Critique : Sohn - Rennen - Le Canal Auditif

Critique : Sohn – Rennen

Le chanteur Christopher Taylor compose sous le nom de Sohn depuis 2012. Après un EP intitulé The Wheel, il a été signé par la prestigieuse maison 4AD. Depuis, il a fait paraître Tremors en 2014 et vient de lancer son deuxième album, Rennen. On pourrait définir sa musique comme étant un mélange d’électro-pop, de blue-eyed soul et de blues. Taylor possède une bonne voix et un certain talent pour les mélodies.

Avec Rennen, il démontre qu’il est toujours capable de nous envoyer des mélodies intoxicantes chantées avec habileté et nuance. Cependant, on sent que la formule s’essouffle et il manque un peu de piquant dans ses productions. C’est très léché et bien exécuté, mais ça manque de surprise et d’un brin de folie.

L’album démarre sur une puissante chanson Hard Liquor qui compte d’abord et avant tout sur la puissance de sa voix. Il en possède une très belle et c’est tout à fait réussi. Le refrain reste en tête longtemps après l’écoute et l’on ne se tanne pas de son air fédérateur et affecté. Ça continue avec Conrad, autre chanson qui fait son effet. Une batterie simple et efficace, des claviers un peu distorsionnés et une mélodie blues bien ficelée font de la pièce une réussite. La pièce-titre montre un côté plus fragile de Sohn. C’est efficace quoiqu’on se lasse un peu des chants aigus plaqués, on a l’impression qu’il fait ça plus pour l’effet que pour nous transmettre une émotion.

On sent que Sohn a écouté James Blake et a pris des notes. Proof possède les attributs de son compatriote sans avoir la force de texte ou encore le génie au niveau de la composition. Les chansons minimalistes et déprimées font légions sur Rennen. Parfois c’est réussi, mais à la longue, on se rend compte que l’album possède une seule et unique couleur. Oui, le début est enivrant et convaincant, mais la formule s’essouffle et Taylor peine à nous offrir des pièces marquantes.

Ce n’est tout de même pas un vilain disque. Particulièrement pour ses trois ou quatre premières chansons qui frappent dans le mille. Cependant, ça ne s’étend pas sur l’ensemble des dix titres. Sohn est habile avec sa voix et c’est son principal atout. Les trames sont bonnes, sans être extraordinaires. Si vous aimez James Blake, vous allez sans doute y trouver quelques ports d’attache. Par contre, ne vous attendez pas à vivre l’extase.

Ma note: 6,5/10

Sohn
Rennen
4AD
39 minutes

http://sohnmusic.com/

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