Critique : Vagabon - Infinite Worlds - Le Canal Auditif

Critique : Vagabon – Infinite Worlds

Au début de l’année, Laetitia Tamko, une jeune brooklynoise originaire du Cameroun, est apparue sur le radar de quelques sites web consacrés à la musique. À peine un mois plus tard, celle qui se cache derrière le nom d’artiste Vagabon a fait paraître Infinite Worlds, un excellent disque porté par la sensibilité de son auteure.

Donnant suite au démo Vermont et au Persian Garden EP, tous deux enregistrés en 2014, Infinite Worlds propose un univers bien défini dans lequel la jeune Américaine semble être confiante et en plein contrôle de ses moyens. D’ailleurs, Vagabon marque rapidement les esprits. Les trois premières chansons de ce court album composé de huit morceaux s’inscrivent parmi les meilleures du petit répertoire de la musicienne. L’œuvre s’ouvre avec la cathartique The Embers. S’en suit Fear and Force, une pièce qui nous surprend au détour, et la trépidante Minneapolis. C’est du joli.

Les cinq autres chansons sustentent les tympans et proposent une palette de couleurs musicales souvent moins saturée. C’est d’ailleurs durant ces chansons que la sensibilité de Vagabon ressort de la manière la plus distincte. Durant la pièce Cleaning House, Vagabon ajoute à l’éventail des émotions qu’elle est capable de transmettre avec justesse. La voix de l’Étatsunienne transmet l’exaspération décrite dans ces paroles :

My old friend
You’re only casuality
And I’m cleaning up again.
– Cleaning House

De ce fait, il ressort de Cleaning House une atmosphère lancinante mettant la jeune Tamko en position de vulnérabilité par rapport à l’auditeur. La chanson titrée Cold Apartment se démarque aussi du lot. Sa structure rock classique, sa partition de batterie de laquelle émerge une grosse caisse parfaitement insistante, sa mélodie de guitare jouée en boucle et la voix de Laetitia Tamko donnent à cette chanson des airs d’hymne rock des années 90.

Afin d’en ajouter au lien établi avec les années 90, votre humble critique constate que certains parallèles sont à faire entre la musique de Vagabon et celle de l’auteure-compositrice-interprète canadienne Julie Doiron. En effet, les deux femmes proposent une musique rock sobre et authentique dans laquelle les sonorités acoustiques et électriques cohabitent en harmonie. De plus, les paroles des deux auteures semblent inspirées de leurs expériences personnelles et reflètent la beauté des vies ordinaires.

Avec Infinite Worlds, Vagabon frappe un grand coup.

Ma note: 8/10

Vagabon
Infinite Worlds
Father/Daughter Records
28 minutes

http://www.fatherdaughterrecords.com/artists/vagabon

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