. Originaire de Seattle et assemblé en 2004 autour du chanteur Ben Bridwell, la formation américaine nous a déjà présenté deux albums de qualité avec Cease To Begin, et plus particulièrement, Everything All The Time; création qui contient la magistrale chanson The Funeral. Deux ans après le très ordinaire Infinite Arms, est-ce que Band Of Horses retrouve ses esprits avec ce Mirage Rock?

Au risque d’en décevoir quelques-uns, cette offrande porte admirablement son titre: un véritable mirage! Réalisé par le vétéran Glyn Johns, Band Of Horses prend la décision d’expulser les atmosphères aériennes qui frayaient parfois avec des structures chansonnières inextricables, afin de faire place à un country-rock académique, assez vieux jeu, et surtout, mille fois entendus. Une réalisation sans excès qui évite les fioritures sonores qui peuvent amener des chansons ailleurs qu’au ras des pâquerettes. Si vous ajoutez à cela, une direction musicale douteuse qui élimine d’un bout à l’autre ce qui restait de caractère distinct dans la musique de Band Of Horses, ça vous donne une excellente idée de l’effet qu’a eu sur ma petite personne Mirage Rock.

Sur cette galette, les moments enivrants sont à tous les égards inexistants. Aucune once de détermination et de singularité au niveau de l’interprétation de ces ritournelles paresseuses et sans saveurs. Navrant! Des exemples? La country-rock soporifique How To Live, la sous Neil Young titrée Slow Cruel Hands Of Time, le rock bien pépère nommée A Little Biblical, la comptine pour enfant intitulée Shut-In Tourist et la très America qui se transforme en faux rock fédérateur Dumpster World. Je continue? Bien sûr! Le disque renferme de superbes somnifères tels que la stonienne Electric Music, de même que la linéaire Everything’s Gonna Be Undone… Trois anomalies donnent un peu d’entrain à ce disque: Knock Knock, la mollement vitaminée Feud et la seule pièce admissible de cet anesthésiant, la touchante Heartbreak On The 101.

Bref, le rêve éveillé de Band Of Horses n’aura duré que trois petits tours et puis s’en vont. Comment un groupe possédant une signature musicale si encourageante a-t-il pu perdre son chemin de cette affligeante manière? À qui s’adresse Band Of Horses sur Mirage Rock? Aux anciens hippies appréciant le folk-rock des années 70 parfaitement calqué sur celui de Neil Young et America? Je ne sais pas et je n’ai pas de réponse à vous donner, car un mélomane conservateur serait à même de constater le manque d’inspiration qui caractérise ce disque somnolent. Décevant, très décevant!

Ma note : 4,5/10

Band Of Horses
Mirage Rock
Columbia Records
40 minutes

www.bandofhorses.com/us/home

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